Les conseils municipaux des neuf chefs-lieux de province du Gabon ont adopté, pour l’exercice 2026, des budgets primitifs cumulés de 63,58 milliards de FCFA. Dominé par Libreville et Port-Gentil, un classement publié par Directinfos Gabon met en lumière les profondes disparités financières entre les communes, mais aussi les ambitions locales en matière d’assainissement, de voirie, de gestion des déchets, d’accès à l’eau et de modernisation urbaine.

Les neuf chefs-lieux de province du Gabon sollicitent 63,58 milliards de FCFA pour améliorer le cadre de vie des populations en 2026 (image d’illustration). © GabonReview (IA)

 

Avec un budget primitif de 30,77 milliards de FCFA, Libreville conserve largement la tête du classement des communes les mieux dotées du Gabon pour l’exercice 2026. La capitale politique est suivie de Port-Gentil, qui affiche 23,99 milliards de FCFA. À elles seules, les deux principales villes du pays concentrent plus de 85 % des enveloppes budgétaires des neuf chefs-lieux de province.

Selon le classement établi par Directinfos Gabon, le total des budgets primitifs adoptés atteint 63,58 milliards de FCFA. Des ressources destinées à financer les politiques locales d’assainissement, d’éclairage public, d’entretien routier, de collecte des déchets, de fonctionnement administratif et d’investissements urbains.

Derrière Libreville et Port-Gentil, Franceville occupe la troisième place avec 2,51 milliards de FCFA. Viennent ensuite Mouila (1,5 milliard), Lambaréné (1,37 milliard), Oyem (1,09 milliard), Tchibanga (827 millions), Koulamoutou (772 millions) et Makokou (744 millions).

Cette hiérarchie budgétaire reflète le poids démographique et économique des différentes communes. Capitale administrative et principal centre économique du pays, Libreville concentre à elle seule près de la moitié de la population gabonaise et demeure confrontée à d’importants défis en matière d’urbanisation, de logement et de salubrité publique.

Des budgets orientés vers l’assainissement et les investissements urbains

À Libreville, le budget 2026 marque une hausse de plus de 5 milliards de FCFA par rapport à l’exercice précédent. La municipalité entend notamment renforcer les opérations de ramassage des ordures, acquérir du matériel lourd, améliorer l’accès à l’eau potable et soutenir les mairies d’arrondissement dans les actions de proximité.

À Port-Gentil, les autorités municipales ont adopté un budget record de 23,99 milliards de FCFA, avec une priorité accordée aux investissements structurants. Les projets annoncés concernent notamment la modernisation de la gestion des déchets, le développement du transport maritime urbain, la construction de logements sociaux et la valorisation des déchets plastiques et organiques.

Dans les villes de l’intérieur du pays, les ambitions restent plus modestes, en raison de ressources limitées. À Oyem, où le budget dépasse légèrement un milliard de FCFA, les autorités municipales reconnaissent que la forte masse salariale réduit les capacités d’investissement. Le maire ambitionne néanmoins de transformer la commune en « mairie d’entreprise » afin d’accroître les recettes locales dans les prochaines années.

De fortes disparités territoriales

Ce classement met également en évidence les écarts importants entre les collectivités locales gabonaises. Alors que Libreville dispose d’une enveloppe supérieure à 30 milliards de FCFA, plusieurs chefs-lieux de province peinent à atteindre le milliard de FCFA.

Cette situation relance le débat sur le financement des collectivités territoriales et sur la nécessité d’un meilleur mécanisme de redistribution en faveur des communes les moins dotées. Dans plusieurs localités, les municipalités restent confrontées à des besoins croissants en infrastructures de base, alors même que leurs marges financières demeurent limitées.

Au-delà des chiffres, ces 63,58 milliards de FCFA traduisent surtout les attentes des populations en matière de cadre de vie, de mobilité urbaine, d’assainissement et de services publics locaux. Pour les exécutifs municipaux, le défi sera désormais de transformer ces budgets votés en réalisations concrètes et visibles pour les citoyens.

 
GR
 

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