Sorti de prison il y a à peine trois mois, après une incarcération de 27 mois, ”pour détournement de fonds”, l’ancien directeur général de la Marine marchande serait pressenti pour devenir le prochain patron de la Société nationale des bois du Gabon, une entreprise en restructuration depuis fin-2017. Si cette information venait à se confirmer, elle choquerait sans aucun doute une opinion à qui les pouvoirs publics ont promis encore récemment la moralisation des mœurs et des pratiques et une gestion rigoureuse de l’argent public. 

En cours de restructuration, la SNBG pourrait échoir à quelqu’un libéré le 29 juin dernier après avoir été incarcéré pour détournement de deniers publics. © Gabonreview

 

Elle court, elle court, la rumeur… Depuis un mois, pas un jour sans que l’on parle de la ”résurrection” prochaine de l’ancien directeur général de la Marine marchande. En fait, c’est la dernière information qui circule dans les couloirs du ministère des Eaux et Forêts : Léon Ndong Nteme serait annoncé comme le futur patron de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG). Information à prendre au sérieux ou à mettre sur le compte des fake news qui courent les rues ou figurent sur quelques lignes racoleuses sur les réseaux sociaux à chaque fin d’année ? Nul ne le sait vraiment.

Impunité zéro ou laxisme quant aux détourneurs de deniers publics ?

Si cette rumeur devait trouver quelque fondement, et que l’information était donc vraie, elles ne manqueraient pas de choquer l’opinion. Une opinion qui souhaite une amélioration continue de la (bonne) gouvernance, fortement annoncée mais mise en œuvre avec peu d’entrain. En réalité, alors que les pouvoirs publics mettent en exergue leur volonté de lutter contre l’enrichissement illicite et sans cause, ils se dédiraient s’ils venaient à faire la promotion, à ce niveau de responsabilité, de quelqu’un qui sort à peine de prison pour des faits de corruption et d’enrichissement illicite. Un emprisonnement ayant tout de même duré plus de deux ans ! Dans d’autres pays, sous d’autres sphères, des personnages cités dans des scandales financiers divers attendraient quelques années avant d’être appelés à assumer de nouveau des fonctions exécutives. On leur demanderait de « se faire un peu oublier », pour se faire d’abord pardonner par la société.

Promotion de la Bonne gouvernance ou permanence des pratiques d’antan ? 

A quoi servirait-il de créer un ministère de la Promotion de la Bonne gouvernance et de la Lutte contre la Corruption si les pratiques d’antan, en premier lieu l’impunité et la non-reddition des comptes, devaient se poursuivre comme en l’an 40 ? Pourquoi faire croire à l’opinion que les pouvoirs publics attachent une importance particulière à l’éradication de la corruption si les ”corrompus” sont promus au moment où de hauts fonctionnaires attachés à l’éthique et à l’orthodoxie sont ”sans emploi”, sans bureau, sans responsabilité ?

Le choix de l’assainissement des finances publiques conjugué à la mise en œuvre de la moralisation des pratiques ne peut prospérer que si l’impunité zéro est mise en branle.

 
 

5 Commentaires

  1. MOUKOUANGUY dit :

    Gabonreview, vous parler d’une entreprise qui n’existe plus.

  2. Brice NGANGA MISSOUMA dit :

    Ce serait effectivement un scandale ! Un voleur d’argent public emprisonné pendant de longs mois nommé quoi ? DG de la SNBG ? Non, non, non ! Que son ami Lee White fasse attention s’il veut nommer Ndong Nteme Jean-Léon ! Nous allons nous y opposer.

  3. Brice NGANGA MISSOUMA dit :

    Non aux personnages qui sentent le soufre, non aux personnages sulfureux à des postes de gestion financière ! Plus jamais ça ! Le Gabon a des cadres honnêtes. Pensons à eux. Responsabilisons-les.

  4. Christian MINKO dit :

    Selon un numéro de Jeune Afrique de mars 2018, Leon Ndong Nteme est accusé de détournements et de complicité de détournements de deniers publics. Arrogant et méprisant, aimant excessivement l’argent, Ndong Nteme va se donner les moyens de rattraper le temps perdu (27 mois d’incarcération) en tapant sur la caisse de la SNBG. Je vois ça d’ici. Pauvre Gabon. Pauvre Nkéa. Un voleur sera bientôt recyclé.

  5. Ndiminalé Marcelina dit :

    Gabonreview vous vous trompez, ça ne serait pas plutôt la CNAMGS qu’on veut confier à ce repris de justice?

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