Alors que Port-Gentil s’apprête à gérer un budget communal inédit d’environ 24 milliards de FCFA, l’acteur civique Cédric Tchissambou appelle les autorités locales à faire preuve de rigueur, de transparence et d’efficacité. Entre attentes populaires et risques de mauvaise gouvernance, il estime que la capitale économique joue aujourd’hui une partie décisive de son avenir.

Cédric Tchissambou l’acteur de la société civile. © D.R.

 

Port-Gentil s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire budgétaire. Avec l’adoption récente d’un budget communal estimé à près de 24 milliards de FCFA, la capitale économique du Gabon nourrit de fortes ambitions pour répondre aux attentes grandissantes de ses populations. Entre voiries dégradées, déficit d’éclairage public, insalubrité persistante et chômage des jeunes, les défis restent nombreux et alimentent autant l’espoir que les interrogations.

Dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Izouwa, Matiti, Matanda, Massoukou, Aux Champs, Transfo-Miniprix ou encore La Colombie, les habitants espèrent enfin voir émerger des solutions concrètes aux difficultés du quotidien. Mais cet optimisme demeure teinté de prudence. Car pour de nombreux observateurs, l’expérience de plusieurs collectivités africaines montre qu’un budget conséquent ne garantit pas automatiquement le développement, surtout lorsque les priorités ne sont pas clairement définies ou que les dépenses de fonctionnement prennent le dessus sur les investissements structurants.

Une gestion rigoureuse et transparente des fonds publics

C’est dans ce contexte que l’acteur civique Cédric Tchissambou tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités municipales à une gestion rigoureuse et transparente des fonds publics. Selon lui, l’enjeu dépasse largement les chiffres annoncés. «Ce budget est une opportunité historique pour Port-Gentil. Mais sans vigilance, il peut devenir un échec retentissant. Ce que les populations attendent, ce ne sont pas des annonces, mais des résultats visibles et durables», affirme-t-il.

Au cœur des inquiétudes exprimées par plusieurs citoyens figure d’abord la crainte de voir une grande partie du budget absorbée par les charges administratives, au détriment des projets à fort impact social. À cela s’ajoute la question sensible de la transparence dans la gestion des finances publiques. Pour certains habitants, l’absence de mécanismes clairs de reddition de comptes pourrait nourrir des soupçons de favoritisme ou de détournements, fragilisant davantage la confiance entre les administrés et leurs dirigeants.

Autre préoccupation soulevée : le manque de suivi dans l’exécution des projets. Sans contrôle rigoureux ni évaluation régulière, ce budget risque, selon plusieurs voix de la société civile, de se réduire à un simple exercice comptable sans véritables retombées sur le terrain. Pour Cédric Tchissambou, le respect de la clé de répartition annoncée — 60 % pour le fonctionnement contre 40 % pour l’investissement — constituera déjà un premier indicateur de crédibilité. Mais au-delà des ratios, insiste-t-il, c’est la pertinence des choix opérés qui déterminera l’impact réel de cette enveloppe financière.

Parmi les priorités identifiées figurent notamment la réhabilitation des infrastructures de base, l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la lutte contre l’insalubrité ainsi que la création d’opportunités pour les jeunes. Des chantiers jugés essentiels pour redonner un nouveau souffle à la ville.

La mise en place de mécanismes de contrôle participatif

Face à ces attentes, la société civile réclame également la mise en place de mécanismes de contrôle participatif. Publication de bilans trimestriels, audits indépendants et consultations publiques régulières figurent parmi les propositions avancées afin de garantir une gouvernance plus ouverte et plus responsable.

Dans un contexte politique parfois marqué par des tensions et des divisions, Cédric Tchissambou appelle enfin à dépasser les clivages partisans pour privilégier l’intérêt général. «Aujourd’hui, Port-Gentil se trouve à la croisée des chemins. Ce budget historique peut marquer le début d’une transformation profonde de la ville, comme il peut aussi rejoindre la longue liste des occasions manquées», prévient-il.

Plus qu’un simple exercice budgétaire, ce budget apparaît désormais comme un véritable test de gouvernance pour les autorités locales. Et dans cette dynamique, les citoyens entendent bien jouer pleinement leur rôle de vigie.

 
GR
 

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