Afin d’honorer la femme, le Gabon a opté pour une célébration jumelée des journées internationale et nationale de la femme. Les festivités ont été lancées, le 16 avril à Libreville, par le Premier ministre. Le 17 avril, sous le patronage de Sylvia Bongo Ondimba, une marche est envisagée dans la capitale contre les violences faites aux femmes.

Les officiels, dont le Premier ministre (au milieu), lors du lancement de la célébration jumelée des journées internationale et nationale de la femme, le 16 avril 2019, à Libreville. © Primature-Gabon

 

Les festivités de la célébration des journées internationale et nationale de la femme ont été lancées ce 16 avril par le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale.

Le Premier ministre y voit une consécration de la prise en compte de l’approche genre dans l’élaboration des politiques publiques du Gabon. La vocation de cette célébration est de promouvoir les droits socio-économiques des femmes. Placées sous le thème principal, “Les violences faites aux femmes”, ces festivités, à travers chacun de leurs actes, visent à mettre en relief «les causes profondes qui entravent l’évolution de celles-ci dans tous les domaines de la vie sociale, économique et politique» a indiqué Estelle Ondo, ministre en charge de la Promotion de la femme et du genre.

Au Gabon, note-t-elle, «les femmes et les filles n’ont pas encore accédé à l’égalité à laquelle elles aspirent». Quelques entraves fragilisent la promotion des droits des femmes au Gabon. Sur le plan juridique, a indiqué le coordonnateur résident des Nations unies, Stephen Jackson, il s’agit de «l’accès à la justice pour les femmes, l’application des lois et le manque de formation du personnel judiciaire sur les instruments juridiques internationaux et les nouvelles dispositions législatives nationales à l’égard des droits de la femme».

Moment de la cérémonie de lancement à l’immeuble Arambo. © Primature-Gabon

L’autonomisation de la femme est une chimère entretenue par l’absence d’une politique de l’emploi sensible au genre, à la prise en compte du genre dans les programmes et projets. L’absence de formation pour encourager les capacités des femmes dans le domaine du leadership et la création d’entreprise engraisse également cette chimère. Ces entraves fragilisent ainsi l’égalité des chances.

Stephen Jackson a relevé également la modicité des subventions de l’Etat aux structures sanitaires, laquelle génère de fléaux sociaux. Il en veut pour preuve la forte prévalence des grossesses précoces en milieu scolaire. «81% des filles contractent leur première grossesse avant l’âge de 20 ans, la méconnaissance par les femmes des valeurs culturelles et traditionnelles et la perte de l’identité culturelle». Par ailleurs, estime-il, «les difficultés d’accès des femmes et des filles à la contraception et les ruptures parfois de stocks en préservatif, dans un contexte où la prévalence du VIH Sida est 6 fois plus élevé chez les filles de 16 à 35 ans que chez les garçons», une paresse d’investissement met en danger les femmes.

Selon lui, le système des Nations unies est déterminé à appuyer le Gabon dans la poursuite de trois grands axes prioritaires : promouvoir l’autonomisation des femmes gabonaises, accroître la participation et la représentation des femmes gabonaises dans la vie politique du pays en adéquation avec la résolution 13/25 du Conseil de sécurité des Nations unies, combattre la violence faite aux femmes et lutter contre toute autre forme d’inégalité et d’injustice à l’égard des femmes.

 
 

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