Après plusieurs années d’incertitudes juridiques et financières, le Gabon a officiellement repris le contrôle exclusif d’Africa N°1. Un accord conclu mardi à Libreville avec la Libye met fin à la participation majoritaire libyenne héritée des années 2000 et ouvre une nouvelle phase pour la relance de la mythique radio panafricaine, symbole du rayonnement médiatique gabonais sur le continent.

Au milieu des années 2000, Africa N°1 est passée sous le contrôle de la Libya African Portfolio (LAP), bras financier de l’État libyen, devenu actionnaire majoritaire avec 52% du capital. Le Gabon en reprend aujourd’hui le contrôle juridique et stratégique. © jbdodane

 

Le Gabon est désormais l’unique propriétaire d’Africa N°1. L’accord a été conclu mardi à Libreville entre les autorités gabonaises et une délégation libyenne, au terme de plusieurs jours de discussions consacrées à l’avenir de la radio panafricaine historique. L’information, révélée par l’Agence gabonaise de presse (AGP), marque un tournant décisif dans le processus de relance de la station.

Selon les éléments recueillis, les deux parties sont parvenues à un consensus actant le retour complet de la gestion et du contrôle stratégique d’Africa N°1 au Gabon. Cet accord met fin à une longue période durant laquelle la Libye, à travers le holding Libya Africa Portfolio (LAP), détenait la majorité du capital de la radio.

La fin d’une longue parenthèse libyenne

Créée en 1981 à Libreville, Africa N°1 s’était imposée comme la première grande radio panafricaine francophone, diffusée dans plusieurs capitales africaines grâce notamment au puissant centre émetteur de Moyabi, dans le Haut-Ogooué. Pendant plusieurs décennies, la station a incarné l’influence médiatique du Gabon en Afrique francophone, rivalisant avec les grandes radios internationales.

Mais au milieu des années 2000, la radio passe progressivement sous contrôle libyen. Le LAP devient alors actionnaire majoritaire avec 52 % du capital, dans un contexte où l’État gabonais recherchait des partenaires financiers pour soutenir l’entreprise. Les difficultés économiques, les mutations technologiques du secteur audiovisuel et l’instabilité libyenne après la chute du régime de Mouammar Kadhafi ont ensuite accéléré le déclin de la station, placée en redressement judiciaire durant plusieurs années avant l’arrêt quasi total de ses activités.

Dès le début de la transition politique au Gabon, les autorités ont multiplié les initiatives pour remettre Africa N°1 sur pied. Plusieurs réunions gouvernementales avaient récemment été organisées afin de préparer les négociations avec la partie libyenne et définir les modalités d’une reprise complète du capital par l’État gabonais.

La récupération de la propriété exclusive de la radio est perçue par les autorités comme un enjeu à la fois médiatique, culturel et stratégique. Le gouvernement entend faire d’Africa N°1 un instrument renouvelé de souveraineté informationnelle et de rayonnement panafricain, dans un environnement médiatique désormais dominé par le numérique et les plateformes internationales.

Une relance axée sur la modernisation

En parallèle des négociations sur le capital, un vaste chantier de réhabilitation du siège historique de la radio à Libreville a été engagé ces derniers mois. Les travaux portent sur la modernisation des studios, des régies et des équipements techniques, avec l’ambition affichée de repositionner Africa N°1 comme un média multimédia moderne, combinant diffusion radio, streaming, podcasts et contenus numériques. 

Pour de nombreux Gabonais et auditeurs africains, le retour d’Africa N°1 sous contrôle exclusivement gabonais possède également une forte portée symbolique. La station demeure associée à l’âge d’or du paysage audiovisuel africain francophone, ayant formé plusieurs générations de journalistes, animateurs et producteurs du continent.

Avec cet accord conclu à Libreville, le Gabon tourne ainsi une page ouverte il y a plus de vingt ans et récupère pleinement l’un de ses plus puissants symboles médiatiques.

 
GR
 

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