L’artiste Eboloko présente ses excuses après une mise en scène controversée sur les violences faites aux femmes
Reconnaissant une «démarche profondément inappropriée» et saluant la réaction du Collectif des féministes du Gabon, qui a annoncé mercredi le dépôt d’une plainte à son encontre auprès du procureur de la République à Libreville, dans une lettre publiée ce jeudi 6 novembre 2025, l’artiste gabonais Eboloko a présenté ses excuses pour avoir mis en scène une fausse situation de violence conjugale pour promouvoir son dernier clip. Il s’engage à rencontrer les militantes, à se former sur le sujet et à utiliser sa plateforme de manière responsable pour sensibiliser aux violences faites aux femmes.

L’artiste gabonais Eboloko a présenté ses excuses après sa «communication regrettable». © D.R.
Un mea culpa sans détour après celui raté d’il y a quelques jours. Eboloko a publié ce jeudi une lettre d’excuses poignante, reconnaissant sa responsabilité dans une communication jugée «profondément inappropriée» autour des violences faites aux femmes. Cette sortie intervient après une vive polémique suscitée par la promotion de son dernier clip pour laquelle il avait simulé une séparation avec sa compagne sur fond de violences conjugales.
Le jeune artiste gabonais reconnaît «une communication regrettable» et présente ses excuses à sa compagne qu’il dit avoir «entraînée dans cette erreur». Les mêmes excuses sont adressées à la famille de celle-ci, ainsi qu’aux femmes victimes de ce phénomène et au Collectif des féministes du Gabon, qui a dénoncé hier ce qu’il qualifie d’instrumentalisation. L’organisation, très active sur les questions de genre, a en effet annoncé le 5 novembre le dépôt d’une plainte contre l’artiste auprès du procureur de la République à Libreville, rappelant que près de 90 % des femmes gabonaises déclarent avoir été victimes de violences. Un chiffre alarmant qui souligne l’ampleur du fléau.
Une prise de conscience tardive mais assumée
Dans sa lettre d’excuses, Eboloko reconnaît son «manque de compréhension sur ce sujet sensible et crucial» et admet avoir «failli dans [sa] responsabilité». Aussi, salue-t-il la réaction du collectif. «Contrairement à certains commentaires que j’ai pu voir, non, elles n’exagèrent pas, elles ont eu entièrement raison d’alerter avec force l’opinion sur ma démarche», défend-il, faisant mine de s’adresser à ses fans et soutiens s’étant mobilisés ces dernières heures sur les réseaux sociaux.
Dans un contexte où le Gabon multiplie les initiatives pour lutter contre les violences faites aux femmes, cette affaire rappelle que la sensibilisation doit s’accompagner d’une vigilance éthique, notamment dans les milieux artistiques.
L’artiste ne se contente d’ailleurs pas de regrets : il propose des actions concrètes pour réparer et apprendre. Il s’engage notamment à rencontrer le collectif des féministes du Gabon «pour écouter et apprendre», à discuter avec des professionnels sur les violences faites aux femmes et à utiliser sa plateforme de manière réfléchie et responsable, en donnant la parole aux organisations compétentes. «Je reste entièrement à la disposition de toute autorité ou organisme travaillant sur ces questions», conclut-il.













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