3e conférence régionale des OSC: «Nous refusons que la conservation se fasse au détriment des droits»
Deux jours ont servi aux organisations de la société civile ainsi qu’aux représentants des institutions étatiques du Bassin du Congo réunies à Libreville, pour poser les bases d’une position commune claire. À l’issue de la 3e Conférence régionale des organisations de la société civile du Bassin du Congo sous le thème « Un bassin du Congo résilient : forêts, populations, finances et nature », ils ont adopté une déclaration commune. Laquelle, défend entre autres, les droits des communautés.

Scène de la remise de la déclaration de Libreville au ministre Ntossui. © GabonReview
La 3e conférence des organisations de la société civile (OSC) du Bassin du Congo s’est achevée le 29 octobre à Libreville. Gouvernance forestière et gestion des ressources ; droits, savoirs, leadership et financement des peuples des forêts ; gouvernance de la biodiversité et résilience des écosystèmes ; financement climat et biodiversité : accès direct, équité et transparence. Les discussions ont porté sur plusieurs d’autant plus qu’environ 100 millions de personnes dépendent des forêts du Bassin du Congo. La rencontre s’inscrivait dans la continuité des conférences de Yaoundé 2024 et de Kinshasa en 2025, dont les analyses avaient porté sur la protection des forêts, la justice climatique, des droits des peuples des forêts et d’un accès équitable aux financements.
Les échanges de Libreville ont permis de faire ressortir des solutions pour parvenir à l’équité souhaiter. Leur consolidation exige une volonté politique réelle, des moyens adaptés et la reconnaissance des communautés comme partie prenante à part entière de la gouvernance du bassin du Congo. « Nous refusons que la conservation se fasse au détriment des droits, que le développement des pays du bassin du Congo sacrifie les territoires villageois et que les financements destinés à protéger les forêts échappent à celles et ceux qui les préservent », soutient la déclaration de Libreville lue par le représentant des communautés locales Gabon, Dourani Toko Etienne.
Au-delà des engagements déclaratifs

Instantanés de la journée du 29 octobre. © GabonReview
Les OSC ont donc appelé les gouvernements des pays du Bassin du Congo, les institutions régionales, les partenaires financiers et les entreprises à passer des engagements déclaratifs à des décisions vérifiables, assortis de responsabilité de moyens et d’échanges. Ce qui passe le renforcement de la gouvernance forestière en mettant fin à l’impunité ; la garantie de la transparence dans l’attribution des concessions forestières, minières, pétrolières et agro-industrielles ainsi que dans les décisions de déclassement ; la reconnaissance des droits, des savoirs et la diversité des peuples et des forêts.
Mais aussi, la reconnaissance et la sécurisation des droits fonciers et forestiers coutumiers, en adaptant les cadres juridiques et les procédures afin que les territoires ancestraux soient identifiés, documentés et protégés contre les attributions incompatibles ou bien garantir une participation effective aux décisions en associant directement les peuples autochtones et les communautés locales à la conception, la négociation, la mise en œuvre et au suivi des projets qui concernent leur territoire et bien d’autres points. « Nous reconnaissons les avancées législatives et institutionnelles enregistrées dans plusieurs pays du bassin du Congo. Toutefois, l’existence des lois ne suffit pas lorsque leur application demeure insuffisante», ont souligné les OSC dans leur déclaration.
Tenir compte des différents contextes
Elles encouragent les États à examiner, selon les différents contextes nationaux, des mesures conservatoires, notamment des moratoires conditionnels sur l’attribution des nouveaux titres d’exploitation industrielle des ressources naturelles. À l’approche de la COP 31, les OSC invitent les gouvernements et les partenaires financiers à porter ces priorités dans les différents espaces de décision. « Nous réaffirmons que l’avenir du Bassin du Congo ne peut se construire sans celles et ceux qui vivent dans ces forêts », ont insisté les OSC dans leur déclaration. Pour la directrice exécutive de Greenpeace Africa, Dr Oulie Keita plusieurs priorités doivent guider le plaidoyer autour des différents points.
Notamment, protéger les écosystèmes sensibles, garantir les droits des peuples autochtones et des communautés locales, renforcer la documentation des impacts environnementaux et sociaux, promouvoir les alternatives économiques durables, faciliter l’accès au financement climatique et environnemental pour les communautés et les organisations locales, renforcer la coopération régionale à travers un réseau permanent d’échanges. Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo mettant fin aux travaux, a reconnu que le financement climatique reste indispensable. Pour lui, la réussite de cette troisième édition de la conférence des OSC du bassin du Congo se mesurera à la capacité à traduire les orientations en changements concrets. «Le gouvernement de la Vème République prend acte de l’ensemble de ses recommandations avec la plus grande attention», a-t-il déclaré.

















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