Bilie-By-Nze écroué : l’ancien Premier ministre dormira en prison
De la tribune médiatique à la cellule. Quarante-huit heures après son interpellation devant son domicile, Alain-Claude Bilie-By-Nze a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi soir. L’ancien Premier ministre, poursuivi pour escroquerie et abus de confiance, passera donc la nuit derrière les barreaux. Une affaire de 5 millions de francs CFA vieille de dix-huit ans qui prend une tournure carcérale. Tous les détails, et un peu plus sur l’origine des 5 millions.

De la tribune médiatique à la cellule. L’opposant qui dénonçait des menaces d’emprisonnement dort ce soir en prison. © D.R.
Le couperet est tombé. Alain-Claude Bilie-By-Nze a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 16 avril 2026 au soir, à l’issue de sa présentation devant le juge d’instruction du Tribunal de première instance de Libreville. L’ancien Premier ministre, poursuivi pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance, passera donc les prochaines nuits à «Sans-Famille», la maison d’arrêt de Libreville. Une issue que l’intéressé semblait redouter depuis des semaines.
Il a été conduit au tribunal aux environs de 20 heures sans être assisté de ses avocats au début. Alertés tardivement, ses avocats ne sont arrivés au palais de justice qu’une heure après le début de l’audience. Ainsi, Bilie-By-Nze a dû affronter seul la première heure de sa présentation au magistrat instructeur. Au final, l’ancien chef du gouvernement n’aura pas bénéficié d’une mise en liberté sous contrôle judiciaire. Le magistrat instructeur a opté pour la mesure la plus coercitive : l’incarcération préventive.
L’origine des 5 millions et la question épineuse de la prescription
Dix-huit ans après les faits, comment cette affaire peut-elle encore prospérer devant les tribunaux ? Selon des informations concordantes, la plaignante affirmerait avoir relancé verbalement Alain-Claude Bilie-By-Nze il y a environ un an au sujet de sa créance. Une démarche qui, si elle est avérée, aurait eu pour effet d’interrompre le délai de prescription et de rouvrir la voie à des poursuites judiciaires. Une version que les conseils de l’ancien Premier ministre n’ont pas manqué de contester. Me Moumbembe s’est déclaré «dégouté», au sortir du tribunal.
Mais c’est surtout l’origine même de ces 5 millions de francs CFA qui mérite d’être éclaircie. Selon des proches du dossier et des avocats, les fonds du Trésor public tardant à être débloqués à l’époque, des militants du Rassemblement National des Bûcherons (RNB), le parti de Paul Mba Abessole alors vice-Premier ministre chargé de la Culture, avaient décidé de cotiser pour lancer les opérations. Ces «fanatiques», comme les décrivaient alors certaines sources, étaient convaincus d’être remboursés une fois les caisses de l’État ouvertes. La dame aurait ainsi contribué à hauteur de 5 millions de francs CFA. Bilie-By-Nze lui-même aurait versé 3 millions de sa poche.
Quand le Trésor n’a finalement jamais procédé aux remboursements, la plaignante s’est retournée contre celui qui incarnait l’organisation : le président du comité d’organisation. Ce dernier l’aurait alors rassurée, lui promettant qu’elle rentrerait dans ses fonds. Une promesse jamais honorée qui, dix-huit ans plus tard, conduit l’ancien Premier ministre derrière les barreaux. Reste à déterminer si cette responsabilité personnelle est juridiquement fondée ou si elle relève d’un engagement moral que le droit pénal ne saurait sanctionner.
L’opposant réduit au silence
Cette incarcération survient quelques semaines seulement après les sorties médiatiques de l’ancien Premier ministre sur des plateaux de télévisions internationales, où il dénonçait des pressions quotidiennes et des menaces d’emprisonnement liées à ses positions critiques envers le régime. Prophétie autoréalisatrice ou instrumentalisation judiciaire ? Dans son entourage, on persiste à voir dans cette vieille affaire un prétexte commode pour neutraliser une voix discordante.
L’ancien Premier ministre devra désormais préparer sa défense depuis sa cellule. Ses avocats devraient sans doute réagir dans les tout prochains jours.













4 Commentaires
Le bateau prend l’eau, et pour sauver la façade, on cherche des coupables.
Bienvenue au « Bongo Land », où critiquer dérange et où l’opposition est priée de se taire.
Comment en est‑on arrivé là ? Comment passe‑t‑on de 94 % de suffrages à un chaos politique ? Qui peut encore croire que nous vivons dans un État de droit ?
La suite est écrite d’avance, et tout le monde le sait.
Le feuilleton gabonais ne fait que commencer.
Quand un régime est aux abois, il adopte tous les moyens de la dictature: suspension des réseaux sociaux, modification des lois sans aucune forme de concertation, emprisonnement des voix discordantes.
Je dis à tous ceux qui travaillent avec ce pouvoir que votre silence vaut caution, vous êtes aussi coupables: NDONG OBIANG, CHAMBIER, et tous les autres.
Ce régime est pire que ce que nous avons connu ces 30 dernières années.
ACBBN est acteur politique de première classe, ses idées traversent les frontières. Vous ne pouvez pas le faire taire, au contraire il est devenu de plus en plus populaire.
Ce qui est sûr ce que tous les TYRANTS AFRICAINS TERMINENT TJRS MAL. Comment Kadafi a fini,sa famille, amis,et proches, Comment Mubutu a fini sa vie,sa famille, ses proches.
Cela ne m’étonne pas. Personnellement j’ai eu l’occasion de bien connaitre un ancien Haut Représentant du Gabon en France, en poste à Paris,(je dits était car il ‘est plus de ce monde); ce triste personnage était passé Maitre dans l’art de détournement de fonds, ce prenant pour un Roi, se la pétait plus haut que son c…, était passé Maitre de la mythomanie. Cela s’était passé sous la présidence d’O.B.O. Je n’ai pas cité son nom et ne le citerai pas a mesure de respect pour sa famille car elle n’est pas et n’a pas été responsable de ces dérives malgré qu’elle a, peut-être, profité de cette situation.