Soucieux de mieux démontrer l’impact des ressources mobilisées pour la conservation de la nature, le Fonds de préservation de la biodiversité du Gabon (FPBG) a réuni, ce mercredi 26 août à Libreville, administrations publiques, partenaires techniques, organisations de la société civile et communautés autour de la restitution de son cadre de suivi-évaluation. Un outil appelé à renforcer la transparence dans la gestion des financements et à mesurer plus précisément les résultats obtenus sur le terrain.

La directrice générale du FPBG, Yasmine Tchoua, ouvrant les travaux, le 26 août 2026. © GabonReview

 

Le Gabon veut désormais savoir non seulement combien il investit dans la préservation de son patrimoine naturel, mais surtout quels changements ces investissements produisent concrètement sur les écosystèmes et les populations. C’est tout l’enjeu de l’atelier de restitution du cadre de suivi-évaluation organisé par le Fonds de préservation de la biodiversité du Gabon (FPBG), ce mercredi 26 août à Libreville.

Alors que les pressions exercées sur les écosystèmes terrestres, marins et d’eau douce s’intensifient, le FPBG entend progresser dans le pilotage de ses interventions. Réunis autour de la restitution du cadre de suivi-évaluation, représentants des administrations publiques, partenaires techniques, société civile, communautés, coopératives, secteur privé et monde académique ont été invités à apporter leurs observations afin de consolider un dispositif adapté aux réalités du terrain.

Pour la directrice générale du FPBG, Yasmine Tchoua, la préservation de la biodiversité gabonaise ne peut relever d’un seul acteur. Elle nécessite une mobilisation collective associant pouvoirs publics, partenaires techniques et financiers, scientifiques, acteurs privés et surtout les communautés directement concernées. Dans ce contexte, le Fonds entend s’appuyer sur des mécanismes de financement durables et transparents, capables de démontrer les résultats obtenus. «Mobiliser des financements ne suffit pas», a-t-elle rappelé, soulignant la nécessité de pouvoir mesurer les changements produits, les écosystèmes concernés, les populations bénéficiaires ainsi que l’efficacité et la durabilité des actions engagées.

Mieux rendre compte de l’utilisation des ressources

Le nouveau cadre doit ainsi dépasser la simple logique administrative. Il est appelé à devenir un véritable outil de pilotage permettant de suivre les progrès, d’identifier les risques, d’améliorer les interventions, de mieux rendre compte de l’utilisation des ressources et de tirer les enseignements des projets financés. La démarche repose notamment sur un cadre organisationnel intégré couvrant les processus internes, l’allocation et le suivi des subventions, la qualité des données, les évaluations, les tableaux de bord et l’apprentissage institutionnel.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie protocolaire. © GabonReview

Une attention particulière est également accordée aux «Obligations bleues», mécanisme appelé à soutenir la conservation marine et littorale, la gestion durable des ressources halieutiques, la planification de l’espace marin et le développement d’une économie bleue responsable. Le dispositif prévoit à ce titre une métrique spécifique destinée à mesurer de manière cohérente les résultats associés à ces financements et à apprécier leur contribution aux objectifs de conservation.

L’un des enjeux majeurs reste par ailleurs l’harmonisation de la mesure des résultats. Le cadre doit permettre aux différents acteurs de disposer de références communes en matière d’indicateurs, de collecte et de vérification des données. Il précise également les responsabilités de chacun dans la collecte, l’analyse et la remontée des informations, afin d’améliorer leur qualité et leur fiabilité.

Mais le FPBG veut éviter que ce système ne devienne une charge supplémentaire pour les acteurs de terrain. Les communautés, coopératives et porteurs de projets doivent être considérés comme des partenaires de la connaissance et de l’action, et non comme de simples fournisseurs de données. Leurs expériences, leurs savoirs, leurs contraintes et leur perception des changements devront être intégrés au dispositif pour garantir des interventions inclusives et réellement utiles aux territoires.

Formuler des propositions opérationnelles

La restitution organisée ce mercredi constitue ainsi une étape de concertation avant la finalisation du dispositif. Les parties prenantes ont été appelées à confronter le cadre proposé aux réalités du terrain et à formuler des propositions opérationnelles. Pour le FPBG, l’objectif est d’installer une culture où l’identification des difficultés permet avant tout de corriger, d’apprendre et d’améliorer l’action. «La redevabilité et l’apprentissage ne s’opposent pas : ils se renforcent mutuellement», a insisté Yasmine Tchoua.

À travers ce cadre de suivi-évaluation, le FPBG veut donc passer d’une logique centrée sur les financements mobilisés à une logique davantage orientée vers les résultats et leur impact. Une évolution qui doit permettre de disposer de données fiables, vérifiables et partagées pour démontrer, de manière concrète, la contribution des financements à la préservation de la biodiversité gabonaise.

 
GR
 

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