Le Gabon confirmé sa position au panthéon des gouvernements africains peu soucieux des libertés individuelles et collectives, en censurant la connexion Internet au lendemain du scrutin présidentiel. Retour sur cette méthode typique des régimes autoritaires.

sécurité

 

 «Les réseaux sociaux ne seront pas suspendus ou perturbés le jour du vote» : Tel était, en substance, l’assurance faite aux observateurs de l’Union européenne (UE), le 23 août dernier, lors d’une séance de travail avec le ministre de l’Intérieur. «Nous avons tous besoin de cet outil et nous n’avons absolument rien à cacher. L’information doit circuler», avait affirmé Pacôme Moubelet Boubeya.

Pourtant, la réalité a été tout autre après la proclamation des résultats du scrutin présidentiel ayant donné Ali Bongo vainqueur, le 31 août dernier, avec un accès impossible au Web. Une situation qui aura duré cinq jours consécutifs, avant de revenir partiellement à la normale, le 5 septembre dernier, avec néanmoins un débit bridé. Le black-out s’est toutefois prolongé le lendemain, après que le ministre de la Justice ait annoncé sa démission du gouvernement et du Parti démocratique gabonais (PDG), avant que la situation ne revienne, une nouvelle fois partiellement à la normale le 6 septembre. Toutefois, les réseaux sociaux (Facebook, Whatsapp, Tweeter, etc.) sont toujours inaccessibles à ce jour.

Une méthode désormais classique des régimes aux tendances autoritaires. Une opération plutôt facile à exécuter, à en croire un ingénieur réseau. «Le critère, c’est le nombre d’opérateurs qui ont une connectivité internationale, c’est-à-dire qui sont reliés à un câble sous-marin», a expliqué Stéphane Bortzmeyer sur liberation.fr. «Pour des raisons financières, mais aussi parfois géopolitiques, les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale n’en ont souvent qu’un. Il suffit alors au gouvernement d’exiger de cet opérateur qu’il ferme le robinet. Ce n’est même pas une opération physique, il suffit d’une commande logicielle», a-t-il poursuivi. Dans le camp d’Ali Bongo, l’on s’accorde à dire qu’«il s’agissait de prévenir les dérapages, notamment sur les réseaux sociaux. Cette restriction était motivée par des raisons de sécurité. Les fausses rumeurs sciemment diffusées par l’opposition étaient de nature à enflammer le pays». Une décision qui n’aurait cependant pas été prise avec l’aval du chef de l’Etat, ce dernier s’en étant offusqué lors d’une réunion d’urgence, ayant précédé le premier retour à la normal de la connexion Internet.

En censurant Internet, le Gabon s’inscrit  désormais dans la lignée des gouvernements peu soucieux des libertés qui ont compris, ces dernières années, à quel point les réseaux sociaux peuvent mobiliser les masses. Un black-out devenu une espèce de reflexe. «Mais les manifestants vont s’adapter : il y a un temps où ils prenaient d’assaut la radiotélévision nationale, bientôt ça sera l’opérateur télécom», a prévenu Stéphane Bortzmeyer.

 

 
 

10 Commentaires

  1. Gaboma dit :

    Que Ali Bongo ne ce soit offusqué c’est fort possible. Parce que lui comme son père, ont toujours laissé leurs généraux les plus fanatisés faire le sale bouleau. Omar Bongo ou Ali Bongo n’ont pas besoin de donner des ordres au secrétaire général du ministère de l’intérieur à marie-madeleine mbourantsuo à Bilié Bi Nzé ou au gouverneur du haut-ogooué pour u’ils protègent par tous les moyens, légaux ou pas, criminels ou pas. On n’est parfois tenté de croire qu’ils sont prisonniers de ce régime mais la vérité est que les Bongos en l’absence d’une véritable popularité ont besoins de partisans totalement fanatisés et dépourvu de toute moralité pour protéger leur pouvoir.

    • alex dit :

      Gaboma, tout en respectant votre analyse, je dirais que vos écrit font ressortir le fanatisme que vous décrivez vous même.
      Que Dieu benisse le Gabon pour que la politique ne divise pas ses fils.

      • Adis faye dit :

        La politique a déjà divisé et séparé plusieurs gabonais. Et c’est le pdg qui le cause. Pourquoi voulez vous être doux avec des gens qui trichent et tuent par fanatisme ?! Qu’ils recomptent les votes et rétablissent les réseaux, en suite la réconciliation se fera

  2. alex dit :

    Gaboma, tout en respectant votre analyse, je dirais que vos écrit font ressortir le fanatisme que vous décrivez vous même.
    Que Dieu benisse le Gabon pour que la politique ne divisent pas ses fils.

  3. Adis faye dit :

    S’ils ne sont pas encore divisés, ils sont au moins déjà réduits au silence et à la peur par des gens qui ne méritent plus aucun égard. Violenter, tuer , couper les réseaux jusqu’aux sms et chosifier les gabonais ! Je ne vois pas pourquoi il faut être gentil avec les pdgistes.

  4. lionel damy dit :

    Mais c’est quant même honteux qu’un pouvoir qui n’a jamais été aimé par la population, et au quel la population a montrer son refus catégorique, s’obstine au tant a gouverner, en usant même par des moyens aussi inhumain que lâches, allant jusqu’à suspendre la connexion internet et l’accès aux réseaux sociaux dans le seul but de réduire le peuple au silence et en profiter pour rependre des informations fausses à l’international.

  5. michel dit :

    les mécontent représente 10% de la population le reste !!!
    c’est la france afrique contre bongo avec a l’horizon le plan de sassou Nguesso de piloter le gabon via son fils en 2024 et de placer junior Omar denis bongo ondiba la branche bongo congo quitte a organiser une petite guerre civil au gabon pour que le messi passe plus facilement toujours avec la france afrique décidément les gabonais ne vois pas loin écouter ben moubamba c’est un vrai démocrate

  6. michel dit :

    gabon d’abord même si le vote n’est pas clair des 2 cotés le meilleurs c’est de préserver les intérets du gabon contre l’ingérance étrangère
    il faut penser aux petits, pourquoi les métis de tous bords et les électeurs étrangers ayant eu la nationalitée gabonaise n’ont pas voté par peur d’etre pris a parti vous pensez instaurer la démocratie par la terreur
    les partisants ont dit avoir gagnés avant les élections.

  7. jean bille dit :

    un pouvoir qui ment autant sinon pire qu’un arracheur de dents; quelle popularité peut-il revendiqué. le régime est totalitaire et vomis de la population.le verrouillage des réseaux internet est une adhésion l’absence de transparence sans laquelle elle ne peut survivre. des menteurs à la tête de nos institutions et administrations.oui assurément.pire, ils violent nos droits par ces mensonges enfantins qui ne trompent qu’eux-mêmes!

Poster un commentaire


 

 
 

RECEVEZ LE BULLETIN D’INFOS MATINALES DE GABONREVIEW