Nina Abouna : les coulisses du rayonnement gabonais
De la Promotion des Investissements aux Expositions Internationales, itinéraire d’une professionnelle qui met son expertise pour impacter la visibilité et l’attractivité du Gabon.

Des responsabilités exercées aux ambitions à soutenir : Nina Alida Abouna veut donner une relève à son expérience. © D.R.
De la Direction Générale du Commerce aux responsabilités Gouvernementales, en passant par la Promotion des Investissements et la représentation du Gabon dans les grandes Expositions Internationales, son parcours témoigne d’une ascension construite dans la durée, empreinte de persévérance et d’audace. Actuel Commissaire Générale aux Expositions du Gabon, elle a conduit la participation Nationale à Osaka en 2025, distinguée par un Golden Prize3, elle préside depuis novembre 2025 la Commission de l’Information et de la Communication du Bureau International des Expositions (BIE), portant ainsi la voix du Gabon au sein de cette instance Internationale. Forte de ce parcours, elle met aujourd’hui son expérience au service des femmes entrepreneures africaines.
De Franceville aux expositions universelles

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Née à Libreville en 1973, scolarisée à Franceville, Nina Abouna fait ses premières armes loin des projecteurs. Sa formation se dessine bien avant les bancs de l’école, au sein d’un environnement familial où son père et sa mère lui transmettent très tôt des valeurs essentielles : la rigueur, le respect et le sens du travail. Des Plateaux Batéké aux Alpes-Maritimes, son parcours se construit au fil des apprentissages académiques et des premières expériences professionnelles, notamment dans le secteur bancaire, en France puis au Gabon. Mais c’est aussi dans les souvenirs de son enfance, sur les étals de Franceville, où elle consacrait ses vacances scolaires à la vente des récoltes familiales, que se trouve l’une des clés de sa philosophie de vie. Une leçon précoce, devenue au fil des années une véritable ligne de conduite : « La récompense est le fruit du travail accompli. »
En 2000, elle rejoint la Direction Générale du Commerce : elle explique y avoir voulu contribuer à simplifier les démarches des entrepreneurs avant de gravir les échelons des cabinets ministériels et des Directions d’Agences. « Un parcours ne commence pas sous les projecteurs. Il commence quelque part, et souvent de manière modeste. Il faut accepter de commencer et savoir célébrer les plus petites victoires », confie celle qui en a fait un message pour les jeunes Africaines.
La méthode et le sens du résultat comme signature

Elle a appris très tôt qu’un projet se gagne dans les regards francs, pas au bas d’un document. © D.R.
Directrice Générale de l’APIEX (2011-2015), puis de l’ANPI-Gabon (2015-2019), elle conduit la mise en place du Guichet unique de l’Investissement, structure le dialogue public-privé au sein du Haut Conseil pour l’Investissement (HCI) et contribue à la numérisation du Registre du Commerce. Le même élan porte l’entrepreneuriat féminin : Livre blanc de l’entrepreneuriat féminin, étude pour un Women’s Business Center avec la Banque Mondiale, formations GERME avec l’Organisation Internationale du Travail. « Ce qui leur manque souvent, ce n’est pas la compétence, mais surtout l’accès aux réseaux, aux marchés et aux lieux où se prennent les décisions », analyse-t-elle.
Ses réalisations, elle les présente avec une prudence qui renseigne sur sa méthode : « Il faut distinguer l’initiative d’un projet, sa mise en œuvre et ses résultats. » Cette culture de la performance publique, elle l’a approfondie en 2023 en soutenant un Executive Doctorate in Business Administration consacré à la performance des organisations publiques. Ses fonctions de Secrétaire Générale puis de Ministre Déléguée, en 2019, élargissent ensuite son champ d’intervention à la gouvernance et au développement durable ; à la Primature, de 2020 à 2025, comme Conseillère, Cheffe de Département, elle suit notamment les investissements, les partenariats public-privé et les PME.
Le Gabon sur la scène mondiale des expositions

