En raison de l’intervention de la Société nationale des hydrocarbures du Gabon (Gabon Oil Company – GOC) dans certaines de ses attributions, la Société gabonaise de raffinage (Sogara) se dit menacée techniquement et financièrement. Une grève pourrait bientôt être lancée à Port-Gentil pour décrier cette situation. 

La Sogara accuse la GOM de plomber ses chiffres. © D.R.

 

Une grève pourrait être déclenchée dans les prochains jours à Port-Gentil, si rien n’est fait pour apaiser les tensions naissantes au sein de la Société gabonaise de raffinage. La cause : un conflit de compétence serait né depuis quelque temps entre la Gabon Oil Marketing (GOM), le service commercial de la GOC, et la Sogara. La dernière accuse la première de marcher sur ses platebandes, donc d’être l’une des principales raisons de la baisse de son chiffre d’affaires, ainsi que l’attestent les résultats négatifs de fin septembre 2018. Le chiffre d’affaires de la Sogara a, en effet, reculé à 2,9% pour se situer à 200,036 milliards de francs CFA.

Rodrigue Ewomba, délégué du personnel à la Sogara, et certains de ses collaborateurs sont allés présenter la situation à Pascal Houangni Ambouroue, le ministre du Pétrole, du Gaz et des Hydrocarbures. Pour eux, «la Sogara est menacée techniquement et financièrement du fait que la GOM s’impose entre les marqueteurs et la raffinerie». Or, selon les représentants des agents, la société de raffinage ne parvient plus à honorer ses engagements, y compris dans le paiement de primes aux personnels.

Pire, en faisant l’intermédiaire entre la Sogara et ses principaux partenaires, la GOM a plusieurs fois privé la société de raffinage de fonds pour lui permettre de payer des lots de brut. En effet, disant nécessiter 11 lots de brut, avec l’intervention de la GOM, la Sogara s’est souvent vue contrainte de ne faire qu’avec 3 lots. «Dans le mois, nous enregistrons deux semaines d’arrêt», s’est récemment plaint Rodrigue Ewomba. En septembre 2018, le volume de brut traité par la Sogara a baissé de 12,3% à 648 889 tonnes métriques, contre 740 146 tonnes en septembre 2017.

Une correspondance a été adressée par le représentant du personnel au Premier ministre, visant à clarifier la situation. En attendant la réponse de Julien Nkoghe Bekale, les agents de la Sogara n’entendent pas entrer en grève. C’est du moins ce qu’ils ont promis au ministre du Pétrole qui a réussi jusque-là à faire baisser la tension. Mais jusqu’à quand ?

 
 

1 Commentaire

  1. ombouwoutou dit :

    Mon dieu quel cafouillage dans le pays des émergents

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