La présumée introduction, le week-end écoulé, au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) d’une fausse infirmière ayant injecté une substance létale à un patient est la preuve de ce que les bâtiments abritant les services publics au Gabon sont encore peu ou pas sécurisés. Une épine dans le pied du ministère de l’Intérieur. 

Le Centre hospitalier universitaire de Libreville. © D.R.

 

Au-delà des beaux discours et des annonces faites souvent à la hâte et toujours à la suite de drames tel que celui vécu samedi au CHUL, la sécurité des bâtiments abritant les services publics reste un sujet préoccupant au Gabon. Celle-ci n’est presque jamais garantie. Et les structures de santé ne font pas exception, en dépit de leur sensibilité. C’est d’ailleurs cette carence qui a permis à Peggy Malola Matouba de s’introduire aussi facilement au CHUL, le 11 mai dernier, en se faisant passer pour une infirmière interne avant d’injecter un produit létal à un patient nommé Max Martial Mba Ekoh, hospitalisé dans l’établissement.

Loin des spéculations liées à une supposée union entre la victime d’une quarantaine d’années et la meurtrière qui serait en réalité atteinte de troubles psychiques, cette introduction au CHUL est loin d’être la seule. Avant et après sa réhabilitation en entre 2014 et 2015, l’établissement est le même : un des bâtiments publics les plus perméables de la capitale. C’est à peine si les gardiens sont visibles. Aucun contrôle à l’entrée, et il n’est pas rare de trouver des malades mentaux dans au sein de l’hôpital. Que dire des centres régionaux de santé, dont le personnel éprouve déjà des difficultés à travailler dans de bonne conditions. A l’heure actuelle, seuls les hôpitaux militaires bénéficient d’une véritable sécurité. La raison est évidente.

Que fait Lambert-Noël Matha ?

A l’instar du CHUL et bien d’autres structures sanitaires publiques, plusieurs bâtiments abritant des ministères, des directions générales et des agences sont tous aussi perméables. Les contrôles à l’entrée sont encore bien plus relatifs que ceux effectués au portail des établissements scolaires de la capitale où le nombre de meurtres à l’arme blanche a connu une hausse ces dernières années.

Si le ministère de la Justice n’a pas cessé d’annoncer des mesures visant à sécuriser les établissements et leurs abords sans jamais passer à l’acte, pour la sécurité de l’administration publique, le ministère de l’Intérieur, en charge de la sécurité publique, ne semble pas disposé à apporter des solutions au climat d’insécurité qui y prévaut. Plutôt que de continuer à solliciter la SGS ou d’autres entreprises de sécurité privées ayant visiblement failli à leur mission jusque-là, pourquoi la police nationale ne serait-elle pas mise à contribution pour assurer la sécurité des bâtiments publics ?

 
 

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