Se disant en danger, plusieurs PME gabonaises exerçant essentiellement dans le domaine de la récupération du bois au sol n’approuvent pas le projet gouvernemental visant à interdire définitivement l’exploitation du Kevazingo, pourtant au cœur des scandales depuis quelques mois du fait notamment de son exportation illégale vers la Chine.

L’exploitation du Kevazingo pourrait bientôt être interdite définitivement au Gabon. (Photo d’illustration). © algomtl.com

 

Annoncée récemment au terme d’une réunion interministérielle, la probable interdiction définitive de l’exploitation de trois essences forestières, dont le Kevazingo, est mal reçue par les petites et moyennes entreprises nationales exerçant dans la récupération du bois au sol. Réunies au sein de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et industries (CGPMEI), certaines n’hésitent plus à dire tout le mal qu’elles pensent de ce projet qu’elles jugent «dangereux», y compris pour leur vie au quotidien.

«Nous nous opposons à l’arrêt définitif de l’exploitation du Kevazingo et nous tenons à exprimer un certain nombre de préoccupations : Que deviennent nos investissements et ceux de nos partenaires, et pourquoi le ministère [des Forêts et de l’Environnement] ferme-t-il les yeux sur les difficultés que nous connaissons depuis l’interruption de nos activités ? Aujourd’hui, c’est le Kevazingo qui cause problème, hier c’était le Moabi, demain ce sera qu’elle essence qui connaîtra le même sort ? À quand finalement l’arrêt définitif de l’exploitation forestière au Gabon avec, en prime, l’expulsion anticipée des nationaux dans le secteur ?»

Pour les petits exploitants forestiers de la CGPMEI, le projet porté par Guy-Betrand Mapangou ne tient pas compte des réalités qu’ils vivent depuis l’arrêt de leur activité à la suite d’un litige avec leur ancien partenaire Gabon Special Economic Zone (GSEZ) ayant décidé de suspendre le contrat d’acquisition du bois récupéré qui les liait depuis avril 2018.

«Nous les compatriotes du ministre d’État en charge des Forêts, sommes condamnés à la mendicité depuis trois mois pour nourrir nos familles. Nos enfants ne vont plus à l’école, nous sommes expulsés de nos maisons comme des malpropres. Pendant ce temps, l’administration des Eaux et Forêts nous doit des bois que nous avons déjà payés. Ces bois sont en train de se gaspiller dans les parcs. Nos engins sont immobilisés sans aucune ressource pour les déplacer», regrette la confédération, qui doute que ce soit les seuls scandales enregistrés depuis quelques mois qui ternissent l’image du Gabon à l’extérieur, comme l’a soutenu Guy-Betrand Mapangou lors de la récente réunion interministérielle.

Pour la CGPMEI, ce sont plutôt «les conséquences de certaines pratiques administratives douteuses qui ternissent l’image de notre pays à l’international et créent l’insécurité économique nationale». En effet, la confédération estime que «la survenue des différents scandales dans l’exploitation du Kevazingo ces dernières semaines est la conséquence des mesures brusques, violentes et sans concertation prises en mars 2018, à travers le décret 99. Celui-ci interdit notamment sans mesure d’accompagnement l’exportation du Kevazingo. C’est cette manière de faire qui ternit l’image du Gabon. Sinon, comment concevoir que les ressortissants d’une des économies les plus puissantes au monde, en l’occurrence la Chine, investissent leur argent dans notre pays dans un secteur d’activités avec des commandes fermes à l’international, et que du jour au lendemain, ils ne soient plus capables d’honorer leurs engagements ?»

Appelant le ministère des Forêts et de l’Environnement à se conformer à la volonté du Premier ministre pour apaiser le climat social, la CGPMEI souhaite la tenue d’«un dialogue franc avec toutes les forces vives de la Nation». Elle regrette, en effet, qu’«au ministère des Forêts et de l’Environnement il n’existe pas un cadre d’échange avec les partenaires économiques pour débattre des questions brûlantes».

 
 

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