Le Gabon va-t-il laisser le Cameroun prendre le leadership de l’exportation de l’Iboga ? Un récent décret du ministère des Forêts et de l’Environnement n’intégrant pas le Protocole de Nagoya freine l’avant-garde agricole locale, mais aussi les investisseurs étrangers, en matière de plantations dédiés à l’exportation. A l’heure de la diversification de l’économie gabonaise, l’Iboga pourrait être une ressource très porteuse en tant que produit forestier non ligneux (PFNL).

De très nombreux investisseurs étrangers sont d’ores et déjà positionnés afin d’investir massivement dans les plantations d’iboga au Gabon. © D.R.

 

A titre conservatoire, l’interdiction d’exportation de l’iboga est consacrée par un décret datant du 4 février 2019, porté par le ministre d’Etat, ministre des Forêts et de l’Environnement en charge du Plan climat, Guy Bertrand Mapangou. La décision, saluée par bien de patriotes et d’adeptes de la protection du patrimoine national, soulève tout de même quelques interrogations relatives à ses motivations et conséquences mais aussi aux étapes devant suivre pour faire du Gabon le leader incontestable d’un créneau à très fort potentiel dans le monde.

Intérêt de l’Iboga dans le monde. © D.R.

Depuis plusieurs décennies, en effet, l’iboga gabonais est l’objet d’un intense et très juteux trafic international au détriment du pays. Yann Guignon, activiste français initié au Bwiti et gabonais d’adoption, n’a d’ailleurs cessé de dénoncer ces pratiques depuis 2006. En 2012, celui-ci avait déjà remis aux autorités gabonaises un rapport, état des lieux précis au sujet de l’iboga faisant le point quant aux innombrables sites internet et cliniques vendant l’iboga issu du Gabon.

L’étude de Yann Guignon révèle des réseaux et démontre que la majorité des trafiquants de l’iboga sont originaires du Cameroun mais bénéficient de nombreuses complicités internes au Gabon.  En l’absence de lois réprimant ces trafics, Yann Guignon et son ONG “Blessings Of The Forest” ont, durant des années, tout fait pour convaincre les autorités gabonaises de la mise en place d’un cadre légal permettant aussi bien d’attaquer ces trafiquants que de développer des filières durables et équitables de valorisation de la précieuse ressource qu’est l’iboga.

Avec le décret signé par Guy Bertrand Mapangou, il n’est plus possible d’exporter l’iboga. Le texte induit cependant quelques effets pervers que relève Yann Guignon : «le fait que même les Gabonais traditionalistes ne peuvent dorénavant plus sortir du territoire gabonais avec leur iboga, porte préjudice à la liberté de culte des pratiquants Bwitistes souhaitant voyager. De même, les agriculteurs ayant décidé d’investir dans les plantations d’iboga, comme par exemple l’ONG IDRC Africa ne peuvent maintenant plus exporter leurs productions.»

Il serait donc judicieux et impératif de travailler d’urgence à la mise en place d’une loi beaucoup plus précise, opérante et féconde, quant aux modalités de régulation du commerce international d’iboga originaire du Gabon. Selon Yann Guignon «le Gabon peut être fier d’être le premier pays au monde à avoir signé le Protocole de Nagoya (novembre 2011) dédié à la valorisation durable, équitable et éthique des ressources génétiques de chaque pays signataire du dit protocole». Et l’activiste français initié au Bwiti de poursuivre : «l’enjeu à venir consiste donc à œuvrer à la mise en place du protocole de Nagoya en République gabonaise en prenant appui sur un produit pilote pour lequel l’iboga représente le meilleur potentiel.»

Selon des sources concordantes et dignes de foi, de très nombreux investisseurs étrangers sont d’ores et déjà positionnés afin d’investir massivement dans les plantations d’iboga au Gabon. Tous sont cependant confrontés à la non intégration effective du protocole de Nagoya dans les différentes institutions en charge de la régulation du commerce des ressources naturelles gabonaises.

