Dans un plaidoyer, ce mercredi 17 avril, à l’occasion de la célébration de la journée nationale de la femme, la première Dame a demandé au Parlement de mettre en place une législation répressive contre les auteurs de violences faites aux femmes.

Sylvia Bongo Ondimba lors de son plaidoyer, le 17 avril 2019, à Libreville. © Gabonreview

 

Faustin Boukoubi, lors de son intervention, et des moments de la marche, le 17 avril 2019, à Libreville. © Gabonreview

Sylvia Bongo plaide pour un dispositif juridique approprié pour «castrer moralement» les auteurs de violences faites aux femmes. Ce mercredi 17 avril, à l’occasion de la journée nationale de la femme, la première dame a appelé le Parlement à concocter un arsenal juridique pour lutter avec efficacité contre les violences exercées sur les femmes. Entourées  de quelques hommes,  Sylvia Bongo Ondimba et plusieurs  centaines de femmes autour de la première ont battu le bitume,  du Rond-point de la Démocratie au Palais Léon Mba, siège de l’Assemblée nationale. Sur leurs tee-shirts et leurs pancartes, un message univoque : «Tous unis contre les violences faites aux femmes».

«Nous sommes venues vous dire qu’une partie de ce peuple est maltraitée, violentée, violée», a dit, après deux kilomètres de marche, Sylvia Bongo au président de l’Assemblée nationale (PAN), Faustin Boukoubi entouré des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Selon elle, une enquête sur les violences basées sur le genre datant de 2016 et homologuée par les Nations-Unies pour la population fait ressortir que le taux de violences physiques sur les femmes est de 58,5%. Cette violence, a-t-elle poursuivi, s’exerce principalement au sein des foyers où 71% des cas sont dus à la consommation excessive d’alcool par les maris. «Cela ne peut durer», s’est-elle indignée. «Nous marchons pour dire non. Non à la violence faite aux femmes, particulièrement aux violences conjugales. Non à l’impunité des bourreaux», a-t-elle plaidé auprès du président de l’Assemblée nationale.

Une législation répressive pour traquer les bourreaux

Le choix de cette institution n’est pas fortuit, car, «c’est le Parlement qui est sur le terrain de la sensibilisation des électeurs. C’est lui qui est au contact aussi bien des auteurs que des victimes des drames que nous dénonçons. C’est le Parlement qui prend des textes en partage avec le gouvernement, et veille à leur application», a rappelé Sylvia Bongo certaine de ce que tout changement commence par et avec l’Assemblée nationale. «Aussi, puissiez-vous entendre nos voix», faisant allusion aux femmes qui se sont mobilisées ce 17 avril, tout comme à la «majorité silencieuse résignée qui se tait par pudeur, par honte».

Le plaidoyer de Sylvia Bongo a pris en compte les victimes d’abus sexuels au sein de leurs familles ou leurs établissements, les femmes battues, humiliées, méprisées par leurs compagnons et leurs belles-familles. «Il faut que cela cesse», s’est-elle prononcée préconisant une solution sans équivoque.

«Monsieur le président, il est temps que le Parlement sorte des infractions générales en mettant en place une législation spécifique répressive avec des circonstances aggravantes concernant les violences faites aux femmes», a-t-elle proposé. Cette législation dit-elle, permettra de «dissuader les auteurs de ces barbaries». La vocation de cet arsenal répressif est de ramener le peuple gabonais aux valeurs fondamentales que sont le respect de la vie, de l’intégrité corporelle, la préservation de la famille. «C’est pourquoi nous vous remettons en ce jour et de manière solennelle, le plaidoyer en faveur des droits des femmes, l’enquête sur les violences basées sur le genre pour un Gabon juste, solidaire, soucieux de chacune de ces composantes», a-t-elle indiqué.

Recevant le plaidoyer, Faustin Boukoubi a reconnu que les violences faites aux femmes constituent l’un des fléaux les plus préoccupants à travers le monde. «Nous apprécions à sa juste valeur l’importance de ce plaidoyer», a-t-il exprimé. «Notre action consiste à nous investir résolument dans l’évolution du cadre normatif de notre pays en faisant évoluer les lois lacunaires ou désuètes et en prenant en compte les innovations nécessaires réalisées ailleurs adaptables chez nous», a-t-il déclaré au bonheur des femmes qui espèrent une adoption rapide d’une législation répressive.

 
 

3 Commentaires

  1. Ebounda dit :

    Oui je dit nom aux violences contre les femmes mais il reste à savoir que ya aussi des violences contrés les hommes dans les ménages

  2. Léon Nkogue dit :

    BOA est MORT. Libere-nous la ligne.

  3. diogene dit :

    Bravo. il faut dresser ses hommes comme des animaux dangereux et surtout instaurer la prohibition.
    Cet victime de violence conjugale a t elle déposé la moindre plainte contre son mari ?

    Trêve de moqueries !

    D’une part la violence faite aux femmes et aux enfants -ne les oublions pas – n’est pas dû à l’alcool car l’alcool n’est pas une excuse, mais bien plutôt au machisme ambiant qui valide le soit belle et tais toi, sois mère et tais toi, soit pute et tais toi.
    Les frustrations au travail, dans la rue, la misère en embuscade,l’impasse politique et sociale,l’ impunité et l’injustice voici les facteurs qui conduisent à la violence faite aux femmes et aux enfants. Aussi faite entre hommes.

    La femme considérée comme une enfant soit une adulte irresponsable voilà ce qu’il faut faire évoluer. Malheureusement, trop de femmes acceptent leur statut dégradant, Elles aussi ont des efforts à faire.
    D’autre part,l’absence de confiance dans un système judiciaire corrompu ne va pas améliorer la situation.

    Bref les gens heureux ne se foutent pas sur la gueule.

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