La Chine ouvre davantage son marché aux produits africains. Depuis le 1er mai 2026, Pékin applique un tarif douanier zéro sur les importations en provenance de 53 pays africains, une mesure qui, combinée aux orientations du 15e Plan quinquennal chinois (2026-2030), offre de nouvelles perspectives au Gabon. Réunis le 30 septembre à Libreville, décideurs publics, chercheurs et opérateurs économiques ont toutefois souligné un préalable : disposer d’une industrie capable de produire, transformer et exporter de manière compétitive.

L’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping lors de son discours, le 30 septembre 2026. © GabonReview

 

Le Gabon doit désormais passer de l’opportunité commerciale à la capacité productive. C’est l’un des principaux enseignements du colloque international organisé le 30 septembre 2026 à Libreville par l’Institut Prométhée, avec le soutien de l’Ambassade de Chine au Gabon. Placée sous le thème «Comment l’Afrique saisit les opportunités de développement de haute qualité et l’ouverture de haut niveau de la Chine ?», la rencontre a réuni 24 intervenants venus de sept pays autour des perspectives offertes par le 15e Plan quinquennal chinois et la politique de zéro tarif douanier.

Pour Hugues Mbadinga Madiya, président de l’Institut Prométhée, l’enjeu dépasse largement l’accès au marché chinois. «Il faut aller au-delà. Il faut maintenant nous donner la capacité de construire un certain nombre de produits. Une industrie qui est capable de sortir des produits, les exporter de manière compétitive vers la Chine», a-t-il déclaré. Autrement dit, l’ouverture du marché chinois ne produira pleinement ses effets que si les économies africaines disposent de capacités industrielles et de produits suffisamment compétitifs pour répondre à la demande.

Depuis le 1er mai 2026 et jusqu’au 30 avril 2028, la Chine applique en effet un tarif douanier zéro à l’ensemble des produits importés des 53 États africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Une mesure que l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhou Ping, présente comme «une politique concrète de la Chine visant à élargir son ouverture de haut niveau au cours de l’année du lancement du quinzième Plan quinquennal». Pour le Gabon, cette fenêtre commerciale intervient alors que les autorités cherchent à accélérer la diversification de l’économie et la transformation locale des ressources.

Trouver des mécanismes d’accompagnement plus opérationnels

Les officiels présents au colloque. © GabonReview

Le ministère du Commerce, de l’Entrepreneuriat et des PME/PMI attend ainsi des assises qu’elles débouchent sur des mécanismes d’accompagnement plus opérationnels. «Il doit nous permettre de mieux comprendre les mécanismes d’accès au marché chinois et surtout identifier les secteurs dans lesquels nos entreprises peuvent développer des échanges mutuellement bénéfiques», a souligné la ministre Zenaba Gninga Chaning. Une ambition qui rejoint celle du ministère de l’Industrie et de la Transformation locale. Pour Me Lubin Martial Ntoutoume, il s’agit de «créer davantage d’emplois décents pour nos entreprises et retenir sur notre propre sol une part importante de la valeur ajoutée», tout en favorisant «l’émergence d’un tissu industriel national compétitif».

Avec quatre panels réunissant des experts du Gabon, de Chine, du Congo, du Cameroun, de Centrafrique, de Côte d’Ivoire et du Togo, le colloque entend poser les bases d’une stratégie gabonaise à court, moyen et long terme pour développer les filières susceptibles de conquérir le marché chinois. Le véritable défi est désormais de transformer le zéro tarif douanier en débouchés industriels, en emplois et en davantage de valeur ajoutée produite au Gabon.

 
GR
 

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