La question se pose donc quant aux mécanismes de contrôle de l’origine de tous produits forestiers non ligneux (PFNL) appelés à l’exportation et devant répondre aux normes internationales exigées notamment par les laboratoires pharmaceutiques extrêmement demandeurs en iboga.

Le Gabon aurait-il donc prématurément signé un protocole qu’il lui est actuellement impossible de mettre en place ? Quelles réflexions stratégiques ont réellement été menées ou sont en cours, à ce sujet, par les ministères concernés ?

A l’heure où le monde entier envie au Gabon le potentiel thérapeutique et commercial que représente l’iboga, et à l’heure où le Gabon parle de “Gabon Vert” et de diversification de l’économie, il parait providentiel de se pencher sur cette filière avant que d’autres pays, à commencer par le Cameroun, ne prennent le leadership sur cette manne financière.

 
 

10 Commentaires

  1. Bikoro Ndemezo'o Albert Diddy dit :

    Le mysticisme exacerbé du Gabon fait qu’il restera aveugle sur des grandes opportunités que lui offre la nature dont de Dieu créateur et non du bweti rite initiatique. L’iboga neurotherapique pour les occidentaux mais est toujours considéré comme un dieu qu’il faudrait pas blasphémer au Gabon quel contraste.
    L’avantage c’est qu’il est cultivable ; alors pourquoi en vouloir à ceux qui prouve qu’il peut avoir une valeur ajouté marchande?

  2. Michel BOUKA RABENKOGO dit :

    ” LA DYNAMIQUE BWETE ”
    En français facile :
    «BWETE DÉCLARE QUE LA RECRÉATION EST TERMINÉE »
    BWETE MUANGA averti que l’IBOGA, Le Bois Sacré n’est pas et ne sera jamais une marchandise. Le Gabon dispose par la Grace de MUANGA (DIEU), de suffisamment de ressources naturelles. Ce rappel est avertissement à tout aventurier qui s’engagera dans cette voie diabolique. BWETE. /
    ……………………………………………
    MUANGA (DIEU) DONNE A CHACUN SA PART. TANT PIS POUR TOI SI TU JETTES LA TIENNE AUX ORTIES, POUR TE SERVIR PUIS TE DÉVELOPPER AVEC CELLE DE L’AUTRE QUI NE T’APPARTIENT PAS ET DONT TU N’AS NI LES TENANTS, NI LES ABOUTISSANTS. TOUT CE QUE TU FERAS, SE SERA RIEN QUE POUR LE BIEN ET LE BONHEUR DE L’AUTRE. ET TU DEMEURERAS À JAMAIS L’ESCLAVE DE L’AUTRE, EN CORPS, EN ÂME ET EN ESPRIT. BWETE. /
    *IBOGA EST DÉSORMAIS AUX COMMANDES*
    # LA RESTITUTION EST AMORCÉE #
    “GABON D’ABORD”

    • Missambo dit :

      La récréation est terminée ? Vraiment ? Ca y est ? Ok très bien. On retourne en classe alors et apprend la leçon :

      – “l’iboga n’est pas et ne sera jamais une marchandise” ? FAUX
      L’iboga est vendu depuis près de 200 ans au Gabon et dans les pays limitrophes qui en possèdent également (Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo RDC).
      D’autres pays se sont mis à développer des cultures d’iboga comme le Costa Rica, le Brésil, la Thaïlande ou le Mexique. Et ça pousse !
      Beaucoup de bwitistes d’ailleurs en font commerce sans parler de ceux qui vont faire la publicité de l’iboga et du Bwiti partout dans le monde (Je parle de Gabonais “100%” hein !). Donc visiblement tout le monde ne partage pas le même point de vue que vous.

