Arrêté le 21 août 2026 à Oloumi par la Police judiciaire, Zhang Guo Hua, homme d’affaires chinois d’une cinquantaine d’années, se retrouve au cœur d’une affaire aux ramifications internationales. Escroquerie portant sur plusieurs milliards de francs CFA, enlèvement, blanchiment présumé, casino clandestin et sociétés-écrans : derrière ce dossier se dessine un système dont l’ampleur interroge, autant que les conditions dans lesquelles le principal suspect avait pu retrouver sa liberté.

Zhang Guo Hua, homme d’affaires chinois arrêté par la Police judiciaire. Une affaire aux ramifications internationales. (Montage) © GabonReview

 

Incarcéré à la prison centrale de Libreville en octobre 2024, Zhang Guo Hua avait bénéficié, deux mois plus tard, d’une liberté provisoire officiellement justifiée par des raisons de santé. Or, les investigations menées depuis sa nouvelle arrestation auraient mis en doute la réalité de ces motifs médicaux. Une situation qui soulève une question centrale : qui a décidé de sa remise en liberté et sur quelles bases ? Car c’est précisément durant cette période de liberté que l’homme est soupçonné d’avoir commandité, en septembre 2025, l’enlèvement d’un compatriote. Plus troublant encore, un mandat d’arrêt international émis par le parquet de Libreville aurait pesé contre lui pendant près d’un an, sans empêcher sa circulation sur le territoire gabonais.

Au fil de l’enquête, plusieurs ramifications apparaissent. Nestor Ondo, ancien directeur général de l’hôtel Emperea, est détenu depuis fin 2025 et soupçonné d’avoir participé à la préparation du kidnapping. Son frère, Zhang Tian Gao, recherché et installé à l’étranger, est présenté comme intervenant dans des mouvements de capitaux entre le Gabon, les États-Unis et Singapour.

Les enquêteurs s’intéressent notamment à des sociétés présentées comme des structures de transit financier. Au centre de ce dispositif figure également Caravelle International Group, société basée à Singapour, dans laquelle Zhang Guo Hua aurait détenu 67,14 % des actions. La cession pour un dollar symbolique de Penxing Gabon SARL, alors que cette société était évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars et disposait de droits d’exploitation forestière sur 340 000 hectares, constitue l’un des éléments les plus spectaculaires du dossier.

Un casino clandestin à Libreville

À Libreville, les accusations portent également sur l’exploitation d’un casino clandestin dans le quartier Acaes et sur des escroqueries présumées visant plusieurs ressortissants chinois. Trois victimes auraient ainsi perdu plusieurs milliards de francs CFA dans de faux projets d’investissement. Penxing Gabon, pour sa part, n’est plus opérationnelle et ses permis forestiers ont été restitués au domaine forestier de l’État, dans le cadre des mesures correctives engagées par les autorités. Mais au-delà des montages financiers et des activités présumées de Zhang Guo Hua, une autre question devient incontournable : comment un homme présenté aujourd’hui comme aussi dangereux a-t-il pu bénéficier d’une liberté provisoire, puis rester en mesure d’échapper aux recherches pendant plusieurs mois ?

C’est désormais à la justice de répondre à ces interrogations. Si les faits reprochés à Zhang Guo Hua doivent encore être établis définitivement, les conditions de sa remise en liberté méritent, elles aussi, d’être examinées avec la plus grande rigueur. Qui a instruit la demande ? Qui l’a validée ? Les informations disponibles à l’époque étaient-elles suffisantes ? Et surtout, quelqu’un a-t-il fermé les yeux ? Autant de questions qui dépassent le seul cas Zhang Guo Hua.

Car si des complicités ou des protections étaient établies, la responsabilité ne pourrait s’arrêter au principal suspect. L’affaire constitue ainsi un test majeur pour l’État de droit au Gabon : celui de démontrer que les réseaux financiers, les passeports étrangers et les éventuelles protections administratives ou judiciaires ne peuvent placer personne au-dessus de la loi.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    La faute a un état défaillant qui avait livré la population a elle même pour se lover. Au fait pourquoi seul les altogoveens se succèdent a la tête de la SNI. Leur titre foncier comme la DGDI, les sociétés de transport tels que le Sogatra, les Douanes, le trésor et j’en passe?

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