Sept ans après les événements du 7 janvier 2019, le Lieutenant Kelly Ondo Obiang sort du silence pour honorer la mémoire de ses compagnons d’armes tombés lors de l’«Opération Dignité». Entre recueillement et devoir de mémoire, cet hommage pose la question de la reconnaissance nationale envers ceux qui ont ouvert la voie au changement institutionnel, aujourd’hui consolidé par le Comité pour la transition et la restauration .

«Nous voulons faire comprendre à la face du monde que ces patriotes arrêtés et tués sont en réalité des héros. C’est la seule version de leur acte que nous retenons et que nous considérons», déclarait D’sign Officiel. © D’sign Officiel

 

Le 7 janvier est désormais une date indélébile dans l’histoire contemporaine du Gabon. Le mercredi 7 janvier 2026, le Lieutenant Kelly Ondo Obiang, libéré il y a quelques mois après sept ans d’isolement, a tenu à saluer le courage du Sergent-chef Nze Cerkiege (Garde Républicaine) et de l’Adjudant Simon Pierre Ekong (Gendarmerie nationale). Ces deux soldats sont présentés comme des héros ayant agi par «devoir patriotique» pour restaurer la souveraineté du peuple.

Revenant sur le contexte de leur action, le Lieutenant rappelle que l’assaut visait à dénoncer la confiscation du pouvoir par une frange de l’entourage de l’ancien Président Ali Bongo Ondimba. Pour l’auteur du texte, ces hommes sont «tombés avec honneur lors de l’opération commando baptisée « Opération Dignité »». Ce mouvement, bien que réprimé à l’époque, est aujourd’hui mis en perspective avec le coup de libération du 30 août 2023, mené par leurs «aînés militaires» réunis au sein du CTRI dans un esprit de continuité.

Un appel à la reconnaissance nationale

L’enjeu de cette initiative est clair : transformer la douleur privée des familles en une reconnaissance publique et officielle. Kelly Ondo Obiang souligne l’impératif de solidarité envers les proches des disparus : «J’en appelle à la reconnaissance de la Nation, pour qu’elle honore leur mémoire et accompagne leurs proches».

Pour le Lieutenant, le sacrifice de ces soldats ne doit pas être oublié par la nouvelle République. En invitant les Gabonais à servir le pays avec «loyauté, courage et abnégation», le Lieutenant Kelly Ondo Obiang clôt un chapitre de sa vie carcérale pour ouvrir celui de la transmission mémorielle. Il s’agit désormais de veiller à ce que les générations futures grandissent dans un Gabon « libre, juste et digne », tel que rêvé par ceux qui ont payé le prix fort ce matin de janvier 2019.

Alors que les institutions de la République sont désormais en place et que le pays a tourné la page de la transition, une question demeure : les nouvelles autorités agréeront-elles cet appel pour inscrire officiellement la mémoire de ces «martyrs» du régime déchu dans le patrimoine historique de la Nation ?

 
GR
 

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