Afrique centrale : l’ARTAC veut harmoniser les règles du jeu numérique
Réunis à Libreville les 20 et 21 octobre 2026, les régulateurs des télécommunications d’Afrique centrale examinent la révision des textes fondamentaux de l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC). Au-delà de cette modernisation institutionnelle, l’enjeu est de renforcer la coopération sous-régionale et de poser les bases d’un marché unique du numérique.

Le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, ouvrant les travaux, le 20 octobre 2026. © GabonReview
Le Gabon entend faire du numérique un levier d’intégration régionale. Le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation, de l’Innovation et des Nouvelles Technologies, Mark-Alexandre Doumba, a ouvert, ce mardi 20 octobre 2026 à Libreville, la quatrième session extraordinaire de la Conférence des régulateurs de l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique centrale (ARTAC). Organisés avec l’appui de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Gabon, ces travaux de deux jours réunissent plusieurs délégations, notamment celles de la République démocratique du Congo, du Congo, du Cameroun, du Tchad, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et de São Tomé-et-Príncipe.
Au cœur des échanges : l’examen et l’adoption des versions révisées des Statuts, du Règlement intérieur et du Règlement financier de l’organisation. Pour les participants, la modernisation de ces textes constitue une étape déterminante dans le renforcement de la gouvernance et de l’efficacité de l’institution communautaire.
«L’harmonisation des cadres réglementaires n’est pas seulement une question d’arbitrage technique, c’est un acte politique majeur», a souligné Mark-Alexandre Doumba. Selon le membre du gouvernement, cette réforme doit permettre à l’Afrique centrale de mieux défendre ses intérêts dans les instances internationales et face aux grandes puissances du numérique. Il a ainsi invité les régulateurs à faire de cette rencontre «une étape décisive vers la création d’un marché unique du numérique en Afrique centrale».
Six groupes de travail pour passer à l’action

Quelques moments de la cérémonie. © GabonReview
Au-delà de la révision des textes, la session doit également marquer le lancement officiel de six groupes de travail spécialisés, créés par la décision n°002 ARTAC-PE-SP du 29 mai 2026. Ces instances d’expertise couvriront des domaines stratégiques : les radiocommunications, les normes techniques, la sécurité et l’environnement, la gouvernance réglementaire et économique, la régulation postale, les services financiers et numériques ainsi que la protection des consommateurs.
Pour Célestin Kadjidja, président de l’ARCEP, l’objectif est de transformer les ambitions communautaires en résultats concrets. «Notre responsabilité en tant que régulateur est de donner à ces travaux une orientation claire afin que l’harmonisation technique ne soit plus une simple vue de l’esprit, ne soit plus une ambition théorique, mais une réalité pour servir les opérateurs et les usagers de notre espace numérique communautaire», a-t-il déclaré.
Ces groupes devront notamment contribuer à une meilleure coordination transfrontalière des fréquences, à l’interopérabilité des réseaux, au renforcement de la cybersécurité et au développement de services numériques accessibles. Leurs feuilles de route respectives sont attendues dans le cadre de cette dynamique de coopération.
São Tomé-et-Príncipe veut rejoindre la dynamique
Autre signal de l’ouverture de l’organisation : la perspective d’intégration du régulateur de São Tomé-et-Príncipe. Dans son discours d’adhésion, la Cheffe de délégation São Tomé, Adélaïde Maria Abreu de Assunçāo Fahe a mis en avant les bénéfices attendus de ce rapprochement, notamment le renforcement des capacités institutionnelles, le partage d’expériences et l’harmonisation des pratiques réglementaires.
«Nous souhaitons également apporter notre propre expérience aux initiatives communes dans un esprit de solidarité, de complémentarité et d’apprentissage mutuel», a-t-elle affirmé.
Représentant le président exécutif de l’ARTAC, Benjamin Bonaventure Panzet Sebas a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’adapter l’organisation aux mutations rapides du secteur. Les travaux des 20 et 21 octobre doivent ainsi déboucher sur des textes consolidés, des actes formalisés et un communiqué final.
À Libreville, l’ambition est donc de consolider les fondements institutionnels de l’ARTAC, renforcer les mécanismes de coopération entre les régulateurs et rapprocher progressivement les cadres réglementaires nationaux. Une démarche destinée à favoriser un espace numérique communautaire plus cohérent, compétitif et protecteur des usagers.
















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