Le réseau de détournement de carburant mis au jour récemment au sein de la SEEG à Oyem daterait de plusieurs années et impliquerait aussi bien des agents en activité que d’anciens employés aujourd’hui retraités, selon le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka. Le magistrat a confirmé le 31 mars 2026 le placement en détention préventive de plusieurs personnes, tandis que l’enquête révèle des ramifications dans plusieurs localités du nord du Gabon.

A Oyem, le Parquet confirme le placement en détention préventive de sept agents de la SEEG, poursuivis pour vol aggravé et recel de carburant. © D.R.

 

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka, a confirmé, mardi 31 mars 2026, le placement en détention préventive de sept agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), poursuivis pour vol aggravé et recel de carburant. Interpellés entre le 27 et le 30 mars, ces agents sont accusés d’avoir soustrait plus de 3 000 litres de gasoil destinés à alimenter la centrale thermique de Methui, dans le 1er arrondissement d’Oyem.

«Depuis le vendredi 27 mars 2026, trois procédures distinctes ont été déférées au parquet […] suite à deux plaintes initiées […] portant sur les faits de vol aggravé et recel», a précisé le magistrat, rappelant que ces faits sont prévus et punis par les articles 292, 296 et 312 du Code pénal.

Un système ancré dans la durée

Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka. © D.R.

Au fil des investigations, les autorités judiciaires ont découvert un trafic structuré et ancien, enraciné au sein même de l’entreprise. «Cette procédure était complexe, tant cette pratique existe et est entretenue depuis plusieurs années au sein de la SEEG», a souligné Raphaël Mangouka.

Selon lui, le principal instigateur serait un agent chargé du gardiennage de la centrale thermique de Methui, qui aurait progressivement mis en place un réseau de détournement avec la complicité de certains taximen.

L’un des éléments les plus marquants du dossier réside dans l’implication d’anciens employés de la société. «Il y a d’anciens agents de la SEEG […] qui ont été cités dans cette affaire», a indiqué le procureur, mettant en évidence la persistance de ce trafic au-delà des carrières professionnelles.

Un réseau aux multiples ramifications

L’affaire dépasse désormais le cadre local d’Oyem. Les premières investigations ont permis d’identifier des prolongements du réseau dans plusieurs localités, notamment à Bitam et Mitzic. «Nous avons […] quelques pistes pour investiguer», a indiqué le procureur.

Par ailleurs, des arrestations ont été signalées à Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo. «Nous ne savons pas encore si les faits […] ont un lien avec notre procédure», a précisé Raphaël Mangouka, évoquant une coordination en cours entre les parquets concernés.

À ce stade, une information judiciaire a été ouverte contre les sept agents incarcérés à la prison centrale d’Oyem. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau et d’établir les responsabilités dans ce trafic de carburant qui semble s’être inscrit dans la durée.

 

 
GR
 

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