Le lounge bar O’Mumbai, à Akanda, a abrité, le 27 février, un Apéro Networking organisé par le cabinet de conseil, d’audit et de formation, EDN’Comm, en partenariat avec l’association Agir pour une Jeunesse Autonome (APJA). Thème central de la soirée : «Le parcours entrepreneurial : sous le prisme de l’échec». Animée par Isabelle Essonghé, Administratrice-directrice générale (ADG) du groupe Ceca-Gadis, cette rencontre conviviale a réuni entrepreneurs, apprentis et professionnels pour déconstruire les idées reçues sur l’échec en milieu entrepreneurial et transformer cette peur en opportunité.

L’ADG du groupe Ceca Gadis, Isabelle Essonghé, face à ses invités lors de l’Apéro Networking, le 27 février, à Akanda. © GabonReview

 

Devant une audience d’entrepreneurs confirmés, et de débutants motivés, Isabelle Essonghé, Administratrice-directrice générale (ADG) du groupe Ceca-Gadis, a brillé en tant qu’invitée spéciale d’un Apéro Networking organisé, le 27 février, par le cabinet de conseil, d’audit et de formation EDN’Comm, en partenariat avec l’association Agir pour une Jeunesse Autonome (APJA). Avec son parcours atypique – des lettres étrangères appliquées au commercial dans l’hôtellerie, la banque, puis 23 ans chez Ceca-Gadis –, elle a partagé son expertise sans tabou, transformant une soirée conviviale en véritable leçon de résilience et d’apprentissage.

«L’échec, ce n’est pas la fin. C’est l’apprentissage pour aller plus loin, se bonifier, acquérir de nouvelles opportunités»

Clichés de l’Apéro Networking avec Isabelle Essonghé au lounge bar O’Mumbai. © GabonReview

Abordant la thématique, Isabelle Essonghé a d’abord déconstruit les perceptions culturelles de l’échec. «Dans le monde anglo-saxon, l’échec signifie la suite, un renouveau», a-t-elle expliqué. Ce qui contraste avec le monde francophone, particulièrement en Afrique, où «l’échec, c’est la fin». Pour elle, «l’échec, ce n’est pas la fin ; c’est l’apprentissage pour aller plus loin, se bonifier, acquérir de nouvelles opportunités». Elle a illustré ce propos par son propre échec. Un projet de boutique-hôtel avorté faute d’étude de marché approfondie, d’anticipation réglementaire, d’un plan de financement solide et d’une formation adéquate du personnel. «Quand vous ne faites pas une vraie étude de marché, c’est le premier facteur d’échec», a-t-elle averti, soulignant aussi les pièges du personnel mal formé.

Chez Ceca-Gadis, fondé en 1933, les réinventions constantes – des Gaboprix aux Cecado et Matelec – démontrent que «c’est une transformation, pas un effondrement», a-t-elle fait savoir face aux rumeurs de faillite.

«En mutualisant les forces, on peut arriver beaucoup plus facilement à faire des choses»

Roger Philippe Eteno, président de l’APJA et manager d’EDN’Comm, a pour sa part rappelé les objectifs de ces rencontres lancées en 2019. Il est question de favoriser un réseautage convivial pour déconstruire la peur de l’échec et booster l’entrepreneuriat au Gabon. «L’échec, c’est le départ, justement, vers la réussite», a-t-il affirmé, exhortant les jeunes à «oser, à y aller, à se poser le moins de questions possibles pour pouvoir démarrer, mais à se poser les bonnes questions» sur l’encadrement juridique et économique, visant une pérennité de 99 ans plutôt que de 6 mois.

Il a insisté sur le réseautage dans un pays aux ressources limitées. «Le réseautage, c’est ce qui est le plus important, notamment au Gabon. On a un petit pays, il faut que les gens apprennent à se connaître, et en mutualisant les forces, on peut arriver beaucoup plus facilement à faire des choses», a-t-il dit, faisant remarquer que «s’amuser en apprenant, c’est l’idéal».

«Le plus grand échec, c’est de ne pas avoir essayé», «Ceca Gadis se réinvente et continue»

Et l’ADG de Ceca-Gadis d’enrichir en citant Nelson Mandela, l’ancien président sud-africain décédé. «Le plus grand échec, c’est de ne pas avoir essayé». Son leitmotiv, «l’échec, c’est l’apprentissage pour se bonifier», résonne donc avec l’évolution de Ceca-Gadis, passé de magasins de proximité aux supérettes modernes des années 80, puis à une diversification non-alimentaire, adoptant un «modèle anglo-saxon» où l’échec rime avec recommencement.

