Face à la multiplication des crises sécuritaires, politiques et humanitaires en Afrique centrale, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région et chef de l’UNOCA, Mohamed El-Amine Souef, appelle à une mobilisation collective pour prévenir les conflits. Lors de sa première conférence de presse, le 6 novembre 2026 à Libreville, il a également insisté sur la responsabilité des médias et le renforcement de la coopération régionale.

Mohamed El-Amine Souef, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale face à la presse, le 6 novembre 2026. © UNOCA

 

L’Afrique centrale reste confrontée à des défis sécuritaires et politiques importants. C’est le constat dressé par Mohamed El-Amine Souef, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale et chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). Face à la presse, ce vendredi 6 novembre à Libreville, le diplomate a livré ses premières appréciations sur la situation régionale, après plusieurs visites et consultations dans la sous-région.

«Sur le plan sécuritaire et humanitaire, l’Afrique centrale continue de faire face à des menaces importantes et interdépendantes», a-t-il déclaré. Il a notamment évoqué la crise soudanaise, entrée dans sa quatrième année, qui a provoqué un afflux massif de réfugiés au Tchad, où environ 1,3 million de personnes sont désormais accueillies. À cela s’ajoutent les attaques des factions issues de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, l’insécurité dans certaines régions du Cameroun et au nord de la République centrafricaine, ainsi que les conflits intercommunautaires au Tchad.

Le chef de l’UNOCA a également alerté sur la résurgence des discours de haine et des messages stigmatisants. Il a rappelé la responsabilité des médias dans la préservation de la cohésion sociale. «Les médias ont un rôle essentiel à jouer dans les efforts de paix et de cohésion sociale, en promouvant une information rigoureuse, équilibrée et respectueuse de la diversité», a-t-il insisté.

Le Gabon et la Guinée équatoriale : le dialogue privilégié

Sur le plan politique, Mohamed El-Amine Souef relève quelques avancées encourageantes. Il cite notamment la grâce présidentielle accordée à des opposants au Tchad, qualifiée de «geste encourageant en faveur de l’apaisement politique, du dialogue et de la concorde nationale».

Il s’est également réjoui de constater que, malgré leurs divergences, les États de la sous-région continuent de privilégier la concertation. «Les États de la sous-région continuent de privilégier le dialogue, la solidarité et la coopération régionales», a-t-il souligné.

Le chef de l’UNOCA posant avec les professionnels des médias. © UNOCA

À cet égard, il a évoqué les avancées entre la RDC et la République du Congo autour de leur projet de pont commun, ainsi que la disposition du Gabon et de la Guinée équatoriale à poursuivre le dialogue pour régler leur différend relatif à l’île Mbanié. Il a également salué la contribution d’un million de dollars de Malabo à la lutte contre l’épidémie d’Ebola en RDC.

Toutefois, ces progrès restent fragiles. «Ces avancées restent toutefois fragiles», a-t-il prévenu, pointant les restrictions de l’espace civique, les libertés politiques et individuelles et les difficultés liées à la participation de toutes les composantes de la société à la vie publique.

Les prochaines échéances électorales en Angola, au Burundi et au Congo constituent, selon lui, des occasions importantes de consolider les processus démocratiques et de renforcer la confiance entre les acteurs politiques.

La CEEAC au cœur de la stratégie de prévention

Pour le responsable onusien, la complexité des crises impose une réponse collective. «Aucune réponse durable ne peut être apportée par un seul pays ou une seule organisation», a-t-il affirmé, plaidant pour une mobilisation coordonnée des acteurs politiques, diplomatiques, sécuritaires et humanitaires.

Dans cette perspective, l’UNOCA entend approfondir son partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), récemment dotée d’un plan stratégique 2026-2030. Deux rendez-vous sont attendus à la fin du mois : le sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC à Malabo et la 62e session du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC), à Libreville.

Réaffirmant la priorité accordée à la diplomatie préventive et aux bons offices du Secrétaire général des Nations Unies, Mohamed El-Amine Souef a assuré que «l’UNOCA restera pleinement mobilisé […] pour promouvoir le dialogue, la diplomatie préventive et les bons offices du Secrétaire général des Nations Unies».

 
GR
 

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