Après le mouvement d’humeur des membres du Mouvement national des visionnaires du Gabon (MNVG, ex-mouvement des chômeurs), la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a expliqué que la quasi-totalité des dossiers présentés par les manifestants ne remplissent pas les critères requis pour une intégration dans l’administration. Âge, niveau de qualification et inadéquation des profils figurent notamment parmi les principales anomalies relevées.

Des membres du MNVG et leur leader, le 3 septembre 2026, devant le ministère de la Fonctio publique. © GabonReview (capture d’écran)

 

La manifestation organisée jeudi dernier devant le bâtiment abritant le ministère de la Fonction publique n’aura pas suffi à faire bouger les lignes. Face aux revendications des membres du Mouvement national des visionnaires du Gabon (MNVG), qui réclament leur intégration dans la fonction publique et affirment agir au nom d’instructions du chef de l’État, Laurence Ndong a choisi de répondre dossier à l’appui.

Recevant récemment la presse à son cabinet, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités a passé en revue les dossiers des demandeurs d’emploi concernés. Son constat est sans appel : la plupart ne remplissent pas les conditions requises pour accéder à la fonction publique.

Des dossiers qui ne remplissent pas les critères

«Il y a des critères à remplir pour accéder à la fonction publique. Or, on se rend compte, au regard des dossiers à notre disposition, que ce n’est pas le cas», a déclaré Laurence Ndong.

La première anomalie relevée concerne l’âge. «Jusqu’à présent, pour intégrer la fonction publique, il faut 35 ans au maximum. Plusieurs de ces demandeurs d’emploi ont plus de 35 ans», a-t-elle expliqué.

À cette contrainte s’ajoute celle du profil professionnel. La ministre estime que les qualifications présentées ne correspondent pas aux secteurs dans lesquels l’administration fait actuellement état de besoins, notamment la santé et l’éducation.

«Il faut avoir un profil qui correspond au secteur pour lequel on vient candidater. Dans ces dossiers, il n’y en a quasiment pas qui correspondent au secteur de la santé ou au secteur de l’éducation pour lesquels existe un besoin», a-t-elle précisé.

Bac, attestations et permis de conduire

L’examen des dossiers a également fait ressortir, selon la ministre, des niveaux de qualification jugés insuffisants pour une intégration directe dans l’administration.

«Certains n’ont que le bac, aucune autre formation derrière. D’autres ont même déposé des dossiers avec des certificats ou des attestations de présence à une formation», a détaillé Laurence Ndong.

Plus surprenant encore, certains dossiers auraient été constitués avec pour seule pièce justificative un permis de conduire. Une situation qui, aux yeux de la ministre, ne permet pas à l’administration d’évaluer la qualification et l’adéquation du candidat au poste sollicité.

«Comment donc permettre au ministère de la Fonction publique de faire son travail, d’examiner les dossiers et de voir la validité de ces dossiers ?», s’est-elle interrogée.

Le concours reste la voie d’accès privilégiée

Pour Laurence Ndong, le contexte actuel de réforme de l’administration ne saurait justifier un recrutement en dehors des règles établies. La mise à disposition éventuelle de postes budgétaires destinés aux demandeurs d’emploi ne signifie pas, selon elle, une intégration automatique.

«Aujourd’hui, nous sommes en pleine réforme. Si l’on met à disposition des postes budgétaires pour les chômeurs, la voie d’entrer par excellence à la fonction publique, c’est le concours», a-t-elle rappelé.

La ministre appelle ainsi les demandeurs d’emploi à privilégier les procédures prévues par les textes plutôt que la pression de la rue. «Faire du tapage ne réglera pas du tout le problème», a-t-elle martelé.

L’administration, assure-t-elle, n’est pas à l’arrêt. Elle continue de recruter, mais en fonction de ses besoins et des profils recherchés. Une précision qui vient directement contredire l’idée d’une intégration automatique des membres du MNVG sur la seule base de leur demande ou d’éventuelles instructions politiques.

Au-delà du cas particulier des manifestants, Laurence Ndong entend ainsi rappeler le principe qui encadre tout recrutement public : disposer d’un poste ne suffit pas ; encore faut-il remplir les conditions d’accès et présenter un profil correspondant aux besoins de l’administration.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    Il n’y a certainement pas de place pour eux a la fonction publique si on veut désormais faire du sérieux. Mais il faut qu’ils trouvent eux-mêmes une solution et que l’état les accompagne. Beaucoup reste a faire dans ce pays pour produire davantage ce que nous consommons et ainsi créer des emplois pour nous mêmes.

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