Construit dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de football 2012, le stade de l’Amitié se meurt. Joyau architectural bâti grâce à la coopération sino-gabonaise, l’infrastructure moisit dans l’indifférence totale. Un véritable gâchis en image.

La pelouse du stade d’Angondjé, abandonnée © Gabonreview

Personne n’aurait imaginé que le stade d’Angondjé, cette belle arène de 40 000 places construite à coup de milliards pour accueillir la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2012, serait à l’agonie, moins de dix ans après son inauguration. Sevré de budget, délaissé par les pouvoirs publics et faute d’entretien, le stade de l’Amitié tombe en ruine. La nature reprend ses droits progressivement sur l’ensemble de l’emprise, la belle infrastructure n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Les bancs de touche en pleine dégradation. © Gabonreview

Si les pavés de l’emprise de l’esplanade donnent l’illusion d’un espace entretenu, nombreux sont déja gondolés par les racines des herbes qui poussent entre leurs interstices. Un dégât sans commune mesure avec celui subi par l’enceinte du stade. Les sièges des bancs de touche sont éventrés, renversés et exposées à la fureur des intempéries et des éléments.

Un bus chargé du transport des Panthères et du staff à l’abandon. © Gabonreview

La dégradation la plus marquante est celle de l’aire de jeu. La pelouse n’existe quasiment plus, elle a été supplantée par une colonie de hautes herbes, laquelle a envahi l’aire de jeu comme une bonne partie de la piste de l’athlétisme. C’est un choc! L’environnement est devenu inhospitalier, la nature y exerce pleinement ses droits.

Les coulisses du stade ne vont pas mieux. © Gabonreview

Comment l’Etat a-t-il pu laisser pourrir une si belle infrastructure, censée promouvoir l’épanouissement de la jeunesse ? Une jeunesse dit-on sacrée et en plein septennat de la jeunesse ? Pour beaucoup, l’agonie du stade de l’amitié n’est que l’écume de l’échec de la gouvernance d’Ali Bongo. Ce d’autant que l’Agence nationale de gestion et d’exploitation des infrastructures sportives et culturelles (Anageisc), créée pour assurer la gestion et l’entretien du parc des stades du pays (stade de Franceville, stade d’Oyem), était directement rattachée à la présidence de la République. Empêtrée dans une sévère crise de trésorerie, l’Anageisc est en pleine liquidation.

© Gabonreview

L’Office national de développement des sports et de la Culture (ONDSC), créée récemment par le gouvernement aura-t-il les moyens pour restaurer ce stade ? Le doute est permis, au regard de son budget herbacé. Sans une réelle volonté politique axée sur une politique publique appropriée pour la gestion des infrastructures sportives, le stade de l’amitié comme celui d’Oyem auront de mémorables épitaphes dans le panthéon gabonais des éléphants blancs.

© Gabonreview

 
 

7 Commentaires

  1. dibagala dit :

    C’est youkoukou après plusieurs théories c’est maintenant un deal …mame le jeu des mots ….

  2. Atame Ango dit :

    Et dire que les les gabonais sont des … humains … qui peuvent gérer des biens !
    J’y crois pas.

  3. dibagala dit :

    On attend le new deal pour toutes ces infrastructures ( le tas de sable au bord de mer , la citée à TCHENGUE , MOUILA , MAKOKOU , petit Dubaie POG , les universités de pog et mouila , l’entretien des stades d’Oyem , Franceville , Michel ESSONGUE et la fin des travaux de l’omnisport ).
    Lacruche tu te fou de toi même avec ta bande de pédés .

  4. SERGE MAKAYA dit :

    A quoi SERT de construire des STADES si c’est pour en arriver la ? Ce gouvernement de VOYOUS ne sait même pas ENTRETENIR de telles structures. Quelle honte !!!

  5. Ondo dit :

    2019 – 2019 = 7 ans SEULEMENT, et déjà un tel gâchis. Après vous allez vous plaindre que les blancs vous INFANTILISENT… Ils ont quelques part RAISON. Nous devons quand même avoir HONTE d’être africains et/ou gabonais avec une gestion aussi calamiteuse. Pitié !

    NB : sachez que l’on peut aussi organiser des concerts dans un stade. Cela fera aussi bien rentrer de l’argent. Il n’y a pas que le foot.

  6. Le gabonais dit :

    Bonjour,
    Il est pourtant possible de rentabiliser progressivement ces immobilisations qui appartiennent a tous les gabonais…Cela passe par l’organisations des événements culturels, sportifs et sociaux: Tournois sportifs internationaux et nationaux, événements économiques et culturels,…les idées ne manquent pas…Les revenus tirés de ces evenements permettraient d’entretenir les locaux…ON NE CONSTRUIT PAS DE TELS EDIFICES POUR LES LAISSER SANS ACTIVITE…
    Une autre solution pourrait passer par une privatisation partielle, en laissant des entités privées capables d’exploiter et valoriser les sites par l’organisation d’activité rémunératrices…
    UN ETAT N’EST PAS AMENER A TOUT CONSTRUIRE, TOUT GERER…MAIS IL DOIT S’ORGANISER POUR CONTROLER…

  7. moundounga dit :

    Bjr. Même couper l’herbe on n’y arrive pas. Regardez la 2eme image on dirais l’ouragan Katrina qui viens de balayer tout sur son passage or nous sommes bel et bien au Gabon ou dit-on, les institutions fonctionnent, le pays va bien! Amen.

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