Elle est partie à Osaka avec une forêt dans la valise. Elle en est revenue avec un Golden Prize. © D.R.
Déléguée du Gabon auprès du Bureau International des Expositions (BIE), elle accompagne le rayonnement du pays à travers les grandes Expositions Internationales : Shanghai (Chine) en 2010, Yeosu (Corée du Sud) en 2012, Milan (Italie) en 2015, Astana (Kazakhstan) en 2017, Dubaï (Émirats arabes unis) en 2020, puis Osaka (Japon) en 2025. À cette dernière édition, le pavillon Gabonais, intitulé « Notre forêt, moteur Universel qui sauve des vies », reçoit le Golden Prize dans la catégorie « Sauver des vies », le 12 octobre 2025. Dans l’entretien, elle associe cette récompense au travail des équipes et à l’ambition portée par le Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, de porter et de défendre la biodiversité gabonaise sur la scène internationale.
Le Gabon a ensuite été le premier pays africain à signer, le 28 septembre 2026, son contrat de participation à l’Exposition Universelle de Riyad 20305. L’Exposition spécialisée de 2027 à Belgrade, consacrée au thème « Jouer pour l’humanité », est la prochaine échéance ; le Commissariat Général aux Expositions, dont elle a la charge, a désormais pour mission de développer l’industrie des rencontres et de l’événementiel d’affaires MICE (Meetings, Incentive, Conferences, Exhibitions / Events), avec le Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie et le Forum International de Libreville pour le Développement et l’Innovation.
La coopération au service des entreprises gabonaises
Son action comporte également une dimension de coopération. À la tête des Agences d’Investissement, elle a signé des partenariats avec l’Association Mondiale des Agences de Promotion des Investissements (WAIPA), l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations ou Maroc Export, et participé à la création du Réseau International des Agences Francophones de Promotion des Investissements, aujourd’hui accompagné par l’Organisation Internationale de la Francophonie et présidé par l’ANPI-Gabon. Une méthode qu’elle entend décliner dans son marrainage : « Je vais m’appuyer sur l’ensemble de ces passerelles pour renforcer la dimension panafricaine des DIWAA à travers des relations concrètes. » Les ambassadrices du réseau, notamment au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Maroc et en République Démocratique du Congo, en seront les relais.
Osaka 2025 : un Golden Prize pour la forêt gabonaise
Conduit sous la responsabilité de Nina Abouna, le pavillon du Gabon à l’Exposition Universelle d’Osaka a reçu, le 12 octobre 2025, le Golden Prize dans la catégorie « Sauver des vies ». Son thème, « Notre forêt, moteur universel qui sauve des vies », a placé la biodiversité gabonaise au cœur de la diplomatie verte du pays.
Le Gabon entend poursuivre cette dynamique de rayonnement International à l’occasion de l’Exposition Universelle de 2030 à Riyad, dont il est devenu, le 28 septembre 2026, le premier pays africain à signer le contrat de participation. Placé sous le thème « Foresight for Tomorrow », ce rendez-vous Mondial constitue une nouvelle occasion pour le pays d’affirmer ses ambitions en matière de développement durable, de valoriser son patrimoine naturel et de mettre en lumière les perspectives offertes par l’Innovation et la Diversification Économique.
Transmettre l’expérience, élargir les possibilités

Elle connaît les murmures des sceptiques : «trop grand», «trop tôt». Elle apprend aux jeunes Africaines à avancer malgré eux. © D.R.
Grand Officier de l’Ordre National du Mérite Gabonais, Nina Abouna dit recevoir ses distinctions comme « des encouragements à transmettre » son expérience. Une conviction qu’elle résume d’une formule : « L’humain est plus important que le document que vous avez entre les mains. »
Une phrase forte qui rappelle un principe essentiel : les procédures, les dossiers et les documents sont au service de l’être humain, et non l’inverse.
Un document peut être remplacé, corrigé ou reconstitué. Mais la dignité humaine, le respect et la considération que nous devons à chaque personne doivent toujours primer.. »
Le marrainage des DIGIeWOMEN Awards Africa (mandat 2026-2028) prolonge ce fil par le numérique : formations à l’entrepreneuriat digital, et l’intelligence artificielle pendant les Semaines DIWAA et bien d’autres, plaidoyer pour la place des femmes dans les métiers émergents. « L’analphabète du XXIe siècle sera celui qui ne saura pas l’utiliser », prévient-elle. Pour elle, l’enjeu dépasse la reconnaissance des talents : il concerne leur accès effectif aux compétences, aux réseaux et aux marchés.
Son engagement associatif prolonge cette logique : Fondatrice de l’association d’entraide « Au-delà des mots », Membre Fondatrice de Gabon Mindset qui plaide pour la sensibilisation aux comportements à la hauteur des nouvelles infrastructures du pays, elle a également contribué à implanter au Gabon l’Organisation Internationale BPW (Business and Professional Women).
De l’étal de Franceville aux Expositions Universelles, la trajectoire dessine moins une succession de postes qu’une constance : mettre les institutions au service de ceux qui entreprennent. « On ne peut donner que ce que l’on a reçu », dit-elle dans l’entretien. C’est sans doute la meilleure définition du marrainage qu’elle vient d’accepter. ■
Prix Horizon 2026 : promouvoir les vocations scientifiques, préparer l’avenir
Son engagement comme marraine du Prix Horizon 2026 traduit une conviction forte : les jeunes filles doivent pouvoir accéder aux savoirs, investir les filières scientifiques et saisir les opportunités qui façonneront le Gabon de demain.
À travers ce concours consacré à l’impact des maladies infectieuses sur le développement du Gabon, Madame Nina Abouna soutient une initiative qui encourage les vocations scientifiques féminines. Un engagement qui fait écho à son marrainage des DIGIeWOMEN Awards Africa : deux initiatives, des domaines différents, mais une même ambition, celle de promouvoir les talents féminins et de renforcer leur place dans les secteurs stratégiques qui dessinent l’avenir de l’Afrique.


















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