Structurer la politique nationale de conservation de la mémoire : telle est l’ambition du projet de loi créant l’Institut national des Archives, de la Bibliothèque et de la Documentation (INABD), présenté le 22 mai en Conseil des ministres. Pris en application de l’article 99 de la Constitution, le texte entend doter le Gabon d’un instrument moderne, appelé à «collecter, cataloguer, protéger, conserver et diffuser le patrimoine archivistique et documentaire national». Reste une interrogation : quel avenir pour l’actuelle Direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD), dont les missions semblent recouper celles de la nouvelle institution ?

Selon le gouvernement, l’INABD va «collecter, cataloguer, protéger, conserver et diffuser le patrimoine archivistique et documentaire national» (Illustration). © D.R.

 

Au cœur de cette réforme présentée, le 22 mai, en Conseil des ministres par le ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, se trouve la volonté de repositionner la mémoire nationale comme un outil essentiel de conservation. En conférant à l’INABD une personnalité juridique assortie d’une autonomie administrative et financière, le gouvernement veut rompre avec les limites ayant longtemps entravé l’efficacité des dispositifs existants. L’objectif est donc de permettre à cette nouvelle entité d’agir avec davantage de souplesse, de responsabilité et de moyens, afin d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés, dans un contexte de modernisation de l’action publique.

Sur le plan de l’organisation, l’INABD reposera sur une architecture articulée autour de trois organes : un Conseil d’administration, chargé des orientations stratégiques ; une direction générale, pour l’opérationnel ; et une Agence comptable, garante de la rigueur financière. Ce projet de loi soulève cependant, en filigrane, une interrogation : quel avenir pour la Direction générale des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale et de la Documentation gabonaise (DGABD) ? Longtemps considérée comme le socle de la mémoire nationale, cette direction est aujourd’hui décrite comme «oubliée depuis plusieurs années dans un état de décrépitude avancée». Son siège, situé à Batterie IV sur le front de mer, autrefois symbole de fierté lors de son inauguration en 1980, est désormais «rongé par le vent marin et l’oubli des gouvernements qui se sont succédé».

A l’heure de la création de l’INABD, quelle place pour la DGABD ?

Les interrogations restent d’autant plus vives que des engagements avaient été pris au plus haut niveau de l’Etat. Le 27 juin 2025, lors des questions orales au gouvernement, le vice-président du gouvernement d’alors, Alexandre Barro Chambrier, annonçait la délocalisation des services en attendant la construction d’un nouveau siège. Cette promesse est-elle toujours d’actualité à l’heure de la création de l’INABD ? Comment s’opérera la transition entre l’ancienne structure et la nouvelle institution ? Et surtout, quelle place sera accordée à la réhabilitation concrète des infrastructures existantes ?

«Les Archives nationales, loin d’être un simple entrepôt de documents constituent le cœur battant de notre histoire administrative et politique, culturelle et sociales», étant donné «les garantes de la traçabilité de l’action publique, de la transparence de l’Etat, et du droit fondamental de chaque citoyen…», déclarait celui qui occupe, aujourd’hui, le fauteuil de Vice-président de la République.

 

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