«Chasser le PDG» : Romain Kerault appelle à dépasser les slogans d’exclusion
Alors que le paysage politique gabonais se recompose, Romain Kerault, membre du Comité permanent du Bureau politique G8 du Parti démocratique gabonais (PDG), s’interroge sur la portée des mots employés dans le débat public. À travers une analyse consacrée à la reprise d’un chant appelant à «chasser le PDG», il défend une compétition politique fondée sur les idées, les projets et les bilans plutôt que sur la stigmatisation des adversaires.

Romain Kerault, membre du Comité permanent du Bureau politique G8 du PDG. © D.R.
Les mots ne sont jamais neutres en politique. Ils peuvent mobiliser, mais aussi creuser les fractures. C’est sur cette responsabilité du langage politique que Romain Kerault entend attirer l’attention.
Réagissant à la reprise publique d’un chant appelant à «chasser le PDG», le responsable politique estime que la contestation d’une formation partisane peut être ferme sans pour autant transformer ses militants et sympathisants en adversaires à exclure de l’espace national. «Nous devons faire attention aux mots que nous installons dans le débat politique gabonais», écrit-il, appelant à privilégier «la confrontation des idées, des projets et des bilans».
Pour Romain Kerault, la critique du PDG et de son bilan relève pleinement du débat démocratique. Mais elle ne saurait, selon lui, se confondre avec le rejet de tous ceux qui ont appartenu ou appartiennent à cette formation. Il insiste ainsi sur la nécessité de distinguer l’organisation politique de ceux qui la composent ou l’ont composée. «Il faut distinguer l’institution politique des femmes et des hommes qui l’ont dirigée à différentes périodes», souligne-t-il. Une distinction d’autant plus importante, estime-t-il, dans un paysage où les trajectoires politiques évoluent, avec des responsables qui quittent des partis, en rejoignent d’autres ou modifient leur positionnement.
Démontrer sa capacité à rassembler plutôt qu’à rejeter
Au-delà du cas du PDG, cette réflexion porte sur la capacité des formations politiques à élargir leur audience. Selon Romain Kerault, une organisation qui ambitionne de s’inscrire durablement dans le paysage national ne peut se construire uniquement dans le rejet d’une autre famille politique. Elle doit pouvoir convaincre au-delà de son propre socle.
Dans cette perspective, il estime qu’une formation se réclamant du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, doit démontrer sa capacité à rassembler des citoyens aux sensibilités diverses. «Le Gabon a aujourd’hui davantage besoin d’entendre : “venez construire avec nous” que “chassons les autres”», affirme-t-il.
Le responsable politique replace enfin cette controverse dans une conception plus large du pluralisme. «Avant d’être militants du PDG, de l’UDB ou de toute autre formation, nous sommes Gabonaises et Gabonais», rappelle-t-il.
Pour lui, les partis peuvent changer de dirigeants, de stratégies et de positionnements, mais la Nation demeure le cadre commun. «Les partis passent, évoluent et se transforment ; la Nation, elle, doit demeurer», écrit-il. Son analyse plaide ainsi pour une confrontation politique davantage fondée sur les propositions et les résultats que sur les slogans d’exclusion : «Le pluralisme politique n’est pas une faiblesse à éliminer : c’est une réalité démocratique à organiser dans le respect mutuel».
















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