Banques centrales africaines : l’urgence climatique au cœur des décisions monétaires
Les 47ᵉ Réunions annuelles de l’Association des banques centrales africaines (Abaca) se sont tenues du 23 au 28 novembre à Yaoundé, sous le parrainage du président Paul Biya. Les gouverneurs de 40 des 41 banques centrales membres, ainsi que les représentants d’institutions internationales, étaient réunis autour d’un symposium, les 27 et 28 novembre, sur la thématique : «Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des banques centrales». Au terme de ces travaux, le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, et la présidente sortante de l’Abaca, Priscilla Muthoora Thakoor, ont présenté les conclusions de ce conclave.

La présidente sortante et le nouveau président de l’Abca, lors de la conférence de presse conjointe, le 28 novembre 2025, à Yaoundé. © GabonReview
Yaoundé, la capitale camerounaise, a ainsi abrité du 23 au 28 novembre les 47ᵉ Réunions annuelles de l’Association des banques centrales africaines (Abaca), sous la houlette de la BEAC, avec pour objectifs d’examiner les impacts économiques du climat en Afrique, d’adapter les politiques monétaires pour la stabilité financière et de soutenir la transition vers une économie verte. Placés sous le haut patronage du président Paul Biya, les travaux articulés autour du thème «Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des banques centrales» se sont achevés le 28 novembre par des conclusions insistant notamment sur l’intégration monétaire africaine et le renforcement de la résilience des secteurs financiers face aux chocs climatiques.
Urgence pour les banques centrales de prendre en compte les risques climatiques

Vue des officiels à l’ouverture du symposium des gouverneurs des banques centrales africaines, lors des 47e Réunions annuelles de l’Abaca, à Yaoundé. © GabonReview
À l’occasion de la conférence de presse de clôture, la présidente sortante de l’Abaca, Priscilla Muthoora Thakoor, gouverneure de la Banque de Maurice, a présenté les principales conclusions. Elle a évoqué la poursuite de l’intégration monétaire africaine et le renforcement de la résilience des secteurs financiers face aux chocs climatiques. «Les débats ont mis en avant l’urgence pour les banques centrales de prendre en compte les risques climatiques dans la formulation de leur politique monétaire, dans les cadres de supervision et dans les normes prudentielles», a-t-elle expliqué, avant de mentionner les contraintes liées à la faible disponibilité des données climatiques et la nécessité de développer des outils comme les obligations vertes. Le symposium a de ce fait fourni des orientations pour concilier stabilité financière et économie bas carbone.
Parmi les points ayant retenu l’attention figure le premier Rapport africain sur la stabilité financière de 2025. Il recommande des mesures pour des secteurs plus sains, ainsi que des avancées dans la modélisation économique et les tests de résistance bancaire aux chocs climatiques. Les échanges ont également porté sur la mise en œuvre du programme de coopération monétaire, les rapports des groupes de superviseurs bancaires et les collaborations avec les institutions internationales. Priscilla Muthoora Thakoor a conclu en indiquant que «ce symposium a marqué une étape clé dans la réflexion et l’action collective des banques centrales africaines face au changement climatique».
Opérationnalisation de l’Institut monétaire africain
Le gouverneur de la BEAC et nouveau président de l’Abaca pour 2025-2026, Yvon Sana Bangui, a reçu le passage de flambeau lors de ces assises et a exprimé sa gratitude envers Paul Biya pour son parrainage. Le patron de la banque centrale a, pour cela, relevé «l’importance que le président Paul Biya accorde à l’intégration africaine». Sa priorité phare est l’opérationnalisation de l’Institut monétaire africain, institution transitoire chargée d’études économiques, statistiques et juridiques visant à surveiller les critères de convergence macroéconomique. «Je vais me rendre disponible pour conduire un seul projet : l’Institut monétaire africain… pour permettre à ce que suivra la mise en place de la Banque centrale africaine et de l’Union monétaire continentale», a-t-il affirmé, avant d’indiquer que ce projet, vieux de 20 ans, sera lancé en 2026.
En organisant ces 47ᵉ Réunions de l’Abaca, les pays membres souhaitent une forte mobilisation pour une Afrique économiquement souveraine, avec un rôle accru des banques centrales dans la stabilité monétaire, la supervision bancaire et la transformation structurelle. Les travaux du comité technique (23-25 novembre) et du bureau des gouverneurs ont posé les bases d’une coopération renforcée, malgré les complexités liées à la diversité des 41 banques centrales membres de l’Abaca.
















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