À la faveur d’un point presse ce mercredi 22 avril 2026 à Libreville, le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) a vivement réagi à l’arrestation et à l’incarcération de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze. Dénonçant une instrumentalisation de la justice à des fins politiques, la formation alerte sur une dérive de l’État de droit et appelle à la libération sans condition de son leader.

Le secrétaire général de l’EPG, Aimé Mapangou, face à la presse, le 22 avril 2026 à Libreville. © GabonReview

 

Suite à l’arrestation de son président, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le parti Ensemble pour le Gabon (EPG) est monté au créneau. Lors d’un point de presse tenu ce mercredi 22 avril 2026 à Libreville, son secrétaire général, Aimé Mapangou, a dénoncé ce qu’il qualifie d’«opération politique». Selon lui, les faits évoqués dans cette affaire remonteraient à 2008 et ne justifieraient en rien une activation aujourd’hui. «Aucune actualité politique, encore moins juridique, ne peut expliquer une telle procédure», a-t-il affirmé.

Pour l’EPG, cette arrestation intervient dans un contexte où les véritables préoccupations des Gabonais restent sans réponse. Le parti accuse le pouvoir de s’en prendre à ses opposants plutôt que de s’attaquer aux urgences nationales. «Alain-Claude Bilie-By-Nze est aujourd’hui un prisonnier politique. Les conditions de son interpellation et les atteintes à ses droits fondamentaux engagent clairement la responsabilité des autorités», a insisté Aimé Mapangou.

Face à cette situation, la formation politique appelle à une mobilisation de l’opinion nationale et internationale. Elle dénonce une «dérive grave de l’État de droit» et exige le respect immédiat des droits de la défense, ainsi que la libération sans condition de son président. «Lorsque la justice devient un instrument politique, il ne s’agit plus d’un État de droit, mais d’un État de contrainte», a martelé le secrétaire général.

Cette affaire s’inscrit dans un climat plus large

L’EPG rappelle que depuis plusieurs mois, Alain-Claude Bilie-By-Nze critique la concentration des pouvoirs issue de la nouvelle Constitution, ainsi que l’affaiblissement de la séparation des pouvoirs et les atteintes aux libertés publiques. Pour le parti, cette affaire s’inscrit dans un climat plus large marqué par des restrictions de la liberté d’expression, des pressions sur les journalistes, les activistes et les lanceurs d’alerte, ainsi que par la marginalisation des voix dissidentes.

Parallèlement, le pays fait face à de nombreuses difficultés, notamment des crises énergétiques persistantes, des problèmes d’accès à l’eau, la dégradation des infrastructures et un chômage élevé, sur fond de situation économique préoccupante.

Concernant les circonstances de l’arrestation, l’EPG évoque une interpellation brutale. Alain-Claude Bilie-By-Nze aurait été appréhendé à son domicile par des individus encagoulés se présentant comme des agents de la Direction générale des recherches. Le parti parle d’un «enlèvement», dénonçant une opération menée en violation des principes fondamentaux de l’État de droit.

Selon les responsables du parti, il aurait été retenu pendant plus de 24 heures sans accès à ses avocats, avant d’être présenté au parquet du tribunal de première instance de Libreville, puis placé sous mandat de dépôt. À ce jour, ni sa famille ni ses conseils n’auraient pu le rencontrer.

 
GR
 

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