6FLAG : la faible affluence ternit la 3ᵉ édition du Salon international féminin du livre et des arts du Gabon
Malgré une programmation riche et la participation de plusieurs pays africains, la 3ᵉ édition du Salon international féminin du livre et des arts du Gabon (6FLAG), organisée du 24 au 26 juin à Libreville, peine à attirer le public. Une situation qui suscite la déception des exposants, venus promouvoir leurs œuvres dans un contexte marqué par une faible fréquentation.

Une vue des exposants de la troisième édition du 6Flag, le 25 juin à Libreville. © GabonReview
Placée sous le thème : «L’Art à l’ère du digital», la troisième édition du 6FLAG se tient à l’hôtel de ville de Libreville. La cérémonie d’ouverture a été présidée le 24 juin 2026, par le sixième adjoint au maire de Libreville, Félix Handy Makindey Nze Nguema, assurant l’intérim du maire Eugène M’ba, sous le parrainage de la romancière Sylvie Ntsame.
Le salon se veut un espace de valorisation des femmes créatrices et de réflexion sur les mutations des métiers du livre et des arts face aux nouvelles technologies. Dans son allocution, le représentant du maire a souligné que le numérique, lorsqu’il est bien maîtrisé, constitue un véritable levier d’émancipation et d’autonomisation, malgré les interrogations qu’il suscite.
Durant trois jours, conférences, expositions, ateliers et concours d’art culinaire sont proposés aux visiteurs. Le Gabon accueille également le Tchad comme pays invité d’honneur, aux côtés du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Togo, du Sénégal et du Congo-Brazzaville, confirmant ainsi la dimension panafricaine de l’événement.
Une faible mobilisation soulignée par les exposants
Mais derrière cette vitrine culturelle, le constat est amer pour plusieurs exposants. Le public attendu n’est tout simplement pas au rendez-vous. Pour M. Ngou, représentant des œuvres de son épouse, l’écrivaine Honorine Ngou, l’événement peine à trouver son public. «Depuis le 24, c’est un désert naturel, un désert culturel. Les gens ne viennent pas. On a juste reçu les responsables de la mairie. À part ça, rien. Nous sommes là, on écoute la musique», déplore-t-il.
Même constat du côté de la délégation tchadienne. Les écrivains, qui ont préféré ne pas être filmés, s’interrogent sur les raisons de cette faible mobilisation. «Les gens ne viennent pas et nous n’avons pratiquement pas vendu de livres, pourtant nous avons cassé les prix», ont-ils regretté.
Malgré cette faible affluence, l’ambiance reste assurée sur le site grâce aux animations culturelles. Au rythme des tam-tams et des chants traditionnels, les visiteurs présents ont pu découvrir l’Elone, une danse traditionnelle pratiquée chez les Fang, qui a apporté une touche de convivialité à l’événement.
Pour Obiang Pierre Claver, participant au salon, cette initiative mérite un accompagnement plus important des pouvoirs publics. «Il faudrait que l’État s’approprie ce genre de manifestation pour que le livre retrouve sa place. Aujourd’hui, avec l’avènement d’Internet, on constate que les jeunes lisent de moins en moins. Pourtant, le livre n’est pas seulement un divertissement, il est aussi un outil d’éducation».
Concernant la faible mobilisation, il invite les populations à se rendre au salon afin de soutenir les auteurs et les acteurs du monde culturel avant la clôture de cette troisième édition.
Si le 6FLAG ambitionne de promouvoir la littérature féminine, d’encourager l’innovation artistique et de renforcer la coopération culturelle entre les pays participants, la faible mobilisation du public risque d’atténuer l’impact de cette initiative, au grand regret des exposants qui espéraient davantage de rencontres avec les lecteurs.
Thécia Nyomba















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