Qu’est-ce qui justifie le paiement des pensions et rentes désormais par trimestre ? Quand cette décision sera-t-elle effective et quels en sont les avantages ? Quel type de retraité est concerné ? Autant de questions auxquelles a répondu le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), le 16 avril à Libreville.

Nicole Assélé présentant la nouvelle périodicité du paiement des pensions et rentes, le 16 avril 2019 à Libreville. © Gabonreview

 

Le paiement des pensions et rentes se fera désormais par trimestre. Une décision qui crée des vagues au sein d’une partie de l’opinion, notamment les syndicats des retraités. Pour tenter d’aplanir les tensions, la patronne de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a justifié le bienfondé de cette «décision obligatoire», le 16 avril à Libreville.

«La présente décision n’est pas une option, mais une obligation si nous voulons sauver la CNSS dont les prévisions actuarielles évoquent une banqueroute d’ici deux à trois ans, si nous ne prenons pas des décisions courageuses et audacieuses. La situation est préoccupante», a déclaré Nicole Assélé. Le passage du paiement au trimestre des pensions et rentes intervient dans un contexte où le Gabon traverse actuellement une crise économique aiguë, frappant de plein fouet les entreprises qui cotisent à la CNSS.

L’institution encaisse actuellement 28 milliards de francs de cotisations trimestrielles, alors qu’elle en dépense 32. «La dette de l’État et des entreprises vis-à-vis de la CNSS culmine à près de 400 milliards de francs CFA, lorsque les réserves statutaires sont très loin des niveaux recommandés par la Cipres de l’ordre de 200 milliards», a révélé le directeur général de la CNSS.

Par ailleurs, le paiement des pensions et rentes par mois, comme c’était le cas depuis 2014, coûtait plus de 120 millions de francs en termes d’organisation et logistique contre une évaluation de 160 millions pour un paiement par trimestre. «Tous ces facteurs négatifs cumulés constituent des tensions de trésorerie récurrentes qui ne permettent plus à la CNSS de couvrir convenablement toutes ses charges : pensions et rentes, autres allocations et fonctionnement», a affirmé Nicole Assélé.

La nouvelle périodicité de paiement des pensions et rentes, qui interviendra le 5 mai prochain,  permettra donc la CNSS de «rétablir ses équilibres financiers entre cotisations payées trimestriellement par les entreprises et les charges». In fine, cette décision permettra à la CNSS de réaliser des économies d’échelle. «Il est aussi question de rétablir l’équité dans une caisse qui fonctionnait à double vitesse, entre les pensionnés locaux payés au mois et ceux d’Afrique et d’Europe qui continuaient, eux, à être traités au trimestre», a souligné la directrice générale de la CNSS.

Au Gabon, le Code de Sécurité sociale dispose que les pensions et rentes sont payées au trimestre. Or, en 2014, l’ancienne équipe dirigeante avait décidé de passer à un paiement mensuel par une simple note de service, sans modification préalable de la Loi n°6/75 du 25 novembre 1975 par le législateur. «Nous sommes conscients que cette décision sera difficile et inconfortable au départ. Mais dès août prochain, elle se révèlera bénéfique pour les trois quarts de nos retraités, ceux qui émargent au chapitre des pensions très modestes, obligés de parcourir de longues distances», a soutenu le directeur général de la CNSS.

Nicole Assélé a également donné des assurances pour les retraités ayant souscrit des crédits. «Nous avons trouvé un modus operandi avec les banques pour que les chocs financiers soient complètement anéantis. Pour cette catégorie de retraités, les retraits bancaires dus aux crédits se feront également trimestriellement», a-t-elle conclu.

 
 

8 Commentaires

  1. Nzam Ata dit :

    Le vrai problème c’est qu’elle gère cette structure comme Jean Boniface Assele à la tête à la fois des forces de police nationales et du ministère des travaux publics .Pour justifier les détournements il disait en 1983/1985 dans les dossiers de la RTG ceci:”le mouton broute la où il est attaché “.

