Le nouveau gouvernement a été annoncé le 2 octobre dernier. Depuis leur prise de fonction, les nouveaux venus s’attellent à la formation de leur cabinet. Chaque ministre disposant soit de 32 membres de cabinet pour les ministres titulaires, soit de 21 membres pour les ministres délégués, chacun d’eux est en train de voir qui sont les «cadres du village» qui vont le rejoindre. Très peu semblent avoir «une haute idée du Gabon» !

Le gouvernement Issozet dont les membres peaufinent actuellement la composition de leurs cabinets ministériels. © Gabonreview

Le gouvernement Issozet dont les membres peaufinent actuellement la composition de leurs cabinets ministériels. © Gabonreview

 

Quelle coloration auront les cabinets ministériels du gouvernement Issozet dont les membres peaufinent actuellement la composition ? Auront-ils une coloration républicaine, régionale, ethnique ou tribale? Plusieurs indicateurs laissent penser que ces cabinets seront tout sauf républicains, malgré la recommandation du chef de l’Etat.

«Le chef de l’Etat nous a demandé de nous ouvrir aux autres ; il nous a recommandé d’avoir des cabinets ouverts, ce qui veut dire que nous ne devons pas travailler qu’avec nos parents, mais avec les élections législatives qui arrivent en décembre, comment pouvons-nous ne pas nous entourer en priorité de nos parents ? Qui va nous faire gagner les élections ?», s’interroge un membre du gouvernement qui tient à obtenir l’investiture de son parti pour les prochaines élections législatives.

Happés par l’incertitude d’une victoire aux législatives de décembre, nombre de ces nouveaux ministres reçoivent beaucoup en ce moment, notamment chez eux pendant les week-ends. On leur conseille d’avoir dans leur entourage professionnel et politique des ressortissants des villages les plus représentatifs du canton. On leur recommande de ne pas oublier que le chef de cabinet, les chargés de mission, doivent être du village, et que le directeur de cabinet peut être du canton, du département, sans être nécessairement de la même ethnie.

Par ailleurs, pour «sanctuariser» le poste, on leur conseille vivement de nommer au poste de secrétaire particulière une tante ou une sœur de confiance. Ce qui est plus étonnant, ces conseils ethnocentristes sont prodigués par les «doyens politiques». Lorsqu’ils sont consultés à ce sujet, affirme un membre du gouvernement, ils suggèrent aussi que la grosse part de postes à pourvoir revienne aux natifs de la localité dont est issu le ministre.

«Le ministre que j’ai remplacé m’a proposé de prendre un des siens au protocole, mais je ne peux donner suite à sa requête, parce que le «doyen» de ma localité m’a conseillé de prendre quelqu’un du village du grand chef de chez nous», confie un nouveau membre du gouvernement, qui ajoute : «Il m’a dit que si je veux me porter candidat aux législatives, il me faut des gens qui sont respectés au village». Et il se trouve que le grand chef du village est respecté et écouté.

On leur demande, on leur conseille, on leur suggère tant et tant de choses afin qu’au final sur les trente-deux postes de membres du cabinet, les trois-quarts de ces postes soient réservés à «nous-mêmes, nous-mêmes».

Pourtant, dès son arrivée au pouvoir Ali Bongo avait de déraciner la fameuse «géopolitique» qui avait érigé le tribalisme et le régionalisme comme ascenseur social, laquelle avait fini par anesthésier toute méritocratie. Peine perdue, le tribalisme et le régionalisme sont encore bien enracinés. Mais aujourd’hui, il n’y a pas que ça. Il y a aussi ce que les nouveaux venus appellent le clin d’œil. «Pour remercier le président de la République et le Premier ministre qui m’ont nommé, je dois prendre dans mon Cabinet un conseiller Téké et un conseiller Kota», révèle un autre nouveau membre du gouvernement à qui on a dit que le clin d’œil est en mesure de lui assurer un long bail au gouvernement.

Dans quelques semaines, la composition des premiers cabinets ministériels va être connue. On mesurera l’ampleur du tribalisme mais aussi son impact sur la capacité de ces cabinets à concevoir des politiques publiques capables de promouvoir le développement du pays.

 

 
 

16 Commentaires

  1. SEMA dit :

    Vous avez toujours des doutes?

  2. Rhody Junior dit :

    Tant que le PDG gère cet état (oui avec petit e) les chose choses se passeront ainsi… Ils ne savent pas bien faire… Ils savent juste couvrir leurs arrières. Le PDG est la bête à abattre avec son Chef… Et on pourra s’attaquer aux pratiques qu’ils ont inculqué au pays et les éradiquer.

  3. KOUMATSENGUE dit :

    Je suis très écœuré de lire de telles débilités. Franchement où votre égalité de chances dans tout ça? Dans ce pays on est habitué à promouvoir les médiocres au détriment des méritants.

