L’athlétisme mondial est en ébullition avec la publication d’un rapport mettant au grand jour des cas de dopage, sur fond d’extorsion de fonds au sein de Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

© sport24.lefigaro.fr

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Après le football, il y a quelques mois, l’athlétisme est actuellement éclaboussé par un scandale. Dans un rapport rendu public le 9 novembre dernier, l’Agence mondiale antidopage (Ama) a mis au jour un système de corruption d’ampleur fondé sur cinq piliers : «Une culture du dopage solidement enracinée», «L’exploitation des athlètes», «L’implication des athlètes», «La confirmation de l’implication des médecins, des entraîneurs et du personnel des laboratoires» et la «Corruption au sein de Fédération internationale d’athlétisme (IAAF)». Selon ce rapport, des responsables de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), parmi lesquels l’ancien président, ont essayé de soutirer de l’argent à des sportifs de premier plan en échange de leur silence sur le fait qu’ils étaient dopés. L’enquête a également mis au jour un système de dopage généralisé dans l’athlétisme russe en vue de «produire des vainqueurs» à tout prix.

L’Ama estime, en conséquence, que la Russie doit être suspendue de toutes compétitions, dont les Jeux olympiques (JO) 2016 de Rio, en raison des cas de dopage, qui n’auraient «pas pu exister» sans l’assentiment de son gouvernement. Le rapport, qui juge que les JO 2012 de Londres ont été «sabotés» par la présence d’athlètes dopés, recommande aussi la suspension à vie de cinq athlètes russes, dont la championne olympique en titre du 800 m, Mariya Savinova. Professeur de droit ayant enquêté sur les pratiques de l’IAAF, Richard McLaren pense qu’il s’agit d’une échelle de corruption totalement différente de celle de la Fifa, estimant que le rapport pourrait même «bouleverser le fonctionnement de ce sport». L’actuel président de l’IAAF, pour sa part, s’est dit «choqué, en colère et profondément attristé» par ce scandale. «Mon travail est désormais très simple et sans ambiguïté. Il faut rebâtir la confiance dans notre sport», a déclaré Sebastian Coe.

L’IAAF a, par ailleurs, lancé la procédure d’application des sanctions contre la Russie. Elle a donné à la fédération russe jusqu’à la fin de la semaine pour répondre aux accusations portées à son encontre. Comptant parmi les personnalités impliquées dans ce scandale, l’ancien président de l’IAAF a été mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé. Son conseiller juridique, l’avocat Habib Cissé, ainsi qu’un médecin français, Gabriel Dollé, chargé de la lutte antidopage à l’IAAF jusque fin 2014, sont, de leur côté, accusés de corruption passive. Le 9 novembre dernier, l’organisation internationale de police Interpol a annoncé qu’elle allait coordonner l’enquête mondiale pilotée par la France sur la présumée corruption dans l’athlétisme. Un nouveau séisme dans le sport après celui qui a ébranlé la fédération internationale du football (Fifa) et conduit à la démission de son président, Sepp Blatter.

 

 
GR
 

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