À l’occasion de l’inauguration, le 3 mai 2026, du Palais des Congrès et du lancement du premier Forum international de Libreville (FIL), le Mouvement éthique et gouvernance (MEG) appelle à transformer cette infrastructure emblématique en levier concret de transparence, d’ouverture démocratique et de développement durable. L’organisation présidée par la docteure en Droit et consultante en éthique et gouvernance, Edmiaune Zouga Mvomo, a fait dix propositions au gouvernement gabonais.

La présidente du Mouvement éthique et gouvernance, Dre Edmiaune Zouga Mvomo. © D.R.

 

Le 3 mai 2023, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement inauguré le nouveau Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, simultanément au lancement de la première édition du Forum international de Libreville (FIL), un rendez-vous stratégique dédié à l’innovation et au développement en Afrique. Présenté comme un symbole de renaissance nationale et de repositionnement diplomatique, ce complexe ambitionne de faire du Gabon une plateforme d’échanges économiques et politiques de premier plan. 

Une vitrine diplomatique et économique sous observation

Portée par la présence attendue de chefs d’État, d’investisseurs et de décideurs internationaux, cette initiative vise à renforcer l’attractivité du pays. Le chantier lui-même a mobilisé 1 350 travailleurs, dont environ 67 % de Gabonais, illustrant une volonté affichée de valorisation du contenu local. Toutefois, au-delà de cette vitrine, plusieurs voix appellent à une lecture plus exigeante de cette infrastructure, notamment en matière de gouvernance et d’impact réel sur les populations. 

Le Mouvement éthique et gouvernance (MEG), présidé par la docteure en Droit et consultante en éthique et gouvernance, Edmiaune Zouga Mvomo, à l’origine d’un ensemble de propositions rendues publiques le même jour, insiste sur la nécessité d’accompagner ce projet d’une feuille de route claire, fondée sur des indicateurs vérifiables de transparence, de performance économique et d’utilité sociale. Parmi ses recommandations figure l’élaboration d’un plan de soutenabilité financière sur dix ans, intégrant coûts d’entretien, sources de financement et retombées économiques mesurables. 

Gouvernance, inclusion et exigences démocratiques

Des membres du MEG en pleine activité de gouvernance. © D.R.

Au cœur des préoccupations figure également l’accessibilité du site. Le MEG propose que la Cité de la Démocratie soit régulièrement ouverte au public à travers des activités citoyennes, éducatives et culturelles, afin d’éviter qu’elle ne devienne un espace réservé à une élite. Dans la même logique, il recommande la mise à disposition du complexe sportif pour les associations locales et la gestion du zoo par des structures spécialisées, garantes d’une éthique et d’une ouverture au plus grand nombre. 

Sur le plan politique, l’organisation du FIL et l’inauguration du site pourraient également servir de point de départ à une dynamique de dialogue national. Le MEG suggère la tenue d’une table ronde post-inauguration réunissant autorités et acteurs de la diaspora, avec pour objectif d’aborder les conditions de retour des exilés politiques et les réformes législatives nécessaires à l’ouverture démocratique.

Dans cette perspective, la création d’un Observatoire indépendant des libertés publiques et la signature d’une charte d’engagement entre pouvoir et société civile sont avancées comme des mécanismes de suivi crédibles. Ces dispositifs viseraient, selon l’organisation, à garantir que la symbolique de la Cité de la Démocratie se traduise par des avancées concrètes en matière de droits et de gouvernance. 

Enfin, le MEG appelle à inscrire durablement le Forum international de Libreville dans une logique de résultats, à travers la publication annuelle d’un rapport d’impact évaluant les investissements générés, l’évolution du climat des affaires et les progrès législatifs réalisés. L’adoption d’une « Déclaration de Libreville pour la gouvernance africaine » figure également parmi les propositions structurantes, avec un accent sur la transparence, la lutte contre la corruption et l’innovation technologique. 

Si l’inauguration marque indéniablement un tournant symbolique après des années d’abandon du site, elle ouvre surtout une phase décisive : celle de la preuve par la gouvernance. Car, comme le souligne le MEG, la valeur d’une telle infrastructure ne réside pas dans sa seule dimension architecturale, mais dans sa capacité à produire des effets tangibles pour les citoyens et à incarner un véritable espace de démocratie vivante.

Thécia Nyomba

 

 
GR
 

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