La longue absence d’Ali Bongo pourrait avoir des conséquences néfastes sur le fonctionnement de l’armée gabonaise. Chef suprême des armées, c’est de lui que dépendent directement les avancements des militaires. Depuis le début d’année, aucun militaire n’est passé au tableau d’avancement. C’est du moins ce que laisse entendre Raymond Ndong Sima qui s’interroge sur le devenir de la Grande muette.

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Raymond Ndong Sima. © D.R.

«Question d’un jeune officier à son ancien : alors là-haut ! Ça bouge pour qu’on respire aussi un peu en bas ici ou bien on gère le bouchon ? Et si ça bouge, qui fait bouger qui ?», s’est interrogé Raymond Ndong Sima, citant un militaire, dans un post publié le 4 février sur son compte Facebook. Se mettant en effet dans la peau d’un jeune officier dans l’expectative, il s’interroge sur les conséquences du blocage des avancements au sein de l’armée.

Traditionnel bras séculier du pouvoir au Gabon, les Forces de défense et de sécurité ne semblent pas moins intéressées par le climat politique délétère que traverse le Gabon depuis qu’Ali Bongo est malade et hors du Gabon. Accusée par l’opposition de soutenir le système et à la limite, d’être derrière les «massacres» post-électoraux de 2016, la Grande muette est sortie de sa réserve en janvier 2019 par une tentative de prise de ce même pouvoir. Un fait inédit depuis le coup d’Etat de 1964 par l’armée, motivée par l’absence d’Ali Bongo. Ce putsch manqué a mis en exergue le problème de lac loyauté et de la discipline au sein des troupes gabonaises, de plus en plus sollicitées par les politiques aussi bien de la majorité que de l’opposition. Entre appels à la tempérance et appels au soulèvement, la Grande muette va-t-elle se prononcer ? De quel côté bougera-t-elle ?

Ce questionnement vaut son pesant d’or, au regard du contexte actuel. Selon Ndong Sima, la loi du silence qui est un fondement stratégique de l’armée, est «souvent lourd de sous-entendus». «Il suppose qu’on lui donne, sans qu’elle ait besoin de le demander, ce qui lui est dû». «En un mot, pour qu’elle ne la ramène pas faut pas les lui casser» a-t-il écrit, mettant en exergue le fait que les militaires vivent, en principe, pour leur patrie et pour leurs carrières qui elles, sont gérées mécaniquement à travers des tableaux d’avancement qui déterminent les prises de galons.

En sa qualité de chef suprême des armées, affirme l’ancien Premier ministre, «le président de la République décide directement, surtout pour les officiers, ce qu’il advient de leurs avancements généralement au seuil de chaque nouvelle année. Cette décision a de nombreuses conséquences, par exemple sur l’âge de départ à la retraite de certains, l’entrée dans le cercle prestigieux des officiers généraux, etc.»

Or, le mois de janvier s’est achevé sans que les Forces de défense et de sécurité ne soient passées aux tableaux d’avancement, du fait de l’absence d’Ali Bongo toujours en convalescence à Rabat.

 
 

2 Commentaires

  1. Julien dit :

    C’est une armée bête

  2. Ekowong Möt. dit :

    Avancement pour récompenser quoi,le ”désavancement” du Gabon ?

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