Cameroun : un réseau de contrefaçon de monnaie impliquant des étrangers démantelé à Douala
À Douala, la capitale économique camerounaise, la Gendarmerie nationale a mené, le 9 juin 2026, une opération d’envergure qui a conduit au démantèlement d’une usine clandestine de fabrication de fausse monnaie. L’intervention, déclenchée sur la base d’un renseignement jugé fiable, a permis de découvrir un atelier dissimulé dans un magasin servant de couverture attribué à des ressortissants chinois. Sur place, les enquêteurs ont mis la main sur des machines et des équipements confirmant «l’existence d’une activité organisée de contrefaçon monétaire», selon les informations relayées par des médias camerounais.

Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, et les gendarmes lors de la perquisition de l’usine clandestine de fabrication de la fausse monnaie. © GabonReview/Capture d’écran
La gendarmerie nationale camerounaise a démantelé, le 9 juin, à Douala, une usine clandestine de fausse monnaie, attribuée à des ressortissants chinois, après des renseignements par des tiers. L’opération a révélé un atelier caché derrière un magasin, équipé de machines. Toute chose ayant confirmé une activité organisée de contrefaçon.
«Les usagers doivent faire preuve de la plus grande vigilance face à la circulation de fausses pièces»
Selon les témoignages et relais dans les médias locaux et sur les réseaux sociaux, l’usine était spécialisée dans la production de pièces de 500 francs CFA et de 100 francs CFA. Plus de 80% de l’activité, indiquent des sources concordantes. Une forme de fraude plus discrète que les faux billets (20% de l’activité), mais tout aussi déstabilisante pour l’économie quotidienne. D’après les premières constatations, «les machines installées dans un magasin servaient de laboratoire clandestin». Ce qui, selon les témoins, indique une organisation structurée et des capacités de production significatives. Des millions de francs CFA en fausses pièces seraient déjà en circulation à Douala et dans l’arrière-pays et alimentent les circuits informels et les petits commerces.

Clichés capturés de la perquisition. © GabonReview/Capture d’écran
Les autorités ont immédiatement souligné la gravité de cette affaire, qui dépasse l’entendement. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, rendu sur les lieux, a appelé à la vigilance, avertissant que «les usagers doivent faire preuve de la plus grande vigilance face à la circulation de fausses pièces». L’enquête en cours vise donc désormais à établir l’étendue du réseau, ses circuits de distribution ainsi que les éventuelles complicités ayant permis l’écoulement de cette monnaie contrefaite dans les marchés.
Des critiques sur certaines activités économiques liées à des acteurs étrangers, notamment chinois
Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large de recrudescence de la criminalité monétaire au Cameroun. À Yaoundé, une intervention distincte menée, le 21 mai 2026, avait déjà permis la saisie d’un stock de faux billets estimé à près de 100 millions de francs CFA, incluant des devises étrangères telles que le dollar américain et le franc suisse. Les autorités observent également que certaines coupures contrefaites appartiennent à la nouvelle gamme « type 2020 » de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), signe que «les réseaux de fraude s’adaptent malgré le renforcement des dispositifs de sécurité», des sources proches du dossier.
Cette affaire ravive les critiques sur certaines activités économiques liées à des acteurs étrangers, notamment chinois, au Cameroun. Dans un contexte marqué par des controverses sur des investissements jugés opaques ou sur des flux financiers massifs, comme le trafic de l’or estimé à plus de 6 000 milliards de francs CFA en cinq ans vers Dubaï et l’Arabie saoudite, ce démantèlement alimente les inquiétudes. Pour les autorités, l’enjeu est de «démanteler les réseaux de production et de distribution» tout en protégeant les citoyens et les commerçants contre une fraude qui fragilise la confiance dans les transactions quotidiennes.













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