Ses conseils pratiques – anticiper, former, réinventer – offrent un prisme concret pour transformer les revers en tremplins. Face aux rumeurs de faillite de la structure dont elle chapeaute le top management, Isabelle Essonghé réaffirme : «Ceca Gadis se réinvente et continue. Ça, je tiens à le dire parce que j’entends beaucoup de choses. Ceca Gadis s’effondre, Ceca Gadis en faillite. Non, c’est une transformation, c’est une réinvention !».

Au regard de l’engouement, ces Apéros Networking impactent profondément la scène entrepreneuriale gabonaise en déconstruisant la peur de l’échec et en favorisant des opportunités de recommencement. Grâce à des échanges comme celui avec Isabelle Essonghé, les participants sont repartis outillés, avec leur réseau renforcé, prêts à oser dans un écosystème où mutualiser les forces reste la clé. Un rendez-vous qui renforce, au final, le tissu entrepreneurial gabonais.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Gayo dit :

    Si, dans notre pays, les “modèles” de réussite entrepreneuriale censés nous expliquer la place de l’échec dans le chemin vers le succès se résument à des profils comme celui d’Isabelle Essonghé, alors nous sommes encore — très, très loin — de disposer de véritables références en matière d’entrepreneuriat.

    Pour rappel, son père , qui officiellement est celui qui a bâtit l’entreprise qu’elle dirige, est une figure politiquement très marquée. CECA Gadis est souvent présentée comme appartenant à l’orbite du patrimoine des Bongo, à la fois détenteurs du pouvoir et acteurs d’un système d’affaires étroitement lié à l’État. Il se dit également que cette entreprise n’aurait pas toujours été irréprochable sur le plan fiscal, notamment du fait de la nature de son actionnariat, dominé par des familles régnantes.

    Non : ce n’est pas cet entrepreneuriat d’affairistes qui élèvera notre pays. Au contraire, c’est précisément ce type d’entrepreneuriat qui a porté préjudice au développement économique, en verrouillant l’écosystème et en empêchant l’émergence de véritables talents et de champions capables de développer et de transformer durablement notre économie.

  2. ACTU dit :

    CECA GADIS : un vestige de l’économie coloniale au Gabon
    La CECA (Compagnie d’Exploitation Commerciale Africaine) est l’un des derniers symboles encore visibles de l’économie coloniale au Gabon. Comme le CFA, elle n’a jamais été conçue pour développer le pays, mais pour organiser l’exploitation économique au profit de la métropole. Son rôle historique consistait essentiellement à importer et revendre des produits venus de France (et plus largement d’Europe), sans aucune transformation locale, sans création de valeur nationale et sans stratégie industrielle pour le Gabon.
    Un modèle devenu obsolète
    Dans le contexte économique actuel, ce type de société n’a plus aucune chance de prospérer. L’arrivée de nouvelles compagnies, capables d’offrir les mêmes services tout en s’approvisionnant sur les marchés émergents à des coûts plus compétitifs, a rendu le modèle CECA GADIS dépassé. L’entreprise reste figée dans une logique héritée du passé, incapable de s’adapter à la mondialisation et à la diversification des sources d’approvisionnement.
    Une répartition du capital marquée par la Françafrique
    La répartition actuelle du capital social de CECA GADIS reflète plus de 56 ans de continuité du système Françafricain au Gabon. Les principaux bénéficiaires sont celles et ceux qui ont servi les régimes successifs depuis l’ère Léon Mba. L’entreprise, au lieu d’être un outil de développement national, est devenue un instrument de rente pour une poignée de familles proches du pouvoir.
    Une entreprise qui devrait être publique
    CECA GADIS, tout comme la BGFI, devrait être une entreprise publique. Les fonds qui ont permis leur expansion proviennent directement de l’exploitation des ressources naturelles du Gabon — des ressources dont tous les Gabonais sont propriétaires légitimes. Pourtant, seuls quelques groupes familiaux ont capté ces richesses, les transformant en patrimoines privés transmis de génération en génération.
    Une injustice économique persistante
    Cette situation illustre l’un des grands paradoxes du Gabon : un pays riche en ressources, mais où les bénéfices de cette richesse ne profitent qu’à une minorité. CECA GADIS symbolise cette injustice structurelle. Au lieu d’être un moteur de développement, elle demeure un héritage colonial entretenu par les élites politiques et économiques qui continuent d’en tirer profit jusqu’à aujourd’hu

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