  4. Maak dit :

    Pourquoi ne pas voter une loi qui limite à moins de 50% un groupe ethnique ou des ressortissants d une même province dans un cabinet ministériel ? Au Gabon on a juste pas envie de lutter contre ces fléaux .

  5. MOUKOMBO dit :

    Vous avez de l’argent pour payer tous ces bouffes cadeaux que vous allez nommer ici et là?

  6. Airborne dit :

    Eh oui, on donnera raison à Alfred Nguia Banda qui avait ecrit le livre la ”Republique au village”. On chasse le naturelil revient au galot, avec les cabinets ministeriels de famille, ainsi va le gabon.

  7. COMPRENDRE dit :

    Mon Dieu le Gabon recule au lieu d’avancer, avec ce genre de pratique. La motivation étant la conservation des acquis et non le developpement du pays, je vous assure que rien de bon ne sortira de gouvernement. Le systeme Bongo PDG est vraiment le mal du developpement du Gabon.

  8. Objectif man dit :

    Gabon Review, depuis un moment vous interrogez toujours des personnes en gardant l’anonymat(des ministres, des députés,…). Je m’interroge sur la véracité de vos propos des fois, est ce que ces personnes ne sont pas ne représentent pas ce que vous pensez vous même ou du moins votre propre opinion?

  9. Objectif man dit :

    Des personnes qui réagissent par passion vont m’insulter surement mais celles qui ont leurs raisons vont m’accorder un peu de crédit et conviendront avec moi qu’il y a matière a se poser des questions.

  10. Le Juste dit :

    comme quoi c’est tout un système qu’il faut combattre.

  11. Le neutre dit :

    Si je dis quelque chose de neutre,Gabonreview va supprimer mon avis,par contre si je dis quelque-chose de mal sur les le pays alors là il va publier mon avis.mais pourtant là vs aussi vs aviser comme le PDG,pourkoi alors vs vs plaigner lorsque le PDG fait la même chose. N’importe koi.

  12. Le neutre dit :

    Je comprends pourkoi il n’y que des avis négatif sur votre page,pour donner l’impression que tous les gabonais sont partisans de la haine meurtrière, alors qu’il en a qui on des avis modérés mais dont vs supprimer. Roi qui li cela avant de supprimer, sache que tu fais la même chose que le PDG,vs étés tous le tabac de la même pip.

  13. Samuel dit :

    #LA RÉPUBLIQUE AU VILLAGE# à encore de beaux jours au Gabon. Le PM à été fêté à Makokou, un doyen comme François Owono Nguema fait des sorties pour vanter SA Ministre d’Oyem, une pleine page dans l’Union pour remercier BOA d’avoir nommé leurs fils Gouverneur…. SI c’est avec de tels comportements qu’on veut devenir un pays émergent. MON OEIL !!!

  14. Jean - jacques dit :

    Primiement les citoyens d’origines des provinces qui ont voté le Pdt ali le reste on verra .les myenés doivent être les moins representés.dans ntre administrations pendant les 07ans.

    • LePatriote dit :

      Jean jaques attention a ce genre de propos qui ne grandissent pas notre nation; les bases ethniques, régionales, tribalismes… ne doivent pas être les règles de gestion de ce pays. le RUANDA en a fait les frais. Nous devons dépasser ces considérations pour toujours promouvoir la diversité.
      Sauf que celui qui a écrit cet article n’a mené aucune enquête et n’a rien observé du tout dans le nouveau système c’est encore des commérages de bas quartier qui sont présentés ici; je parierait même que ce sont des gens qui se sont vu refuser des postes qui vomissent ici ces calomnies. au Gabon on sait très bien que celui qui crie partout est toujours celui qui en veut à l’autre. comme cet ancien article de Gabon-review qui clamait que c est pas un gouvernement d’ouverture simplement parce que des gens espérait entendre leurs noms dans ce groupe. alors Gabon-review félicitation pour votre acharnement dans la désinformation. mais sachez que vous n’aurez rien.

  15. LePatriote dit :

    Jean jaques attention a ce genre de propos qui ne grandissent pas notre nation; les bases ethniques, régionales, tribalismes… ne doivent pas être les règles de gestion de ce pays. le RUANDA en a fait les frais. Nous devons dépasser ces considérations pour toujours promouvoir la diversité.
    Sauf que celui qui a écrit cet article n’a mené aucune enquête et n’a rien observé du tout dans le nouveau système c’est encore des commérages de bas quartier qui sont présentés ici; je parierait même que ce sont des gens qui se sont vu refuser des postes qui vomissent ici ces calomnies. au Gabon on sait très bien que celui qui crie partout est toujours celui qui en veut à l’autre. comme cet ancien article de Gabon-review qui clamait que c est pas un gouvernement d’ouverture simplement parce que des gens espérait entendre leurs noms dans ce groupe. alors Gabon-review félicitation pour votre acharnement dans la désinformation. mais sachez que vous n’aurez rien.

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