Black-out d’Owendo : où sont passées les compensations promises par le gouvernement ?
Après le gigantesque black-out provoqué par l’explosion du poste 20 kV de la centrale thermique d’Owendo, qui a plongé une partie du Grand Libreville dans le noir pendant plusieurs jours, les mesures compensatoires annoncées par le gouvernement tardent toujours à se concrétiser. Entre attentes des populations et silence des autorités, la question du respect des engagements publics est désormais posée.

Entrée de la commune d’Owendo. © D.R.
Le 26 mai 2026, alors que plusieurs ménages subissaient encore les conséquences de l’explosion survenue au poste 20 kV de la centrale thermique d’Owendo, le gouvernement avait annoncé une série de mesures destinées à atténuer les préjudices causés par près de quatre jours de coupures d’électricité. Il avait notamment promis des compensations sur les factures de consommation électrique des abonnés affectés, ainsi que le déploiement d’équipes chargées d’évaluer les pertes enregistrées par les ménages et les opérateurs économiques.
Dans cette dynamique, le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, avait indiqué que ces mesures pourraient concerner entre 70 000 et 100 000 abonnés. «Les dispositions sont prises pour que les 70 000 à 100 000 clients de la SEEG puissent bénéficier de contributions sur leurs tickets de consommation». Il avait également annoncé un travail d’inventaire qui devait être conduit quartier par quartier afin d’évaluer les dommages subis par les populations.
Pourtant, du 26 mai au 10 juin, après ces annonces, aucune mise en œuvre concrète n’a été officiellement constatée. Si le retour progressif de l’électricité à Owendo et dans plusieurs quartiers du Grand Libreville laisse entrevoir une sortie de crise, les populations continuent de s’interroger sur le sort réservé aux compensations promises.
Pas un semblant de concrétisation du dispositif de compensation
À ce jour, aucune communication officielle n’est venue préciser le calendrier d’exécution de ces mesures. Aucune réduction généralisée n’a encore été observée sur les factures des usagers concernés et les équipes annoncées pour procéder à l’évaluation des préjudices restent peu visibles sur le terrain. Une situation qui nourrit l’incompréhension et la frustration de nombreux habitants, lesquels avaient accueilli favorablement les engagements pris par les autorités.
Toutefois, c’est la question de la crédibilité de la parole publique qui se trouve aujourd’hui au centre des interrogations. Dans la gestion des crises, les annonces gouvernementales visent souvent à rassurer les populations et à désamorcer les tensions sociales. Encore faut-il qu’elles soient suivies d’effets concrets ou, à défaut, d’une communication régulière sur leur état d’avancement.
En l’absence d’informations officielles, les spéculations prennent le relais. Les usagers ignorent si les compensations sont toujours en préparation, si leur mise en œuvre a été retardée ou si les modalités initialement annoncées ont été revues. Dans un contexte où les délestages demeurent une préoccupation récurrente pour les habitants du Grand Libreville, ce silence interroge.
Pour les populations concernées, l’heure n’est plus aux promesses, mais aux actes. Car au-delà de la réparation des préjudices matériels, c’est la confiance entre les citoyens et les pouvoirs publics qui se joue désormais.
Thécia Nyomba













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