Quel sera le visage de la tenue traditionnelle officielle du Gabon ? Le ministre du Rayonnement culturel, Paul Ulrich Kessany, a réuni les acteurs de la filière textile et mode, le 29 mai à Libreville, pour poser les jalons d’une réponse. Car si le port de la tenue africaine chaque vendredi est désormais acté, l’absence d’une industrie textile nationale et d’une identité vestimentaire proprement gabonaise reste, elle, entière.‎

Photo de famille à l’issue de la rencontre. © D.R.

 

C’est une ambition à la fois symbolique et stratégique que le ministre du Rayonnement culturel, Paul Ulrich Kessany, a mise en mots vendredi 29 mai, face aux acteurs de la filière textile réunis à Libreville. Celle de doter le Gabon d’une tenue traditionnelle officielle, «en parfaite cohésion avec notre identité culturelle, qui nous représente dignement lors des occasions nationales et internationales».

L’initiative s’inscrit dans le prolongement du décret présidentiel restaurant le port de la tenue africaine dans l’administration publique, porté par le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema. Pour Paul Ulrich Kessany, cette mesure est bien plus qu’un geste vestimentaire : elle est «occasion de valoriser le patrimoine culturel, de renforcer notre identité et de faire rayonner le génie créateur gabonais au-delà de nos frontières».

Deux lots, un seul enjeu : l’identité

Pour y parvenir, un concours sera ouvert à la crème des stylistes-modélistes gabonais, structuré en deux lots distincts. Le premier porte sur les matériaux identitaires, socle sur lequel reposera la création. Le second est consacré au design, décliné en deux pièces : la tenue officielle du Président de la République et celle des hauts responsables de l’État.

La dynamique a visiblement dépassé le seul champ culturel. Le ministre de l’Industrie et de la Transformation locale, Maître Lubin Ntoutoume, présent à la rencontre, a tenu à galvaniser les créateurs en convoquant une image forte : «Pour ceux qui étaient à Osaka, vous avez vu ce que la présentation du raphia a suscité chez les Japonais. Tout le monde était subjugué. La seule garantie que je peux vous donner, c’est que nous sommes déterminés à vous soutenir pour que cette identité que nous sommes en train de créer ne soit pas un début qui s’arrête, mais aille plus loin

Le message est clair : le Gabon ne veut plus seulement s’habiller à l’africaine. Il veut s’habiller gabonais.

Thécia Nyomba

 

 
GR
 

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