Le groupe forestier Rougier a enregistré en 2025 une nette dégradation de ses performances financières, marquée notamment par un recul significatif de son activité au Gabon, où des interruptions administratives ont fortement perturbé la production. Conséquence : le chiffre d’affaires y a chuté de 23,9 %.

Au Gabon, le chiffre d’affaires de Rougier a chuté de 23,9 % en 2025, conséquence directe d’un arrêt temporaire de 31 jours ouvrés des activités forestières et industrielles. © D.R.

 

Le groupe Rougier a publié, le 30 avril 2026, des résultats annuels 2025 en forte baisse, avec un chiffre d’affaires de 75,0 millions d’euros, en recul de 21,5 %. Cette contre-performance s’explique en grande partie par des perturbations opérationnelles majeures, notamment au Gabon, où l’entreprise est implantée depuis 1952.

Dans ce pays, le chiffre d’affaires a chuté de 23,9 %, conséquence directe d’un arrêt temporaire de 31 jours ouvrés des activités forestières et industrielles. Ces interruptions, d’origine administrative et intervenues dans un cadre réglementaire strict, ont significativement affecté la production et les volumes commercialisés.

Une rentabilité fortement dégradée

À l’échelle du groupe, la baisse de l’activité s’est traduite par un effondrement de la rentabilité. L’EBITDA s’établit à 1,9 million d’euros, soit 2,6 % du chiffre d’affaires, contre 16,9 millions d’euros en 2024. Après prise en compte des amortissements et provisions, le résultat opérationnel ressort en perte de 11,6 millions d’euros, tandis que le résultat net part du groupe s’élève à -8,0 millions d’euros.

Outre les difficultés rencontrées au Gabon, les activités au Congo ont également été fortement pénalisées par des arrêts de production cumulant 81 jours, liés à une pénurie de gasoil. Dans ce contexte, les activités de négoce ont mieux résisté, limitant partiellement la contraction globale.

Malgré cette dégradation, Rougier met en avant une structure financière « maîtrisée ». Les capitaux propres s’établissent à 11,8 millions d’euros à fin 2025, tandis que l’endettement net atteint 15,4 millions d’euros, en hausse modérée.

Une normalisation des conditions d’exploitation au Gabon en  2026

Pour 2026, le groupe mise sur une normalisation progressive de ses conditions d’exploitation au Gabon et au Congo pour amorcer un redressement. Toutefois, ces perspectives restent tributaires d’un environnement incertain, marqué par des contraintes administratives, des tensions sur l’énergie et une demande mondiale atone.

Dans ce contexte, Rougier entend s’appuyer sur son positionnement stratégique dans la gestion durable des forêts. Le groupe souligne notamment l’obtention, en septembre 2025, de la certification FSC pour l’ensemble de ses concessions, renforçant sa conformité aux exigences environnementales internationales, notamment celles du Règlement européen sur la déforestation.

Présent au Gabon depuis plus de sept décennies, le groupe mise également sur ses investissements industriels, en particulier à Franceville, pour soutenir la reprise de son activité. Malgré une année difficile, il revendique des fondamentaux solides et une capacité de rebond, portée par ses actifs forestiers et son engagement en faveur d’une exploitation responsable.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire