Plombée par de sérieuses difficultés obérant son fonctionnement, l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) a décidé, le 10 juillet, de mettre en chômage technique environ 50% de ses effectifs, pour une durée de trois mois. Les 105 agents concernés par ce congé technique percevront cependant une «indemnité» en guise de rémunération.

L’ANGTI va mettre en chômage technique la moitié de ses effectifs. © Capture d’écran / Gabonreview

 

La sérénité semble avoir pris la poudre d’escampette à l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI). La direction générale vient de prendre une décision qui fera certainement grincer des dents. Dans une note de service datée 10 juillet, le directeur général de cette administration en charge de la réalisation des grands travaux de l’État, a décidé de mettre 50% des effectifs en chômage technique.

«Une partie du personnel sans distinction de catégorie socioprofessionnelle, de fonction de direction d’affectation, sera mis en congé technique pour une durée de trois mois, éventuellement renouvelable en fonction de l’évolution de la situation», a annoncé Bogdan Sgarcitu. Cette décision s’appliquera «immédiatement après la réception de l’avis de l’inspection du travail», assure ce dernier.

Dans la note, le patron de l’ANGTI justifie en effet sa décision par plusieurs facteurs. Il s’agit notamment des difficultés économiques de l’agence ; la situation financière globale difficile occasionnant des difficultés à assurer les charges liées au fonctionnement de l’agence, notamment les salaires des employés ; les retards et l’insuffisance des fonds mis mensuellement à disposition de l’agence pour assurer pleinement son fonctionnement.

À cela s’ajoute la dégradation du climat social résultant des retards récurrents de salaires et des difficultés que rencontre l’agence pour le règlement des cotisations sociales du personnel auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

Autant de raison justifiant la mise en chômage technique pendant trois mois de 105 agents de l’ANGTI, soit près de 50% des effectifs. «Les salariés non concernés par cette mesure restent en poste pendant cette période pour nécessité de service», a précisé Bogdan Sgarcitu.

Par ailleurs, un mécanisme de compensation en guise de rémunération a été prévu pour le personnel touché par cette mesure. Les 105 employés mis en chômage technique percevront une indemnité correspondant à un pourcentage du salaire de base + la prime de logement. «Toutes les autres indemnités et primes ne seront pas perçues pendant cette période», a indiqué Bogdan Sgarcitu, soulignant toutefois que l’ANGTI «s’engage à assurer un minimum de 100 000 francs CFA pour les revenus les moins importants».

Reste à savoir quelle sera l’attitude des principaux concernés, dont le patron de l’ANGTI a espéré la «collaboration». C’est peut-être le début du crépuscule de ce «mastodonte», l’un des fleurons des agences créées par Ali Bongo pour transformer le Gabon en un «immense océan d’espérance».

 
 

5 Commentaires

  1. EHYA O.R dit :

    Voilà ou nous en sommes après des années fastes (10 ans) pour les agents de cette structure crée pour compenser les manquements des TP soit-disant. L’Etat gabonais va devoir regarder de près cette situation entretenue.

  2. Le maréchalat du Roi Dieu dit :

    Ca prouve que le Gabon va très mal.105 chomeurs, cela ne fait qu’augmenter la précarité.Mais pour quoi ne pas laisser ces gens partir avec un plan sociale afin qu’ils rebondissent mieux? vu comme c est parti, ca ne sent pas bon .

  3. Milangmissi dit :

    Une question me taraude l’esprit l’ANGTI est elle à jour de ses cotisations auprès de la CNSS ?
    ça sent le sapin pour ses 105 personnes, l’état n’étant pas à jour de cotisation auprès de la CNSS, donc Nicole Assélé va dire elle ne paie pas ensuite on la va la maudire.

  4. Voilà dit :

    Cette information est aussi désagréable que toutes celles concernant la mauvaise santé du Chef de l’Etat. Car, à coup sûr, si ce dernier avait été maître de la situation, tous les ennuis touchant ses grandes initiatives ne seraient pas en train de se succéder les unes aux autres, ne fût-ce que par pure fierté. Quoi qu’il en soit, à vouloir voir plus grand que son ventre, on finit toujours comme ça. Je ne peux nullement me réjouir de ce que des fleurons comme l’ANGTI s’essoufflent de la sorte sur leur lancée, après avoir englouti autant de milliards, alors qu’on en attend encore davantage sur le terrain. S’essouffler de la sorte, pour quels résultats ? Les routes par exemple, sur la moitié du territoire national, demeurent toujours dans un piteux état, quoi qu’il y ait un bémol : la mise en service prochaine de celle qui mènera à Port-Gentil. …S’essouffler au moment où un ministre, délégué fût-il, vient d’être commis pour superviser ces grands travaux ! Car, lorsque l’Agence qui en est chargé met la moitié de ses employés au chômage technique, pendant les trois mois où les grands travaux devraient en principe démarrer pour profiter de la saison sèche, à l’heure où le budget de l’Etat doit être exécuté, on se dit qu’il y a des signes qui ne trompent pas, et qu’il devient très légitime de se demander si “…le Gabon va bien” : toujours bien ? vraiment bien ? vrai, vrai ?

  5. moundounga dit :

    Bjr. Drôle de texte: bop, ANGTI, 50% des effectifs de la main d’œuvre, 10% des fonctionnaires, la marina, 4 premiers ministres, la vie chère, la chasse à l’homme, le kevazingogate… et que sais je encore. Le crépuscule est bien là.

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