      – l’iboga et le Bwiti sont diabolisés au Gabon par la majeure partie de la population.
      Pourquoi alors vouloir encore paraître plus mauvais en refusant que le monde est accès au potentiel thérapeutique de cette plante donnée par Dieu aux hommes du monde entier ? N’avous vous pas recours à des médecines originaires d’autres pays ? Ne prenez vous, par exemple, jamais d’aspirine Monsieur ? Celle ci est tirée d’un arbre qui ne pousse pas au Gabon : le Saule blanc. Prenez la morphine par exemple, elle est tirée d’opiacées qui ne poussent pas en Afrique. La liste est longue…
      L’alcool et le tabac, Monsieur, sont aussi sacrés pour certains peuples mais les gabonais ne se gênent pas non ?
      L’iboga peut soigner beaucoup de maladies très graves en particulier la toxicomanie qui ravage les afro descendant vivant aux USA. Pourquoi ne pas vouloir les soigner et les reconnecter avec leurs racines avec ce patrimoine sacré ?

      – libre à vous de ne pas commercialiser l’iboga mais vous n’avez pas la parole pour l’ensemble des gabonais et initiés. Je connais plusieurs Nima, très respectés, qui n’y sont pas opposés. Les bantous ne se sont pas gênés de prendre cela aux pygmées et je pense que ce sont ces derniers qui pourraient également avoir leur mot à dire non ?
      Pourquoi n’organisez vous pas une conférence nationale réunissant l’ensemble des branches traditionnelles utilisant le Bois Sacré pour que la question soit débattue démocratiquement ? DYNAMIQUE non ? OKA NGANGA !

      – pour le moment la loi va dans votre sens. On ne peut plus exporter l’iboga du Gabon. (enfin, en théorie car l’on connait les maux du Gabon en matière de contrôle…).
      Maintenant le texte dit que l’on doit réfléchir au Protocole de Nagoya et intégrer les communautés traditionnelles dans ce potentiel commerce. Beaucoup de traditionalistes sont mis aux bancs de la société, n’ont pas de travail. Du coup beaucoup tombent dans l’escroquerie avec leurs pauvres patients. C’est malheureusement bien connu. Il y a des très bons Ngangas bien sûr aussi. Mais on connait tous les difficultés économiques du Gabon en particulier des villageois. Pourquoi ne pas leur permettre de vivre des richesses qui l’entourent et appaitre comme les “sauveurs de l’humanité” en cultivant cette plante miraculeuse pour le plus grand nombre ?

      – si le Gabon décide de ne pas cultiver, de ne pas vendre, du moins à l’internationale parce qu’au Gabon c’est déjà vendu partout partout, à Mont Boet par exemple et souvent pas tout sauf des gabonais ou des initiés. Vous allez interdire ça aussi au Gabon ? Ceci dit l’article dit bien que les autres, à commencer par les camerounais, ils vendent ça mal depuis kala kala ! A moins que vous rejoignez les forces vivent de lutte contre le braconnage, et il en existe, vous n’arrêterez pas cela. En plus ils plantent par dizaines de milliers chez eux. Et dans quelques années on n’entendra plus parler du Gabon car tout le monde ira se fournir au Cameroun. Vous vous sentirez comment alors ? Honnêtement ? Pensez à vos enfants quand même ! Vous leur direz quoi ? “Oh non c’était interdit pour nous !” “Mais enfin par qui ?!!!”.

      Voilà un peu pour aujourd’hui… il y a déjà matière à réflexion non ?
      Le débat est ouvert mais de grâce, restons objectif et conscient du monde qui nous entoure.

      • Michel BOUKA RABENKOGO dit :

        Deux cent (200) ans par qui? Le premier traité a été signé avec le colonisateur, il y a 180 ans. Quand on a rien à dire on se tait. BWETE. /

        • Missambo dit :

          Réaction typique d’un intégriste haineux, jaloux et inculte !
          Faites un peu plus de recherches au sujet de l’histoire de l’iboga au Gabon cher “Bouka” ! Ca n’a pas commencé avec les bantous (colonisateurs des pygmées au Gabon) ni même avec les hommes et les occidentaux l’on ramené en Angleterre depuis 1817 ! Depuis lors les GABONAIS EUX MEMES vendent l’iboga partout partout. Des notables et des initiés vendent l’iboga depuiiiiiiiiiiiis. C’est sorti déjà et vous ne contrôlez ni ne contrôlerez rien ! L’iboga pousse maintenant dans plusieurs autres pays. Alors asseyez vous d’abord, respirez un grand coup et ouvrez vous au dialogue avec les autres plutôt que de vouloir imposer votre verbe assis derrière votre clavier !

