Alerte nationale, corruption et sécurité routière : le Gabon structure sa riposte
Autour du ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Emane, les principaux acteurs institutionnels, techniques et médiatiques de la mise en place d’un système national d’alerte au Gabon, réunis le 29 mai dernier, ont engagé une concertation visant à opérationnaliser plusieurs dispositifs, au premier rang desquels le «plan alerte enlèvement enfants». L’initiative s’inscrit dans une réponse structurée à un phénomène «qui crée une forte psychose dans la société gabonaise», mais également dans une approche générale intégrant la lutte contre la corruption et la délinquance routière.

Le Gabon envisage la mise en place d’un système national d’alerte, notamment le plan « alerte enlèvement enfants ». © D.R.
Le ministre de la Justice, Augustin Emane, a réuni les principaux acteurs concernés par la mise en place d’un système national d’alerte au Gabon le 29 mai dernier. Il s’agissait d’opérationnaliser un système national d’alerte, notamment le plan « alerte enlèvement enfants ». Il est question de répondre à l’inquiétude croissante liée aux enlèvements, tout en s’inscrivant dans une logique plus large de lutte contre la délinquance routière la corruption.
Autour de la table, le Conseil national de sécurité, le Parquet de la République, les opérateurs de téléphonie mobile, les médias audiovisuels publics, Gabon Première, Gabon 24 et Radio Gabon, ainsi que l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf) et l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), ont été mobilisés pour poser les bases d’un dispositif coordonné. Cette réunion, élargie pour la première fois aux médias et aux opérateurs techniques, entendait «mettre les uns et les autres au même niveau d’information». Une condition indispensable à «une meilleure action concertée entre les maillons de la chaîne». Le gouvernement entend ainsi bâtir un système réactif, reposant sur la synergie entre institutions judiciaires, relais médiatiques et infrastructures numériques.
«Sécuriser le trafic routier et sanctionner les incivilités responsables de nombreuses pertes en vies humaines»
Au cœur des échanges, le cadre normatif du dispositif a été présenté, notamment le projet d’arrêté destiné à structurer «l’architecture sécuritaire du Gabon» en matière de systèmes d’alerte. Les participants ont pris connaissance des modalités de déclenchement du mécanisme, qui reposera sur l’intervention coordonnée «de plusieurs unités d’officiers de police judiciaire… sous les directives d’un Procureur de la République du ressort». Il s’agit de ce fait d’inscrire le dispositif «sur la voie de la rapidité et de la flexibilité», afin de garantir une réponse immédiate et efficace en cas de disparition d’enfant.
Cette dynamique ouvre la voie à d’autres initiatives. Des réunions similaires sont d’ores et déjà annoncées pour approfondir les «plans alerte corruption», destinés à «endiguer un fléau qui gangrène notre société et annihile nos efforts de développement», ainsi que les mécanismes de lutte contre la délinquance routière, pour «sécuriser le trafic routier et sanctionner les incivilités responsables de nombreuses pertes en vies humaines». À travers cette démarche, les autorités gabonaises entendent structurer la réponse aux enjeux sécuritaires et sociétaux, en plaçant la coordination des acteurs au cœur de l’efficacité.












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