Interdiction des jus artisanaux au Gabon : l’Agasa défend une mesure «strictement sanitaire» face à la polémique
Contestée sur les réseaux sociaux, l’interdiction de plusieurs produits artisanaux, dont les jus de bissap et de gingembre, répond à des « non-conformités graves » constatées tout au long de la chaîne de production, selon Jean Delors Biyogue Bi Ntougou. Sur le plateau du 20 Heures de Gabon 1ère, le 5 mai 2026, le directeur général de l’Agasa a promis un encadrement renforcé plutôt qu’un arrêt durable d’une activité génératrice de revenu pour de nombreux Gabonais.

Le directeur général de l’Agasa, Jean Delors Biyogue Bi Ntougou, sur le plateau du 20 Heures de Gabon 1ère, le 5 mai 2026. © GabonReview
Face au tollé suscité par l’interdiction immédiate de la commercialisation de certains produits artisanaux, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) assume une décision « préventive », motivée par des risques sanitaires avérés. Invité du journal télévisé du 20 heures sur Gabon 1ère, mardi 5 mai, son directeur général a tenu à clarifier les raisons de cette mesure qui touche notamment les jus de bissap, de gingembre, le lait caillé et les glaces artisanales.
Selon le responsable, les inspections menées sur le terrain ont mis en évidence « des irrégularités du début jusqu’à la fin du processus », qu’il s’agisse des conditions de production, de transport ou de conditionnement. Parmi les pratiques pointées : l’utilisation de bouteilles récupérées dans des poubelles ou des égouts, simplement nettoyées avant d’être remises en circulation pour contenir des boissons destinées à la consommation. « Il y a là un gros risque de contamination », a-t-il insisté .
L’Agasa évoque également l’usage de sachets non alimentaires exposés au soleil, favorisant la rupture de la chaîne du froid, ainsi que l’absence globale de respect des normes d’hygiène fixées par la réglementation nationale et les standards internationaux. Pour l’agence, ces défaillances justifient une suspension immédiate de la commercialisation afin de prévenir les maladies d’origine alimentaire.
Une mesure transitoire, selon l’Agasa
Face aux critiques dénonçant un coup porté aux petits producteurs et à l’économie informelle, le directeur général de l’Agasa réfute toute volonté de « bloquer l’activité ». Il assure que la démarche vise avant tout à structurer la filière. « Il ne s’agit pas d’interdire durablement, mais d’amener les opérateurs à se conformer aux exigences sanitaires », a-t-il précisé .
Concrètement, l’agence prévoit la mise à disposition de cahiers des charges pour encadrer la production artisanale, avec l’objectif de transformer ces activités en unités conformes, comparables à des « mini-usines » respectant les normes en vigueur. Parallèlement, les contrôles seront intensifiés grâce aux brigades d’inspection déployées dans les différents arrondissements.
Santé publique versus pratiques informelles
L’argument central avancé par l’Agasa repose sur la prévention des risques sanitaires. « Sept maladies sur dix viennent de l’assiette », a rappelé son directeur général, soulignant la nécessité de réduire la pression sur les structures hospitalières et de garantir une alimentation sûre pour la population .
Si la mesure reste impopulaire auprès d’une partie de l’opinion, notamment sur les réseaux sociaux où ces produits sont largement consommés et commercialisés, les autorités sanitaires maintiennent leur ligne : la régulation du secteur apparaît désormais comme un impératif, à la croisée des enjeux de santé publique et d’organisation économique.













2 Commentaires
Soutien total à l’AGASA
Soutien total à l’AGASA pour cette décision patriotique qui doit permettre d’assainir cette filière de production de boissons d’essence locale dite artisanale et il y’a au moins trois raisons :
1) sanitaire, comme soulevé par l’agalaxie en ce que les conditions de production desdits produits échappent totalement jusqu’alors au contrôle de conformité par moult contorsions déviantes en souvent intelligence regrettable avec des services publics, sans parler dû conditionnement réalisé généralement avec des packaging de récupération recyclés à la va-vite au mépris de l’observation des mesures d’hygiène élémentaires, toute chose qui expose sans vergogne la santé des consommateurs aux pathologies insidieuses
2) environnementale car les voiries urbaines sont devenues des dépotoirs des contenants abandonnés, toute chose qui n’était pas observée de mémoire il y’a encore moins de vingt ans
3) économique et sociale, en ce que les filières échappent pour la plupart à la conformité non seulement fiscale, mais également à l’égard des organismes sociaux, toute chose qui laisse prospérer une économie sous-terraine totalement parasite avec émergence d’officines de soins communautaristes, d’ailleurs les publicités qui affluent sur les réseaux sur ces produits avec comme référence le Gabon, sont édifiantes de l’absence d’encadrement desdites filières bel et bien financées par les richesses et l’épargne gabonaise
Bien patriotiquement