TATIE

 

Le président de la République a intimé au gouvernement l’ordre de prendre langue avec les confessions religieuses. Pour les adeptes du tout-sécuritaire, c’est un cinglant désaveu.

Ayant suscité émoi et consternation, ces scènes resteront à jamais la traduction du refus du gouvernement de se mettre à l’écoute, et de sa tendance à tout régler par la force. Reste à savoir si la Première ministre, le ministre de l’Intérieur et celui de la Santé sont disposés à faire montre d’humilité. © Gabonreview

 

Douche froide pour les sécurocrates du régime. Désireux d’éviter la prolongation du bras de fer, le président de la République leur a intimé l’ordre de prendre langue avec les confessions religieuses. Autrement dit, l’heure n’est plus à l’enfermement. Passé le temps des rodomontades, voici celui de la construction. Ayant menacé de déposer plainte contre des «personnes malveillantes», soupçonnées de se livrer à une «instrumentalisation politicienne» des événements, la Première ministre va devoir changer de braquet : à l’argument de la force, elle devra substituer la force des arguments. Ayant fait montre d’autoritarisme, les ministres en charge de l’Intérieur et de la Santé vont découvrir les charmes de l’ouverture. Ayant brillé par un certain unilatéralisme, ils vont devoir appliquer le principe de participation.

Refus de se mettre à l’écoute

Peu importe le fin mot de l’histoire, c’est un cinglant désaveu pour les adeptes du tout-sécuritaire. Certes, Ali Bongo a repris la rhétorique à la mode. Certes, il a mentionné le «vendredi 30 octobre» comme date de «réouverture des lieux de culte.» Certes, il a limité le périmètre des discussions au «protocole sanitaire.» Mais, dans ses relations avec le pouvoir spirituel, le pouvoir temporel devra faire preuve d’«esprit constructif.» Avant de décider, il devra consulter et écouter. En d’autres termes, il sera contraint d’intégrer trois principes fondamentaux : la souveraineté nationale appartient au peuple, y compris les croyants ; les affaires publiques ne relèvent pas de sa compétence exclusive ; les mesures législatives ou administratives ne peuvent être adoptées sans recueillir l’avis des concernés.

Pour sûr, Rose Christiane Ossouka Raponda arguera avoir salué «le civisme (des) croyants (et des) responsables religieux.» A coup sûr, Lambert Noël Matha rappellera ses rencontres avec l’archevêque de Libreville ou les responsables du Collectif des communautés, ministères et églises pentecôtistes, charismatiques et de réveil. Mais les errements de ces dernières semaines hanteront les esprits pendant quelques temps encore. Personne n’est prêt à oublier les menaces proférées à l’encontre des croyants. Pour longtemps, chacun se souviendra du déploiement des forces de défense devant les lieux de culte. Beaucoup garderont en mémoire cette image de bonnes sœurs aux prises à des policiers ou cette autre, présentant l’évêque d’Oyem face aux agents encagoulés et munis de boucliers. Fallait-il vraiment en arriver là ? Ayant suscité émoi et consternation dans l’opinion, ces scènes resteront à jamais la traduction de la tendance du gouvernement à tout régler par la force. Elles serviront aussi à illustrer son refus de se mettre à l’écoute.

Faire montre d’humilité

Pourtant, les églises ne se sont jamais opposées aux restrictions imposées sous prétexte de lutte contre la covid-19. Ayant toujours affirmé leur adhésion aux mesures barrières, elles étaient prêtes à mettre en œuvre les dispositions connues de tous : lavage des mains, distanciation physique et port du masque. Attachées à la liberté de conscience, elles voulaient réaffirmer leur droit de fixer librement leurs calendriers internes. Au-delà, elles entendaient les faire respecter. En ce mois d’octobre, dédié aux esprits tutélaires et à Notre-Dame du Rosaire, c’est-à-dire la Vierge Marie, l’église catholique avait une préoccupation spécifique : rappeler aux croyants leur devoir de collaborer à sa mission par la prière et le soutien financier. Comme n’a eu de cesse de l’expliquer son clergé, la date du 25 octobre n’a pas été choisie par caprice ou par défiance. Dans l’agenda catholique, ce dimanche était réservé à la «dédicace des églises consacrées.» Cette seule explication aurait dû amener le gouvernement à faire preuve de tempérance, de tolérance et de compréhension. Las…

Finalement, Ali Bongo a décidé de désamorcer la tension, prenant le contrepied de sa déclaration de la semaine dernière. Reste cependant à savoir si la Première ministre, le ministre de l’Intérieur et celui de la Santé sont disposés à faire montre d’humilité. Reste aussi à savoir s’ils peuvent reconnaitre s’être égarés en s’attaquant aux aspects liturgiques. Or, l’abbé Casimir Ondo Mba le leur a déjà rappelé : «La vie nationale doit être (…) (fondée) sur la confiance et non sur la force.» Comme il le leur a dit, «le caractère sacramental (du catholicisme) est très important.» D’où la nécessité de ne pas «balancer certaines notions n’importe comment.» Le gouvernement entendra-t-il ce message ? Quitte à abjurer ses propres vanités, il lui revient de créer les conditions du dialogue.

