Réunis en atelier de validation du 22 au 24 juillet, les représentants des administrations gabonaises examinent les projets du nouveau Statut général des fonctionnaires et du nouveau Statut général de la Fonction publique. L’idée, moderniser en profondeur la gestion des agents de l’État en réformant le recrutement, l’avancement, la rémunération, l’évaluation des performances et l’intégration des nouveaux métiers liés au numérique et à l’intelligence artificielle.

Laurence Ndong ouvrant les travaux. © D.R.

 

Depuis le 22 juillet, des représentants sectoriels de l’ensemble des départements ministériels et des différentes composantes de la Fonction publique gabonaise sont réunis en atelier pour valider les projets du nouveau Statut général des fonctionnaires et du nouveau Statut général de la Fonction publique. Ces travaux, qui s’achèvent le 24 juillet, marquent une étape importante dans la modernisation de l’administration publique. La réforme intervient près de trente-cinq ans après l’adoption de la loi n° 8/91 du 26 septembre 1991, qui avait posé les bases statutaires de la Fonction publique.

Une réforme qui cible le recrutement, la performance et la discipline

En 2005, la loi n° 1/2005 du 4 février avait élargi la conception de la Fonction publique, distingué ses différentes composantes et modernisé ses organes de gestion. Pendant vingt ans, ce texte a constitué l’ossature de la gestion des ressources humaines de l’État. Pour la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, cette réforme répond autant aux limites constatées dans l’application des textes existants qu’aux nouvelles exigences constitutionnelles. «Ce texte, aussi structurant fût-il, a ainsi souffert, dans l’esprit de nombreux agents publics, d’un déficit d’appropriation collective, comme s’il leur avait été imposé plutôt que construit avec eux. Cette erreur du passé, nous ne la répéterons pas», a soutenu Laurence Ndong, expliquant la présence des différentes composantes de l’administration à cet atelier de validation.

Selon Laurence Ndong, la révision des statuts est d’autant plus indispensable que la Constitution fait désormais du statut général de la Fonction publique une matière relevant de la loi. Son élaboration doit également tenir compte des profondes mutations technologiques, notamment de l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle. «Les textes de 1991 et de 2005, aussi visionnaires ont-ils été en leur temps, ont montré, à l’épreuve de la pratique, leurs limites», a insisté la ministre. Au-delà de la refonte juridique, le nouveau dispositif entend modifier en profondeur le fonctionnement de l’administration. Il vise notamment à renforcer la présence effective des agents, l’assiduité et la culture du résultat.

Fin de l’avancement automatique et rémunération liée au service rendu

Selon Laurence Ndong, « ils redonneront tout son sens à l’exigence de présence effective, d’assiduité et de résultat, car la Fonction publique n’est pas un refuge, elle est un engagement». Le recrutement figure parmi les principaux axes de la réforme. Le gouvernement estime que les procédures actuelles sont devenues trop lourdes, trop lentes et insuffisamment transparentes, ouvrant la voie à des pratiques contraires aux principes de la République. «Ces nouveaux statuts réaffirment, sans ambiguïté, le concours comme mode normal et privilégié d’accès à la Fonction publique», a-t-elle fait savoir, annonçant une simplification des procédures, leur numérisation, une plus grande rapidité de traitement ainsi qu’une meilleure lisibilité.

La réforme prévoit également une évolution majeure des règles de rémunération et d’avancement des fonctionnaires. « Nous devons encore avoir le courage de dire qu’il ne peut plus y avoir de rémunération automatique adossée au seul numéro matricule, indépendamment du service effectivement rendu», a fait dit Laurence Ndong pour qui, «il n’est pas juste que l’agent assidu et l’agent absent perçoivent la même solde». Concrètement, les nouveaux statuts mettent fin à l’avancement automatique fondé uniquement sur l’ancienneté. Celui-ci sera remplacé par un système reposant sur le mérite, l’évaluation des performances, l’atteinte des objectifs et la manière de servir.

Une Fonction publique adaptée aux nouveaux métiers

«Nous voulons une Fonction publique où celui qui travaille plus et mieux progresse plus vite que celui qui se contente d’attendre que les années passent», a commenté la ministre selon qui les futurs statuts entendent également adapter l’administration aux nouveaux besoins en compétences. Les métiers liés au numérique, à l’intelligence artificielle et aux nouvelles technologies feront désormais partie intégrante des profils recherchés par l’État. «Ces nouveaux statuts intègrent ces nouveaux métiers, ouvrent nos corps et nos catégories à des profils que nos textes antérieurs n’avaient pas anticipés, et donnent à notre Fonction publique les moyens d’attirer les compétences dont le Gabon a besoin pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain», a souligné Laurence Ndong. 

Pour elle, cette réforme dépasse largement une simple mise à jour des textes. «Ce ne sont pas de simples ajustements techniques que nous nous apprêtons à valider. C’est une refondation, en pleine cohérence avec l’esprit de la Constitution du 19 décembre 2024 et avec la vision de modernisation portée par le Président de la République», a-t-elle affirmé. Les discussions engagées s’appuient sur une version des projets élaborée en interne par les équipes techniques du ministère de la Fonction publique à partir des orientations gouvernementales et des contributions recueillies en amont. Les participants sont appelés à enrichir ces textes avant leur adoption.

 
GR
 

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