Violences sexuelles en conflit : le Pr Mukwege invite le Gabon à prendre la tête du combat en Afrique
Reçu le 19 mai 2026 au Palais Rénovation par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Prix Nobel de la paix 2018, le Pr Denis Mukwege, a exhorté le Gabon à devenir un acteur de premier plan dans la formation des soldats africains à la protection des femmes en période de conflit. À l’issue d’une session de formation dispensée à Libreville à des officiers de santé et médecins militaires issus de plusieurs pays africains, le gynécologue congolais a salué une initiative qu’il juge stratégique face à la montée des violences sexuelles dans les zones de guerre sur le continent.

Le Prix Nobel de la paix 2018, le Pr Denis Mukwege, et Brice Clotaire Oligui Nguema, le 19 mai 2026, à Libreville. © Com. présidentielle
Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu mardi 19 mai 2026 au Palais Rénovation le Pr Denis Mukwege, au terme d’une session de formation animée par ce dernier à l’École d’application du service de santé militaire de Libreville.
Cette formation, destinée aux officiers de santé et médecins militaires gabonais ainsi qu’à des stagiaires venus d’une douzaine de pays africains, portait sur la prise en charge médicale, psychologique et humaine des femmes et des enfants victimes de violences en période de conflit.
Le Gabon appelé à devenir un modèle africain
À l’issue de son audience avec le chef de l’État, le Prix Nobel de la paix a particulièrement insisté sur la nécessité pour le Gabon de s’imposer comme un centre africain de référence dans la prévention des violences sexuelles liées aux conflits armés.
« Je pense que ce serait une bonne chose si le Gabon prend le leadership de former les soldats sur la protection des femmes dans les conflits, sur la prévention des viols et sur les soins à leur apporter quand elles en sont victimes », a déclaré le Pr Mukwege.
Pour le médecin congolais, cette initiative revêt une importance particulière dans un contexte où les conflits armés se multiplient sur le continent africain et où les femmes ainsi que les enfants en paient le plus lourd tribut.
« Aujourd’hui nous avons un problème qui ne concerne pas seulement un pays, mais qui devient général : celui où dans tous les conflits, les femmes et les enfants sont les premières victimes », a-t-il souligné, saluant l’introduction, au Gabon, d’un enseignement consacré aux violences sexuelles dans les conflits et aux mécanismes de prévention.
Une formation à portée régionale
Le fondateur de l’hôpital de Panzi a également mis en avant la portée régionale de cette formation organisée à Libreville. « J’étais heureux de voir qu’il n’y a pas que des Gabonais qui sont formés ici. Il y a au moins 12 pays qui envoient leurs officiers supérieurs pour être formés ici. Sur le plan africain, cela a un impact », a-t-il affirmé.
Rappelant que l’Afrique concentre aujourd’hui près de 40 % des conflits recensés dans le monde, le Prix Nobel a estimé que le Gabon pouvait jouer un rôle moteur dans la protection des populations civiles, notamment des femmes exposées aux violences sexuelles en zone de guerre.
Dans un communiqué, la présidence de la République a indiqué qu’en accueillant cette initiative et en recevant le Pr Mukwege, le président Oligui Nguema « réaffirme la volonté du Gabon de contribuer activement aux efforts régionaux et internationaux en faveur de la paix, de la protection des populations civiles et du renforcement des systèmes de santé ».
La présidence souligne également que cette démarche traduit « l’ambition de faire du Gabon un pôle d’excellence médicale et humanitaire en Afrique centrale, au service de la stabilité, de la solidarité et du bien-être des populations ».













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