 
GR
 

14 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Ali Bongo n’a rien décidé. Vous nous fatiguez avec de tels mensonges. Écrivez plutôt que Sylvia Bongo a fait dire au sosie de BOA. A Ntare Nzame. Laissons un peu ce diable de BOA reposer dans son ENFER. Car c’est la qu’il sent bien avec son père adoptif Omar Bongo et aussi le général de Gaulle.

  2. SERGE MAKAYA dit :

    On pourrait donner un titre à cette IMAGE. Par exemple :
    Les chrétiens et les 3 RIGOLOS.

    Qu’en pensez-vous ? A Ntare Nzame !!!

  3. Serge Makaya dit :

    Junior Sassou vient de poster un message dans sa page Facebook. Voilà un autre rêveur qui croit qu’il deviendra président du Gabon oqtce qu’il est le fils d’Omar Bongo.

    Vous qui le soutenez, ayez la gentillesse de lui dire que les Bongo-Valentin c’est terminé jusqu’à l’an 10000. QU’ILS FOUTTENT UN PEU LA PAIX AUX GABONAIS. CAR LA SIMPLE PRONONCIATION DE CES NOMS (BONGO-VALENTIN) DONNE DU STRESS AUX GABONAIS. A NTARE NZAME !! LAISSEZ-NOUS UN PEU VIVRE SANS VOUS JUSQU’À L’AN 10000 SVP.

    • Amiralgo. dit :

      Junior cestun gabonais. C’est le coeur démocratique qui d
      qui doit désigner nos dirigeants fussent-ils enfants de Bongo et non le coeur de haine.

      • Gaston dit :

        Je suis d’avis avec Serge Makaya. La famille Bongo c’est NON quelque soit la personne. Ils peuvent revenir après 100 ans. Pas avant. Tu oublies une chose, ce sont les français qui sont encore derrière ce jeu de chaises musicales. Les français ne cherchent nullement le bien être des gabonais, mais leur bien être. Œuvre bien les yeux pour VOIR et les oreilles pour COMPRENDRE.

  4. diogene dit :

    « Ayant brillé par un certain unilatéralisme, ils vont devoir appliquer le principe de participation. »
    Il ne faut pas oublier à qui l’on a affaire, prêter des sentiments à des gens qui n’en n’ont pas est une erreur.

    Bilan : Les insoumis ont gagné quelques jours puisque la réouverture des lieux de cultes est maintenant effective et légaliser par un gouvernement toujours aussi illégal lui-même.
    Quant aux autorités, elles ont déjà oublié !
    Un demi siècle d’erreurs n’a pas poussé les usurpateurs à la démission ou au partage du pouvoir, ce n’est toujours pas à l’ordre du jour !

    De plus, les voix des chrétiens ne comptent pas plus que celles des autres populations dans la mesure où les magouilles électorales ont la part belle en ce qui concerne les résultats.
    Il faudra annuler deux arrondissements la prochaine fois ou des départements entiers …

  5. guy papé dit :

    seigneur depuis quand un mort prend les décission toujour près à trouvé un mensonge bientot c’est votre toure l’enfer est près pour vous trois

  6. bassomba dit :

    Ali Bongo est aux commandes, très bien monsieur le Président!

    • Viviane dit :

      Les sosies de BOA commandés par Sylvia Bongo et le Quai d’Orsay sont aux commandes. Mais à quel prix, à quel coût ? Ça doit coûter extrêmement cher que d’entretenir des sosies ventriloques. Pendant ce temps, les écoles manquent de tout.

      • bassomba dit :

        j’ai dit et je répète: Ali Bongo est vivant et dirige le Gabon depuis 2009 et, s’il plaît à Dieu, il va rebeloter en 2023. Maintenant si dans votre paranoïa vous croyez que ce sont des sosies qui dirigent le Gabon, tant pis pour vous, vous allez être dirigés par des sosies jusqu’en 2030 au moins.

  7. SERGE MAKAYA dit :

    Comment TOUT UN PAYS peut être PARALYSE par UN MORT ? A Ntare Nzame !!! Et même, s’il n’est plus qu’un légume (ce dont je doute FORT, car pour MOI il est bien MORT), qu’attendons-nous pour enfin LIBÉRER ce pays de plus de 50 ans de dictature, de misère, de corruption, etc…? Pourquoi vous faites ça au peuple GABONAIS ?

  8. Abolo dit :

    Mon cerveau retient une chose simple de tout ça, des images de policiers encagoulés, aux prises avec des croyants et religieux, venus juste s’agenouiller, comme un seul homme, et demander pardon, en toute humilité, à Dieu, le Père Créateur du Ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Du jamais vu dans l’histoire de mon pays.

Poster un commentaire