          • Michel BOUKA RABENKOGO dit :

            Ton anonymat prouve ta qualité. Le temps qui est accordé pour échanger avec un Etemba est épuisé. Un Initié à IBOGA ne discutaille pas. Surtout pas avec un inculte dont le substrat intellectuel reste accroché aux gains et aux choses du premier degré. Si tu n’es pas un initié, manduque au moins IBOGA et tu comprends par toi-même. BWETE. /

  3. bassomba dit :

    C’est incroyable! Si on peut cultiver l’iboga, pourquoi interdire son exploitation et se priver de potentielles ressources financières?

    • Missambo dit :

      Il faut bien comprendre le sens du texte. On ne peut plus exporter l’iboga provenant du domaine public qui est strictement réservé à l’usage coutumier local. L’exportation doit provenir de plantations privées et tout gabonais plantant l’iboga dans son domaine peut demander une autorisation d’exportation aux ministère des eaux et forêts. C’était une mesure essentielle pour mettre fin à l’énorme trafic en cours qui a déjà eu raison de prêt de 85% des réserves du domaine public. Il y a plein de coins au Gabon où l’iboga a été entièrement coupé pour être exporté. Du côté de Mayumba, par exemple, les réserves ont été sérieusement touchées et beaucoup de trafiquants entrent maintenant dans les parcs nationaux… donc l’arrêté, qui reste provisoire et conservatoire, était nécessaire avant de travailler sur un loi plus précise intégrant les règles promues par le protocole de Nagoya qui est un extraordinaire outil pour que l’exploitation de l’iboga soit équitable (partage juste des revenus), durable (que les réserves publiques ne disparaissent pas) et intègrent les communautés locales liées à ce patrimoine (communautés villageoises traditionalistes). Ce n’est pas mauvais du tout. C’est comme le Kévazingo ou le Moabi. On ne peut pas laisser tout le monde couper et vendre cela sans contrôles n’importe comment indéfiniment. Il en va de soit pour toutes ressources naturelles rares et précieuses. Cela devrait motiver les acheteurs internationaux à ne se fournir qu’auprès des planteurs éthiques et déclarés. Essayer de voir les choses du bon côté.

      • bassomba dit :

        Merci! donc si je comprends bien, je peux exploiter l’iboga dans mon domaine privé et l’exporter. Suis-je pour autant sûr d’y avoir l’autorisation? Autorisation d’exporter j’entends!

      • Michel BOUKA RABENKOGO dit :

        Missambo, tu fais parti des incapables d’assumer la responsabilité de sa charge, comme tes fraters de médiocres frères valets esclaves francs-maçons du supposé gouvernement qui usurpent et nous imposent avec le soutien de la franc-maçonnerie, de la communauté internationale et de la France mafieuse qui ont décidé de nous humilier par tous les moyens. NOUS SOMMES UNE LIANE QUE TU PEUX PLIER COMME TU VEUX, MAIS FAIS ATTENTION, QUAND ELLE SE DÉPLIE. BWETE c’est, que tu es un expatrié véreux. De la famille de ceux qui ont décidé de violer tous nos interdits, de piétiner notre Loi Fondamentale, pour de médiocres intérêts pécuniaires mercantilistes. FRANCHI LE RUBICON AVEC IBOGA ET TU VERRAS TOI-MÊME DE TES PROPRES YEUX ” LE KIVI MANGONGO “. BWETE. /

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