Bugada : 14 artistes seulement, 36 millions de F.CFA et une réforme qui change tout
À l’occasion de la présentation des grandes orientations de son département ministériel, le ministre du Rayonnement culturel, Paul Ulrich Kessany, est revenu le vendredi 5 juin sur la question sensible des droits d’auteur et sur la faible adhésion des artistes au Bureau gabonais des droits d’auteur et des droits voisins (Bugada).

Artistes et créateurs gabonais au cœur de la réforme du Bugada, qui entend moderniser la collecte et la redistribution des droits d’auteur grâce à un suivi plus précis de l’exploitation des œuvres. © GabonReview/Illustration IA
«Seulement 14 acteurs culturels sont actuellement enregistrés auprès du Bugada», a souligné le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative face à la presse, le 5 juin 2026, un chiffre qu’il juge largement insuffisant au regard du potentiel du secteur culturel gabonais.
Aussi, a-t-il invité les artistes et créateurs à se faire recenser afin de permettre au Bugada de disposer d’une meilleure visibilité sur les bénéficiaires des droits d’auteur. «Ce qui est important, c’est que les artistes comprennent que s’inscrire au Bugada permet à cette institution d’avoir une visibilité sur l’ensemble des acteurs culturels. Mais il existe une crise de confiance entre les artistes et le Bugada, et les usagers se heurtent à une certaine résistance», a expliqué le ministre.
Améné à aborder la gestion des droits d’auteur, il a indiqué que «36 millions de FCFA sont disponibles, avec une répartition fixée à 60 % pour la redistribution aux ayants droit, 10 % pour l’aide sociale aux artistes et 30 % pour le fonctionnement de la structure».
Un nouveau mécanisme pour la répartition des droits d’auteurs
Paul Ulrich Kessany a également annoncé une réforme du mécanisme de répartition des droits. Désormais, les rémunérations devraient être calculées en fonction de l’exploitation réelle des œuvres. «Celui qui est le plus écouté recevra davantage que les autres», a-t-il affirmé, prenant l’exemple des artistes-musiciens.
Dans cette perspective, il a révélé qu’un partenariat a été conclu avec la société GMC, suite des retombées du FEMUA, afin de mettre en place un dispositif de collecte des données d’utilisation des œuvres. Ce système permettra de mesurer la fréquence de diffusion des créations et d’assurer une répartition plus équitable des redevances, mettant ainsi fin au principe de versements forfaitaires identiques pour tous les artistes.
Le ministre n’a pas manqué de rappeller que toute œuvre utilisée doit faire l’objet d’une rémunération. Pour garantir l’effectivité du paiement des redevances, des agents seront déployés sur le terrain afin de contrôler le respect de cette obligation. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation seront menées pour informer les usagers et les acteurs culturels sur les nouvelles dispositions envisagées.
Thécia Nyomba













0 commentaire
Be the first one to leave a comment.