Le Rwanda porte la candidature, le Gabon partage l’ambition. Choisi pour représenter le Rwanda dans la course à l’Oscar du meilleur film international, «Ben’Imana» franchit une nouvelle étape après Cannes. Coproduit par la Gabonaise Samantha Biffot, ce premier long-métrage de Marie-Clémentine Dusabejambo donne un nouvel élan à un pari commun : porter un cinéma africain dont les Africains maîtrisent aussi la production.

«Ben’Imana» porte les couleurs du Rwanda dans la course aux Oscars et le savoir-faire gabonais de Samantha Biffot à la production. © advitamdistribution

 

Le Rwanda mise sur le premier long-métrage de Marie-Clémentine Dusabejambo pour entrer dans la course aux Oscars. Dans un communiqué daté du 8 octobre, Alexander, distributeur du film au Royaume-Uni et aux États-Unis, annonce que «Ben’Imana» a été retenu comme candidature officielle du pays au meilleur film international pour la 99e cérémonie des Academy Awards. Selon l’entreprise, jamais le Rwanda n’avait jusque-là présenté de film dans cette catégorie.

La distinction est essentielle : cette désignation nationale ne constitue pas encore une nomination aux Oscars. Elle ouvre une nouvelle étape pour une œuvre dont le parcours international associe étroitement le Gabon, à travers Samantha Biffot et sa société Princess M Productions.

Une candidature rwandaise, une construction partagée

En avril dernier, GabonReview soulignait déjà la singularité du montage de «Ben’Imana» : plus de 80 % de son financement avaient été réunis par les productrices africaines, rwandaise et gabonaise, avant les compléments européens. Samantha Biffot, coproductrice déléguée, résumait alors la portée de cette architecture : «Cela change le récit».

Alexander, le distributeur en zone anglo-saxonne, confirme cette répartition : le Rwanda et le Gabon sont les coproducteurs majoritaires, aux côtés de partenaires minoritaires français, norvégiens et ivoiriens. Entièrement tourné au Rwanda, avec une équipe principalement rwandaise, le film inscrit ainsi la participation gabonaise au cœur de sa production.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la présence d’un nom au générique. La trajectoire du film donne une visibilité internationale à une société gabonaise engagée dans la construction et le financement d’une œuvre africaine. Le Rwanda porte la candidature ; le travail de production, lui, se partage.

De Cannes aux salles britanniques et américaines

Alexander rappelle que, «Ben’Imana», présenté à ‘Un Certain Regard’ au Festival de Cannes 2026, y a remporté la Caméra d’or, qui récompense un premier long-métrage, ainsi que le prix FIPRESCI. Après sa première nord-américaine au Festival de Toronto, sa présentation britannique est annoncée ce mois-ci au BFI London Film Festival.

Le distributeur fixe désormais sa sortie en salles au Royaume-Uni au 19 février 2027, puis aux États-Unis en mars. Les ventes internationales sont assurées par mk2.

Porté notamment par Isabelle Kabano, le récit se déroule en 2012, dix-huit ans après le génocide contre les Tutsi. Vénéranda accompagne les survivants et les familles des responsables dans un difficile travail de dialogue. Mais lorsque l’avenir de sa propre fille se trouve pris dans les blessures du passé, celle qui aide les autres à parler doit trouver ses propres mots.

À travers trois générations de femmes, «Ben’Imana» explore le silence transmis, la mémoire et les limites du pardon. C’est cette histoire, née au Rwanda et coproduite avec le Gabon, qui cherche désormais sa place aux Oscars.

 
GR
 

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