Placé sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Libreville depuis le 10 janvier 2017, pour détournement de deniers publics, l’ancien ministre de l’Économie, Magloire Ngambia, n’a toujours pas été jugé. Entre temps, d’autres personnes citées dans des affaires similaires, voire la même, recouvrent une à une leur liberté. Une situation qui amène à s’interroger sur le cas Ngambia.

Magloire Ngambia n’a jamais quitté la prison centrale de Libreville qu’il a intégré le 10 janvier 2017. Selon les observateurs, il aurait déjà fait plus du délai légal de détention préventive. © D.R.

 

Censé comparaitre le 13 mars dernier devant la Cour criminelle spéciale (CCS) pour corruption présumée sur l’affaire du tronçon Akieni-Onga, Magloire Ngambia n’a pas pu se présenter à la barre. Ce jour-là, la présidente de la CCS, Paulette Ayo Mba, pointait dans une vive colère, des «forces obscures» qui s’y opposaient. Quelque temps après, des personnalités citées dans des affaires semblables et interpellées dans le cadre de l’opération Mamba ont été mis en liberté «provisoire». Pourquoi pas Ngambia ?

Alors que Mohamed Aït Ben Ali, Landry Oyaya ou Rodrigue Bongo, inquiétés pour les mêmes faits, bénéficient déjà de liberté d’office, provisoire ou relaxe, Ngambia n’a jamais quitté la prison centrale de Libreville, où il est enfermé depuis le 10 janvier 2017. Il totalise plus de deux ans d’incarcération. Soit une durée au-delà du délai légal de détention préventive.

Face à cette situation, d’aucuns estiment qu’il n’y aurait pas d’éléments susceptibles d’étayer les accusations de l’Etat Gabonais contre cet ancien ministre. Sinon, pourquoi le ministre de la Justice a-t-il saisi son homologue français en vue d’une entraide judiciaire ? Les proches du dossier, qui voient en cette affaire «une chasse aux sorcières», se demandent aussi, «sur quels éléments l’opération Mamba a été lancée, les dossiers ouverts et des personnes incarcérées ?».

Si certains jugent «illégale» et «arbitraire» la détention des proies de l’opération Mamba, d’autres en revanche, estiment que «les magistrats peineraient à prendre leurs responsabilités et Magloire Ngambia, quant à lui, refuserait une mesure de résidence surveillée».

 
 

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