  2. Okoss dit :

    Faux arguments
    De nombreux détournements perpétrés par des compatriotes bien connus sont à L origine de la banqueroute,sans compter des recrutements ethniques depuis des années et encore plus depuis l arrivée de cette dame.
    A t on réellement besoin d avoir autant de personnel pour gérer une petite en tirer comme la Cnss avec un nombre aussi insignifiant de cotisants.
    La Cnss avait elle besoin de sponsoriser la course cycliste Amissa.?
    Ces dépenses insensées auraient pu couvrir le payement des pensions aux honnêtes gents qui ont sue sang et eau des années durant.
    Madame,revoyez votre copie,des innocents ne vont pas,une fois de plus payer pour votre gestion approximative.
    D ailleurs,pourquoi vous à t on promu à ce poste.#$@%^&

  3. JAMES DE MAKOKOU dit :

    C’est incroyable, apres l’echec de vouloir racketter les eleves , c’est au tour des retraités de payer..pour le peu qu’on leurs donnent par mois qui est ici repousser au trimestre.. et entre temps ils vont vivrent de quoi?, c’est comme si ton salaire de la ou tu es perché est a payer par trimestre.. mais ou va-t-on franchement dans ce pays..
    Il faudrait continuer ainsi le racket ? mais ma petite dame reflechi un petit moment ..tous les retraités n’ont pas le même train de vie que ton pere..
    J’ESPERE QUE LES RETRAITES VONT AUSSI SUIVRE L’EXEMPLE DES ELEVES A QUI ON A BIEN VOULU FAIRE DE MEME !!!
    GABONAIS, GABONAISES , MES CHERS COMPATRIOTES REVEILLEZ-VOUS UNE BONNE FOIS POUR TOUTES AFIN DE RETABLIR DANS CE PAYS UN ETAT DE DROIT

  4. Rondéntchéyo dit :

    On vous a délesté des prestations médicales,vous réussissez quand même a mettre en difficulté la CNSS, vous n’avez aucune compétence en gestion des entreprises, aucune vision à long terme,des choix de dépense kounabéliques, ce qui explique le chaos généralisé qui frappe la CNSS et toutes les entreprises dont le pdg a la gestion.Laissez la place a de vrais gestionnaires et la CNSS va se relever sinon dans peu de temps elle va déposer le bilan

  5. FINE BOUCHE dit :

    Nous sommes dos au mur, au bord du précipice, les talons dans le vide.
    La CNSS est une caisse noire. Comme dans les mariages ou les deuils lorsqu’il y a cotisations il y a dépertition d’une partie de l’argent. Nous en sommes là nous cotisons pour des retraites qui ne nous seront jamais retribuées.
    Ils fragilisent nos anciens et les poussent à la mendicité.

  6. diogene dit :

    Incroyable !
    Un déficit de 4 milliards est un drame mais une dette de 400 milliards une broutille.

    De plus, l’organisation ne coûte pas plus cher à l’ère de l’informatique sauf en terme de clics de souris…

    Illogique , un nombre x de retraités coûtent 120 millions par mois pour l’organisation des pensions et le même nombre x de retraités coûteraient 160 millions par trimestre. une multiplication par trois coûte donc 40 millions ?

    Justifications bidons pour une analyse bidon d’un problème réel : la banqueroute de l’état…

  7. Aze dit :

    Les logements sociaux qu’elle construit, sa boîte de nuit à la montée de Louis, son complexe de cap caravane, les rétro commissions, le sponsoring de tout et n’importe quoi, la qualité de ses conseillers, son désintérêt pour l’objet social de la cnss, etc.
    Voilà le résultat.

  8. Okoss dit :

    Qu on la vire et qu elle cesse de venir mentir.
    Tout le monde connaît ses détournements,jusqu’à se balader en France avec des valises d argent détourné
    Quel pays,€£¥₩%&#%

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