Assainissement politique : 33 partis gabonais au bord de la radiation
Un tiers des partis politiques gabonais joue désormais sa survie. À l’expiration du délai de mise en conformité fixé par la loi n°16/2025, seules 69 formations sur les 102 légalement reconnues ont déposé leur dossier de régularisation, a annoncé le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, dans un communiqué daté du 1er juillet. Les dossiers reçus «font actuellement l’objet d’un examen rigoureux par les services compétents de l’administration, selon les critères légaux applicables».

L’examen des 69 dossiers est l’ultime étape avant la publication de la nouvelle liste des partis reconnus conformes à la législation (illustration IA). © GabonReview
Le compte à rebours est arrivé à son terme. Sommées depuis plusieurs mois de satisfaire aux critères édictés par la loi n°16/2025 relative aux partis politiques, les formations du pays avaient jusqu’à la fin juin pour se mettre en règle. Bilan dressé par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba : au 1er juillet 2026, 69 partis sur 102 légalement reconnus avaient franchi le pas et déposé leur dossier de régularisation. Les autres s’exposent aux rigueurs de la loi.
Pour une meilleure organisation de la vie politique nationale
L’opération n’est pas une simple formalité administrative. Elle vise à mettre les formations politiques en conformité avec un nouveau cadre juridique qui entend consolider le pluralisme sur des bases plus solides, en exigeant notamment un socle militant réel, une organisation interne structurée et une implantation nationale plus crédible. Le gouvernement avait d’ailleurs présenté cette réforme comme un moyen de «sensibiliser les acteurs politiques sur l’impératif de s’arrimer au nouveau cadre juridique pour une meilleure organisation de la vie politique nationale».
Dans son communiqué, le premier flic du pays indique : «les dossiers font actuellement l’objet d’un examen rigoureux par les services compétents de l’administration, selon les critères légaux applicables», avant d’indiquer qu’«à l’issue de cette instruction, le ministère procèdera à la notification individuelle du statut de chaque dossier aux responsables des formations politiques concernées».
Restructurer durablement la vie politique gabonaise
L’opération s’inscrit donc dans l’application de la loi n°16/2025, adoptée dans le prolongement des recommandations du Dialogue national inclusif d’avril 2024. La réforme ambitionne de restructurer durablement la vie politique gabonaise en mettant fin à la prolifération de partis peu actifs ou dépourvus d’une véritable implantation nationale. Les nouvelles dispositions renforcent les conditions d’existence des formations politiques en imposant notamment un siège social, un compte bancaire, une organisation administrative conforme, des obligations de transparence financière, ainsi qu’une représentativité effective sur le territoire national. Le texte prévoit également des mécanismes de contrôle plus stricts afin de garantir un fonctionnement régulier et une participation réelle à la vie démocratique.
Le gouvernement entend par là assainir le paysage politique et renforcer la crédibilité des partis appelés à concourir aux prochaines échéances électorales. La réforme vise l’éradication des partis politiques mallette et à ne maintenir que des formations capables de démontrer un véritable enracinement national, tout en favorisant une meilleure gouvernance interne et une plus grande transparence.
Doter le Gabon d’un système partisan plus structuré, plus représentatif…
L’examen des 69 dossiers est donc l’ultime étape avant la publication de la nouvelle liste des partis reconnus conformes à la législation. Les formations qui rempliront l’ensemble des critères pourront poursuivre légalement leurs activités, tandis que celles qui n’auront pas satisfait aux prescriptions de la loi s’exposeront aux conséquences prévues par le nouveau dispositif juridique. À travers cette réforme, les pouvoirs publics entendent doter le Gabon d’un système partisan plus structuré, plus représentatif et davantage en phase avec les exigences de la Ve République, en consolidant notamment le pluralisme politique.















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