Caravane africaine vers le FSM 2026 : le Gabon s’engage pour la justice écologique
Douala a accueilli le lancement de la Caravane africaine en direction du Forum social mondial de Cotonou, un périple militant réunissant des organisations de la société civile d’Afrique centrale. Parmi elles, une délégation gabonaise venue porter les enjeux liés à la défense des terres, de l’eau et des ressources naturelles, au cœur des défis écologiques actuels.

Photo de famille des caravaniers. © D.R.
Le coup d’envoi de la Caravane africaine « En route vers le Forum social mondial (FSM) Cotonou 2026 » a été donné le 27 juillet à Ngodi-Bakoko au Cameroun. Une délégation d’une dizaine d’organisations de la société civile gabonaise a pris part à l’événement, aux côtés d’acteurs engagés dans les luttes environnementales en Afrique centrale. Initiée par la Convergence globale des luttes pour la terre, l’eau, les semences et les forêts en Afrique centrale (CGLTE-AC), cette caravane panafricaine s’inscrit dans la dynamique de la 17e édition du Forum social mondial, prévue du 4 au 8 août 2026 à Cotonou, au Bénin. Elle ambitionne de créer un espace d’échanges, d’apprentissage et de plaidoyer autour des défis écologiques majeurs auxquels font face les pays de la sous-région.
Après son lancement, la caravane entamera un périple à travers le Cameroun, le Nigeria et le Bénin. Pour les organisateurs, il ne s’agit pas d’un simple déplacement, mais d’une véritable mobilisation citoyenne. « La caravane Afrique centrale n’est pas un simple voyage, c’est une mobilisation panafricaine qui s’inscrit dans un mouvement global en direction du Forum social mondial », a expliqué Raphael Meigno Bokaghe, porte-parole de la CGLTE-AC. À Ngodi-Bakoko, les caravaniers ont été accueillis par les autorités locales, la chefferie traditionnelle et les communautés riveraines. Le chef du village, sa Majesté Zacharie Komoto Ebah, a salué l’initiative tout en attirant l’attention sur les difficultés environnementales locales.
Préserver l’environnement
Notamment la destruction de la mangrove de Matanda et l’accaparement des terres par des sociétés industrielles. Un constat partagé par le maire de Douala 3, Valentin Epopa Bossambo, qui a souligné la convergence entre les revendications de la caravane et les défis de sa commune. Il a salué une démarche « inclusive et participative », en phase avec les préoccupations locales liées à la gestion des ressources naturelles. Représentant le préfet du Wouri, le sous-préfet de Douala 3, Arsène Ekouma Ekouma, a pour sa part encouragé les caravaniers à intégrer dans leur réflexion les tensions entre développement économique et préservation de l’environnement, rappelant que ces enjeux devront être au cœur des discussions à Cotonou.
Côté gabonais, la délégation est conduite par Christiane Nsa Mbegah, de l’ONG Réseau femme lève-toi (Reflet). Elle a souligné que cette participation vise à renforcer la visibilité internationale du Gabon, à affirmer son rôle dans la résilience écologique et à promouvoir la coopération régionale. « Ce parcours terrestre hautement symbolique traduit notre engagement pour la fraternité subsaharienne et la défense des ressources naturelles », a-t-elle indiqué. Dans un contexte mondial marqué par de fortes pressions environnementales et socio-économiques, le Gabon, malgré ses ressources naturelles stratégiques, reste confronté à des défis majeurs. L’accès à la terre, à l’eau et aux semences constitue aujourd’hui un enjeu crucial pour les communautés locales, au cœur des préoccupations portées par cette caravane en direction du FSM de Cotonou.















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